Des temps sombres pour la Coopérative

Par Olivier Surprenant

 

Décidemment, les temps sont difficiles dans notre communauté universitaire. Après une faculté qui ferme et le resserrement budgétaire, voilà qu’on apprend que la Coopérative connaît une certaine baisse de régime.

 

Mais d’abord, qu’est-ce qu’une coopérative ?  

Sommairement, une coopérative est une entreprise exploitée sous une personne morale et qui a comme obligation de verser à ses membres les profits ou l’excédentaire à la fin d’un exercice financier, sous forme de ristournes. Les membres ont également un droit de vote au sein des assemblées générales de la Coopérative et une éligibilité au sein du Conseil d’administration. En échange de quoi, ces membres doivent payer une cotisation.

 

Problèmes financiers en temps de modernisation et d’austérité

Entre 2014 et 2015, les ventes de la Coopérative ont chuté d’environ 1.7 million de dollars. Cette chute est notamment attribuable à la baisse des ventes dans le secteur libraire, alors que les services alimentaires ont connu une baisse moindre, de près de 400 000 $. Trois problématiques sont à noter.

La première, c’est le virage technologique dans le marché du savoir, alors que le contenu des ouvrages scolaires est maintenant accessible en version informatisée, sans que l’on ait besoin de transiger avec un tiers. Cette transition touche le cœur même de l’activité économique de la Coopérative, alors que les ventes de livres représentent son plus grand revenu. Ce secteur a toutefois dû essuyer des diminutions de ventes d’approximativement 1.8 million en 5 ans.

La deuxième problématique, c’est l’augmentation des prix dans le marché de l’alimentation, touchant davantage le marché de la viande. La Coop et les « Café Caus », vendant des produits d’alimentation, doivent ainsi faire face à ces augmentations.

La troisième problématique, c’est le loyer que doit payer la Coopérative pour occuper des locaux à travers l’université. En effet, entre 2014 et 2015, le loyer a connu une augmentation de 3,1 %, passant de 727 504 $ à 750 036 $. Ce loyer représente près de 9 % des dépenses encourues par la Coopérative, un niveau qui serait de loin supérieur aux autres coopératives similaires dans la région.

Résultat de tout cela, la Coopérative doit exercer ses activités sur un budget déficitaire de 167 147 $. Cela a amené notamment la direction à effectuer des gels salariaux de ses employés ainsi qu’à fermer leur secteur marketing.

 

Une nouvelle directrice et de nouvelles solutions

Stéphanie Lemay, directrice générale de la Coopérative depuis le 8 décembre dernier, croit qu’il est possible de ramener l’entreprise vers de meilleurs moments. Pour ce faire, elle préconise en particulier deux grandes stratégies : le développement de marchés externes et internes.

D’abord, elle croit que la Coopérative doit exporter sa marque. Des signes encourageants de cette stratégie sont déjà perceptibles, depuis le partenariat avec le club de hockey des Phoenix de Sherbrooke pour la nourriture lors des matchs, jusqu’à l’ouverture d’une succursale de Café Caus au Collège Mont Notre-Dame.

Dans un deuxième temps, elle souhaite amener les différentes associations et regroupements étudiants à travers le campus à considérer la Coopérative comme partenaire commercial pour leurs différents services et fournitures personnalisés, avant de décider d’aller voir vers des entreprises privées et externes au campus.

 

« Co » comme dans « tous ensemble »

En somme, bien qu’elle nous semble à tous acquise, la Coopérative est une entreprise comme les autres et n’est pas à l’abri des instabilités financières. La question de son avenir demeure entière, alors que la réponse à cette question ne dépend que de l’implication et la conscientisation de ses seuls et uniques propriétaires : les étudiants-membres.

 

 


 

© Rodrigue Turgeon

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