Des trésors dans la lentille du microscope de deux chercheurs en génie de l’UdeS

Par Martine Dallaire

Une image vaut mille mots. C’est ce que confirment les images prises par les deux chercheurs postdoctoraux sherbrookois, Yosri Ayadi et Ahmed Chakroun. Ces images ont été présentées durant l’épisode du 6 mai dernier de l'émission Découverte sur les ondes de Radio-Canada. Les deux membres de la communauté universitaire figurent parmi les 20 finalistes choisis par les membres du jury.

Ce concours, lancé en 2010, est exclusivement consacré aux images issues de recherches scientifiques, réalisées dans tous les domaines de la connaissance.  Il s'adresse à toute personne ou tout regroupement exerçant une activité de recherche dans le domaine. Organisé par l’Association francophone pour le savoir (Acfas), un organisme dont la mission est de promouvoir la recherche, l’innovation et la culture scientifique, le concours vise à mettre en valeur les images issues de la recherche d’ici. À l’origine, il se voulait réservé aux chercheurs du Québec. Ce n’est qu’en 2016 qu’il a pris une envergure nationale.

Pour les chercheurs, l’image est un moyen formidable de transmettre leur passion pour leur profession, mais il s’agit également d’un moyen d’apprentissage et de communication. Dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques captent des images essentielles aux échanges entre les différents intervenants dans un projet spécifique. Ces images servent également à la diffusion des connaissances acquises auprès du corps professoral et des étudiants, mais aussi, à exposer leur savoir-faire au public.

L’œuvre de Yosri Ayadi, intitulée Pupille dilatée, résulte d’une infinitésimale erreur lors d’une manipulation d’un procédé de micro-nanofabrication de circuits intégrés. Si ladite pièce technologique est inutilisable pour les fins auxquelles elle était destinée, il n’en demeure pas moins que l’infinitésimale éclaboussure de solution acide a occasionné le soulèvement d’une couche de polymère recouverte d’un mince film de titane. L’incident a provoqué l’image d’une pupille et elle ne contient pourtant aucun tissu humain. Pourtant, à travers la lentille du photographe et de la lunette du microscope, cet incident artistique ressemble à s’y méprendre à l’organe oculaire.

Ahmed Chakroun a quant à lui soumis une œuvre dont le titre est Gravure alla Digitalis purpurea. Représentant des structures improbables d’une hauteur variant de 300 à 400 microns et dont le diamètre est parfois en dessous de 5 microns, l’œuvre est la création résultant d'une gravure au plasma d’une plaque de silicium. Cette procédure relevant de la routine a toutefois mal tourné donnant naissance non pas à une découverte scientifique, comme prévu, mais plutôt à une image de stalagmites glacées sur fond de coucher de soleil, un ravissement pour les yeux.

Prises à travers la lunette microscopique des chercheurs, ces superbes images sont dignes de véritables œuvres d’art contemporaines.  Elles font présentement l’objet d’une exposition au Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal. L'exposition est présentée dans les aires gratuites, du 19 juin 2018 au 29 janvier 2019. Les membres de la communauté universitaire sont invités à voter pour leur image coup de cœur en se rendant directement au Planétarium ou en visitant le site web de Radio-Canada au ici.radio-canada.ca/concours/la_preuve_par_l_image/2018/. L’œuvre qui recevra le plus de votes remportera le prix du public.


Crédit Photo @ Ahmed Chakroun

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