Par Martine Dallaire

Dans le cadre de la 27e édition du concours Découvertes de l’année du magazine Québec Science, deux chercheurs sherbrookois ont retenu l’attention du jury. Il s’agit des professeurs Sherif Abou Ela et Dominique Gravel, respectivement chercheurs à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et à la Faculté des sciences. Ces découvertes ont été sélectionnées par un jury composé de journalistes et de scientifiques, en raison de leur aspect révolutionnaire.

Un travail d’équipe

Heureux de cette belle visibilité qui leur est offerte, les deux chercheurs estiment toutefois qu’on n’arrive pas seul à de tels résultats et qu’il s’agit d’un travail d’équipe pour lequel la contribution de chaque membre est importante. Il s’agit également d’une belle rétribution pour les étudiants ayant participé aux deux projets.

L’intron, cet infime élément essentiel à la survie cellulaire

Le professeur Sherif Abou Ela est spécialiste en biologie structurale et également chercheur au sein de l’axe Cancer : biologie, pronostic et diagnostic du CRCHUS Sherbrooke. C’est la seconde fois en 6 ans que ses travaux sur les introns lui permettent de figurer sur le palmarès du magazine scientifique. Ses recherches se concentrent surtout sur l’acide ribonucléique (ARN). Ainsi, au cours de leurs recherches, le professeur Abou Ela et son équipe ont découvert, en enrayant un à un tous les introns de la levure, que la présence d’introns dans le génome aiderait à la survie des cellules lors d’un déficit de nutriments. Il s’agit d’une découverte d’importance, surtout quand on sait que l’on considérait l’intron comme une rupture dans l’histoire du gène. Cette dernière permettra d’ailleurs aux chercheurs d’explorer comment les mutations introniques contribuent à la tolérance des cellules cancéreuses lors d’appauvrissement en nutriments.

L’interaction des espèces océaniques scrutée à la loupe

Quant à l’équipe du professeur Dominique Gravel, ce sont les réseaux des interactions entre différentes espèces marines qui ont retenu son attention et, plus particulièrement, la dynamique entre les proies et leurs prédateurs. Elle s’est toutefois attardée à l’influence de la pêche de masse et du réchauffement des eaux marines sur la survie des espèces dans le contexte prédateurs-proies. Pour ce faire, ils ont dû analyser une quantité impressionnante de données, soit concernant le régime alimentaire, l’habitat, la taille et l’alimentation, ainsi que la distribution de plus de 11000 espèces marines, en majorité des poissons. C’est ainsi que, grâce à un logiciel sophistiqué, l’équipe a simulé des extinctions massives d’espèces à travers le globe et procédé à 14 millions d’observations. Le groupe de chercheurs, chapeauté par le professeur Gravel, a fait la démonstration que la faune marine est dotée d’une forte résilience. On a pu également conclure que les poissons sont très opportunistes en ce qui a trait à l’alimentation, puisque ces derniers se contentent essentiellement des aliments qui entrent dans leur bouche sans aucune préférence, leur permettant ainsi de mieux résister à certaines formes d’extinction, notamment celles liées au déficit de certaines espèces.

L’appui du public essentiel au classement

La découverte de l’année sera déterminée en fonction d’un vote populaire. La date limite pour participer à ce vote, qui déterminera la découverte gagnante, est fixée au 14 février 2020. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site web du magazine Québec Science.


Crédit Photo @ FMSS, Université de Sherbrooke

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