Dévoilement d’une murale à l’honneur de Raif Badawi

Par Rachel Whalen

Mercredi dernier s’est tenu l’inauguration de la murale artistique en soutien au blogueur saoudien, Raif Badawi, emprisonné depuis 2012 dans son propre pays. Pour l’événement se sont réunis le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette, le doyen de la Faculté de droit, Sébastien Lebel-Grenier, l’épouse de monsieur Badawi, Ensaf Haidar ainsi que Roxanne Sabourin, la représentante de la cohorte « Raif Badawi », une cohorte d’étudiants à la maîtrise en droit international et politique internationale appliqués.

Il y a un peu plus d’un an, l’Université a décerné à Raif Badawi un doctorat honorifique « en raison de son apport exceptionnel à la défense de la liberté d’expression ». Lors de cette cérémonie, c’est l’épouse de monsieur Badawi, Ensaf Haidar, qui a reçu le document en son nom. Raif Badawi est emprisonné depuis 2012 dans son propre pays en raison de ses convictions et de son engagement pour les droits de la personne, la tolérance religieuse et l’ouverture aux autres. Il a été condamné à 10 ans de prison, à 100 coups de fouet, en plus de devoir débourser une amende de près de 300 000 $ US. Ce qu’on lui reproche : avoir démarré un blogue servant à militer contre les injustices à l’égard des droits fondamentaux et du droit d’expression.

Un an plus tard, il n’est toujours pas libéré. Le recteur de l’Université a été le premier à prendre parole et offrir quelques mots sur le courage du blogueur. « Un an plus tard [après la remise de son doctorat honorifique], force est de constater qu’il n’est toujours pas libéré. À cause des convictions que nous avons, et de l’importance qu’a la liberté d’expression pour nous, nous avons jugé important d’installer cette murale bien en vue sur le mur du Pavillon Irénée-Pinard, qui est notre Galerie d’art. [Cette murale] servira quotidiennement aux gens et à la communauté universitaire et aux gens qui visitent le campus [afin de] rappeler le drame de l’homme emprisonné en Arabie Saoudite. Elle servira à rappeler l’importance des droits d’expression comme valeur de notre société. Monsieur Badawi est un modèle de courage et de promotion des droits fondamentaux. »

L’œuvre installée est une reproduction d’une peinture originale de l’artiste Louis Robichaud, pour laquelle il a généreusement cédé les droits. Cette murale fait 4,4 mètres de largeur et 4,8 mètres de hauteur. Une réplique au format de bannière sera également installée au campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke, dans la station de métro.

L’épouse de Raif Badawi, qui voyait la murale aussi pour la première fois, a remercié à plusieurs reprises l’Université pour son soutien ainsi que toute la Ville de Sherbrooke et le Québec

Pour conclure l’inauguration de la murale, des répliques miniatures, au format de carte postale, ont été remises aux personnes présentes à la cérémonie. Finalement, sur un ton plutôt humoristique, monsieur Cossette a suggéré au public d’envoyer ces cartes au gouvernement.

Rappelons les derniers mots du discours de monsieur Pierre Cossette lors de la cérémonie de remise du doctorat honorifique en juin 2017 : « Nos pensées vont aussi à tous les prisonniers d’opinion, privés de leur liberté pour avoir écrit, manifesté et milité pour un monde meilleur. C’est notre responsabilité de mettre de l’avant, en solidarité avec l’action de Raif Badawi, l’importance de préserver et de défendre des principes aussi fondamentaux que la liberté d’expression, la justice et le respect des droits humains. »


Crédit Photo @ Rachel Whalen

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