Dicton ou obligation?

Culture - Chiasson -  source fc05.deviantart.netPar Laurence Chiasson

« Sex and drugs and rock ‘n’ roll is all my brain and body need », disait Ian Dury, chanteur du groupe britannique The Blockheads. Il ne le savait sans doute pas, mais cette simple devise serait adoptée par toute une communauté artistique comme la maxime officielle de leur art; le rock ‘n’ roll. Presque 37 ans plus tard, les jeunes artistes considèrent toujours cette phrase comme leur hymne. Et si la phrase avait été autre chose? Les artistes d’aujourd’hui consommeraient-ils autant? Le dicton est-il devenu une condition pour être « une vraie rock star? »

« Rock ‘n’ roll is about drugs » – Marilyn Manson

Les faits sont là : Syd Barett, Kurt Cobain et Jimi Hendrix, pour n’en nommer que quelques-uns, ont tous au moins deux points en commun : talent et consommation. Il est difficile de dire exactement ce qui fait que le monde du rock semble propice à la consommation. Outre le fait que la drogue soit un bel accessoire pour l’image, l’histoire du rock offre quelques explications, disons plausibles, pour expliquer le phénomène.

Mick Jagger, par exemple, devait se déchainer sur scène plusieurs soirs de suite, et quand l’énergie venait à manquer, il trouvait le moyen de consommer! Il a déjà avoué avoir commencé à jouer de la musique pour avoir le sexe et la drogue. Le chanteur des Rolling Stones ajoute ensuite qu’avec le temps, il a eu besoin de la drogue pour pouvoir continuer la musique et le sexe. John Lennon, consommateur connu de cannabis, appréciait pouvoir perdre la tête dans un autre univers où il n’était pas constamment épié. N’oublions pas qu’une des caractéristiques assez répandues chez les artistes semble être le mal de vivre. Alors qu’il sert d’inspiration pour certains, c’est une motivation pour engourdir le mal et pour s’oublier un peu pour d’autres, comme le pauvre Cobain.

En consommant aussi ouvertement, les icônes d’hier ont-elles condamné les rockers d’aujourd’hui?

« I hope the guy who came up with the phrase ‘sex, drugs and rock ‘n’ roll’ rots in hell, I’d like to change it so it makes more sense: ‘sex death and rock ‘n’ roll’ »

 – Gene Simmons

Marc-André Rioux, chanteur du groupe Lendemain de Veille m’avoue d’emblée trop boire. « Pas seulement par plaisir », ajoute-t-il toutefois. La consommation fait partie du monde des bars, où il se produit souvent avec son groupe. Le public offre des bières ou des shooters : « Ça fait partie du show quand t’es dans le band Lendemain de veille! » Marc-André avoue que le milieu du rock incite à la consommation, mais pas plus que celui des autres styles musicaux, de la restauration, ou même de la construction. « Seulement, le rock ne s’en cache pas pantoute! » dit-il. Le chanteur tient quand même à souligner l’influence de la drogue sur le son, les paroles et le style qui caractérisent le rock.

Pour Véronique Duguay, étudiante en chant jazz à Montréal, la drogue est omniprésente aujourd’hui : « Il y a une espèce de décadence associée avec le rock ‘n’ roll. Ça fait partie de sa sous-culture, mais aussi de la sous-culture de la jeunesse d’aujourd’hui, je crois bien! » Elle constate que la plupart des gens dans le milieu de la musique en général consomment, que ce soit pour s’identifier aux gros noms de la scène ou pour le simple plaisir de la chose.

La consommation n’est peut-être pas une condition au succès après tout, mais elle est définitivement devenue une composante indéniable de l’univers musical. Le rock ‘n’ roll a simplement choisi de miser sur ce qui se passe à l’arrière-scène pour se créer une image bien à lui!

 

 

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