Dossier spécial : Menace de grève chez les chargés de cours de l’UdeS

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Par Alexandra Basque & Stéphanie Bénard

Les rumeurs sont fondées : une menace de grève plane sur l’Université de Sherbrooke. En effet, à moins d’une entente satisfaisante lors des négociations dans les prochains jours, les chargés de cours de l’Université de Sherbrooke déclencheront un arrêt de travail d’une période indéterminée dès vendredi prochain le 14 novembre. Advenant une telle mesure, les cours enseignés par des chargés de cours seraient suspendus dans tous les départements et toutes les facultés, même sur le campus de Longueuil.

Cet ultimatum a été lancé par le Syndicat des chargés et chargées de cours de l’Université de Sherbrooke (SCCCUS) qui exige plusieurs gains lors des négociations du renouvellement de sa convention de travail. Les membres espèrent néanmoins régler la situation lors des trois jours de conciliation à temps plein prévus mardi, mercredi et jeudi. « Il n’y a personne qui souhaite aller en grève. Nous, notre souhait, c’est de régler [les négociations] dans les trois jours qui viennent. Mais si ça ne se règle pas dans les trois jours suivants, on ne voit pas comment on peut régler [la situation] autrement », a affirmé André Poulin, président du SCCCUS.

Depuis plus de 11 mois déjà, les négociations au sujet de la convention collective entre le Syndicat et l’Université stagnent : « l’Université, ça fait 11 mois qu’elle est au courant de nos demandes et elle ne semble pas réceptive ou ne semble pas vouloir trouver une solution. Au moins, si on peut s’assoir et essayer de régler le problème, ça serait fort intéressant qu’on puisse avoir une écoute », nous a dit M. Poulin lors d’une entrevue téléphonique hier.

Principalement,  les chargés de cours souhaitent une reconnaissance et un respect qui soient à la hauteur des importantes responsabilités qu’ils assument au sein de l'Université. « Qu’on ait une participation dans l’Université à la hauteur de notre contribution, ça c’est vraiment fondamental pour nous », confirme le président du SCCCUS. En bref, les membres du syndicat veulent avoir droit à la représentation dans les instances décisionnelles en ce qui concerne l’enseignement, veulent donner leur avis sur les réformes des programmes et veulent avoir une plus grande autonomie professionnelle, le tout dans une optique d’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Au sujet des demandes mentionnées ci-dessus, M. Poulin affirme que le SCCCUS « [veut] corriger des choses qui touchaient la fonction de chargés de cours sur le [plan] normatif. […] On ne demande rien dans cette convention-là qui est inatteignable. On demande une équité, ce qui a été fait avec les autres. »

En effet, les chargés de cours demandent aussi à l’Université de Sherbrooke l’équité salariale en fonction des hausses accordées lors des dernières années, selon la politique salariale du gouvernement. À ce sujet, l’Université est d’accord, mais les hausses seraient seulement applicables à la signature de la convention collective.

Les associations étudiantes de l’Université ont donné leur appui au Syndicat, même si les mesures entreprises pourraient à un certain point compromettre la session et les évaluations des étudiants. D’ailleurs, le SCCCUS a rencontré la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) la fin de semaine dernière. Selon André Poulin, la FEUS semble avoir « bien compris qu’il n’y avait rien d’extraordinaire qui était totalement inatteignable » dans les demandes du syndicat. Par ailleurs, quand on demande à M. Poulin en quoi le soutien des étudiants peut aider, il nous répond que « les étudiants peuvent jouer un rôle important, celui d’aller voir leur association étudiante, leur demander d’aller rencontrer la direction pour régler le problème. Donc, que les étudiants démontrent qu’ils ne souhaitent pas cet arrêt de travail et qu’ils considèrent que l’entente est possible. »

Veuillez noter que le Syndicat représente près de 2 500 chargés de cours. La moitié des cours de l’université sont donnés par les chargés de cours, et si une entente n’est pas conclue d’ici jeudi, la moitié des cours seront suspendus dès vendredi.

Suivez-nous sur LE COLLECTIF au cours des prochains jours pour connaître l’avancement des négociations entre le Syndicat et l’Université de Sherbrooke.

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