Douleur et gloire, un titre à la hauteur du dernier Almodóvar !

Par Ariane Dorion

Les salles du Québec ont récemment accueilli le film espagnol Dolor y gloria, mettant en vedette Antonio Banderas et Penélope Cruz. Le 21e long métrage du réalisateur Pedro Almodóvar a été très bien reçu par la critique.

L’histoire est celle d’un homme, Salavador Mallo, dont on explore la vie en trois étapes : son enfance, son époque la plus glorieuse et son présent, qui le pousse à réfléchir sur son passé. Réalisateur internationalement reconnu, Mallo revisite son passé amoureux, de la découverte de son homosexualité à son utilisation de l’écriture comme purgatoire, en passant par un amour longtemps perdu. Comprenant qu’il ne pourra jamais séparer vie privée et vie professionnelle, l’artiste tente de panser ses blessures, mais en crée d’autres en chemin.

Les contrastes sont d’une grande importance dans cette œuvre. On voit Mallo dans son enfance vivre dans une grande pauvreté, alors que sa popularité lui permet désormais un luxe important. Deux autres personnages hommes reviennent chambouler l’univers du personnage principal, et les conséquences de ces deux retrouvailles sont diamétralement opposées. L’un d’entre eux plonge Mallo dans l’enfer de la drogue et du conflit. L’autre lui apporte amour et douceur. Le titre du film présente aussi ce grand contraste. La douleur amenée par ces relations brisées et ces questionnements est entremêlée avec la gloire du cinéma que Mallo reçoit. Pris entre ces deux mondes, il tente de s’en sortir tout en essayant de réparer ses erreurs passées.

Les acteurs portent ce film avec beaucoup de subtilité. Penélope Cruz, qui joue la mère du jeune Mallo, amène tant de sensibilité à l’écran que sa présence plane même dans les scènes où elle ne se trouve pas. Asier Flores, qui joue le petit Mallo, a un rôle complexe qu’il interprète avec une grande maturité. C’est toutefois Antonio Banderas qui emporte tous les honneurs, avec son jeu mêlant intensité et douceur. Sa longue collaboration avec le réalisateur se fait sentir. Ils ont travaillé ensemble sur les films : Le Labyrinthe des passions (1982) Matador (1986), La Loi du désir (1987), Femmes au bord de la crise de nerfs (1988), Attache-moi! (1989) et La peau que j’habite (2011). C’est même Almodóvar qui a découvert Banderas et lui a offert son premier rôle.

Les décors sont absolument magnifiques dans ce film, ce qui n’est pas une première pour le réalisateur. Les scènes qui se passent dans l’Espagne ancienne montrent bien la différence de la vie de l’époque, et tout semble se passer au ralenti. Malgré la pauvreté de la famille de Mallo, une certaine beauté ressort des murs blancs taillés dans le roc et des paysages naturels. Les scènes qui se passent à notre époque dénotent au contraire d’une certaine frénésie et les couleurs vivent se font presque compétition à l’écran. Mallo possède d’ailleurs plusieurs peintures dans son appartement, ce qui attire le regard et rend les scènes qui s’y passent très dynamiques.

Un film à voir pour tous ceux qui aiment le cinéma espagnol et les drames romantiques.


Crédt Photo @ Douleur et Gloire, le film

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