Le dumpster diving : contre le gaspillage et pour le portefeuille

Par Gabrielle Comeau

Le Canada est l’un des plus grands gaspilleurs de nourriture. Pendant que certains jettent, d’autres décident toutefois d’agir à l’opposé en offrant une deuxième chance aux aliments laissés de côté. Cette pratique plutôt méconnue se nomme le dumptser diving.

En chiffres

Bien que l’industrie de l’alimentation fasse partie de l’équation, ces pertes sont en majorité le résultat des actions des consommateurs dans leur propre cuisine. Chaque année, une famille canadienne jette en moyenne l’équivalent de 820 pommes en fruits et légumes, 80 steaks en viande rouge et environ 30 litres de lait (Radio-Canada). Le manque de planification de repas explique le fait que des quantités impressionnantes de nourriture périment. À ce gaspillage s’ajoute une tendance plus capricieuse pour les produits ayant une apparence parfaite. En effet, les épiceries canadiennes sont également celles qui jettent le plus d’aliments jugés invendables à cause de leur apparence.

Des motivations de toutes sortes

Dans les faits, le dumpster diving existe probablement depuis des lustres. Il est cependant devenu un mouvement après la publication de différentes études sur le gaspillage réalisées à travers le monde. Selon Marie-Anick Bouchard, une « déchétarienne », « il n’existe pas vraiment de modèle type dans cet univers. Par contre, certains groupes, comme les gens moins fortunés et les personnes avec une pensée un peu plus anarchique, représentent une bonne part des pratiquants ».

À Montréal, la Coop sur Généreux, un groupe d’une douzaine de colocataires constitué d’étudiants et de jeunes travailleurs, affirme que chacun d’entre eux ne dépense qu’un maximum de 100 $ par mois pour se nourrir. Ce montant peut même se situer autour de 20 $ par mois grâce à une alimentation provenant à plus de 50 % des poubelles de commerces. D’ailleurs, ce groupe avait réussi, en 2007, à organiser un repas cinq services pour 200 itinérants à l’aide des ordures de commerces d’une seule journée.

Si plusieurs le font pour économiser, la plupart n’ont pas besoin de cette pratique pour survivre. « C’est beaucoup plus par conscience sociale », témoigne Marie-Anick Bouchard.

Le mot d’ordre : bien sélectionner

À Sherbrooke, il est recommandé de visiter le Maxi du boulevard Portland ou le Provigo situé près de l’Université Bishop’s le mardi soir ou le dimanche dans la journée. Ces deux périodes sont les moments où les habitués de la pratique s’assurent de trouver des aliments de qualité, surtout en période estivale.

Lorsque l’on sait où chercher, le dumpster diving permet de faire de belles trouvailles. Il est possible de dénicher des quantités impressionnantes de nourriture, principalement du pain ou des fruits et légumes. Toutefois, certains produits demandent un peu plus de précautions, comme la viande et les produits laitiers, qui doivent être inspectés soigneusement avant d’être consommés. En ce sens, il est recommandé d’éviter les poubelles de restaurants, où les aliments sont jetés au même endroit que des déchets toxiques, comme des produits ménagers.

Alors qu’à Montréal le dumpster diving est un mouvement bien installé avec un code de conduite et des groupes de soutien, il fait de plus en plus sa place à Sherbrooke. D’ailleurs, le groupe Facebook Dumpster Sherbrooke est une bonne source d’information avant de faire ses premiers pas dans la pratique, alors que ses centaines de membres y partagent leurs trouvailles.


Crédit Photo ©  Vice

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2 comments

  1. Mj 6 octobre 2017 at 12:08 Répondre

    Loi du dumpster: ne jamais divulguer publiquement les endroits où les gens pratiquent le dumpster diving. Le maxi et le provigo ne sont maintenant plus accessibles, possiblement à cause (entre autres) de tels annonces plus ou moins publique.

    Il serait apprécié de ne plus divulguer ces endroits publiquement pour le respect de ceux qui pratiquent le dumpster diving.

    Merci

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