Par Josiane Demers

Dans un contexte de mondialisation et par le biais de ses finissants, l’Université de Sherbrooke rayonne à l’international dans plusieurs domaines. Grâce aux expériences de coopération internationale multidisciplinaire (ECIM), l’établissement participe au développement d’une nouvelle génération de coopérants internationaux. En collaboration avec des organismes établis tels que Mer et Monde, Jeunesse Canada Monde ou encore le Groupe de collaboration internationale de l’Université de Sherbrooke (GCIUS), l’ECIM offre des possibilités de coopération internationale aux étudiants de toutes les facultés.

Projets concrets

Que ce soit en Bolivie, au Ghana ou à Haïti, l’ECIM favorise les projets professionnalisants. Les candidats participent à la réalisation de mandats précis et concrets qui auront un réel impact sur le terrain. Le tout, dans une optique de coopération responsable et durable. Par exemple, au Ghana, le projet se concentrait sur la construction d’un centre de formation en agriculture.

L’aspect multidisciplinaire provoque la combinaison des expertises et des parcours académiques d’étudiants de plusieurs domaines. Cela permet d’aborder chaque étape sous divers angles, ce qui élargit l’éventail de solutions lorsqu’une problématique se manifeste. En 2016, à Haïti, on retrouvait des étudiants en politique, en communication et en travail social. Philippe Simard, étudiant en politique appliquée à l’époque, explique que l’aspect multidisciplinaire lui a permis de mieux comprendre comment des gens de différents milieux et de parcours académiques distincts abordent les questions sociopolitiques.

Coopération internationale

Il est important de définir ce qu’est la coopération internationale. Ici, on a tendance à croire que les pays en développement ont absolument besoin de l’aide de l’Amérique du Nord. Ce n’est pas tout à fait juste. Par contre, il s’agit d’une réaction normale créée par un élan de solidarité internationale. Plusieurs refusent qu’un autre être humain subisse un régime autoritaire ou ne soit pas respecté dans ses droits. Toutefois, l’aide apportée est souvent en contradiction avec les priorités du terrain, qui sont parfois mal comprises.

La coopération internationale implique une collaboration entre deux ou plusieurs pays sur, entre autres, des aspects politiques, scientifiques, militaires ou économiques. Le but est de favoriser le partage d’expertise et de connaissances.

Les avantages

Un stage de coopération internationale est une expérience d’apprentissage accélérée autant sur les plans personnel que professionnel. Sur le plan personnel, les étudiants développent leur modestie, leur entregent, leur capacité d’adaptation et leur ouverture à l’autre. Selon Philippe Simard, la découverte de soi est accélérée. Il explique qu’une personne en expérience de coopération peut apprendre à se connaître intrinsèquement, car elle est face à des situations déstabilisantes dans un milieu inconnu et ne peut se fier à son filet de sécurité habituel. La coopération internationale sert également à avoir une meilleure vue d’ensemble sur le monde et à constater concrètement des réalités telles que la pauvreté et les inégalités sociales. L’étudiant est en mesure de développer des compétences transversales tant interculturelles et méthodologiques qu’humanitaires.

Professionnellement, les étudiants doivent élargir leur réflexion dans plusieurs situations parce que la solution qui s’appliquerait ici au Québec n’est pas nécessairement celle qui est la meilleure pour la population locale. Charles Bernard, étudiant en politique appliquée qui s’est rendu en Tanzanie, explique qu’il est impossible d’emprunter le chemin facile parce qu’« on travaille avec des gens et des communautés qui sont touchées à court et moyen termes par nos décisions et par la qualité de notre travail, de nos réflexions et de nos décisions ». Les stages ECIM donnent lieu au développement d’aptitudes en organisation et en planification. Les discussions entre les membres de l’équipe provenant de facultés différentes engendrent une meilleure vue d’ensemble sur une situation donnée. Suite à l’expérience, les étudiants peuvent découvrir si la coopération internationale est une avenue qu’ils souhaitent explorer davantage ou s’ils préfèrent se diriger ailleurs. Pour Alexandre Nadeau, étudiant en politique appliquée qui s’est rendu à Haïti, l’expérience lui a permis de tracer son parcours professionnel de façon concrète. Il a décidé de lancer sa propre organisation de coopération.

Dans un article scientifique paru en 2020 dans le International Journal of Sustainability in Higher Education intitulé Integrating sustainability in higher planning education through international cooperation: Assessment of a pedagogical model and learning outcomes from the students’ perspective, on résume les impacts positifs de l’ajout de coopération internationale au curriculum scolaire. On remarque l’amélioration de la connaissance de soi chez l’étudiant. Il peut alors découvrir ses limites, mais aussi des aptitudes auparavant insoupçonnées. L’article mentionne qu’une expérience sur le terrain avec des gens de différents milieux peut potentiellement créer des citoyens qui seront des « agents de changements » et qui participeront à des projets de développement durable pour l’avenir de tous.

Les défis

Comme dans tout projet, quelques défis doivent être relevés. Tout d’abord, il faut accepter d’être loin de son entourage et de loger dans certaines régions où les moyens de communication ne sont pas toujours efficaces. Il est essentiel de développer son écoute et d’apprendre à travailler autrement. Le plus grand défi cité implique l’aspect social de l’expérience. Il faut composer avec tous les types de personnalités qui forment l’équipe. C’est un excellent exercice de diplomatie. En plus du choc culturel en arrivant sur place, il peut y avoir un choc de « culture académique », comme le mentionne Laurie Bernier Beaupré qui s’est rendue au Ghana. Elle explique que les différents parcours académiques au sein d’une même équipe peuvent parfois créer des difficultés. Par contre, cela permet un apprentissage accéléré des relations humaines et du travail d’équipe. Elle juge que son expérience a été un « moteur pour devenir une leader de changement ».

Les possibilités

Les stages ECIM sont disponibles en programme COOP, en stage crédité ou en stage non crédité. Les étudiants à temps plein et à temps partiel sont éligibles sous certaines conditions. Les projets sont généralement annoncés 2 sessions à l’avance, ce qui permet une préparation adéquate. Ces expériences ne sont pas financées, mais plusieurs solutions s’offrent à vous.

Un stage en coopération internationale est une expérience unique et enrichissante qui permet une meilleure connaissance de soi. Malgré les défis, plusieurs étudiants rapportent que cela n’a fait que les faire « grandir » encore plus. Pour rester à l’affût des offres, il est possible de rejoindre le groupe Facebook « ECIM ». Des publications sporadiques seront également diffusées sur les différentes plateformes officielles des facultés de l’Université.

Les détails pour le financement et l’éligibilité se retrouvent ici et ici se trouve la page Facebook.


Crédit Photo @ Laurie Bernier-Beaupré

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