Par Émile Brassard

Le 7 novembre dernier, à la Capsule Bistro-Cinéma, une cinquantaine de personnes se sont réunies autour de la question « L’écologisme est-il une religion? ». Les nombreuses interventions ont montré la divergence des avis sur ce débat, en plus de la complexité que représente la définition même du mouvement.

Soirée de discussion

Organisée par six étudiants en environnement de l’Université de Sherbrooke, cette activité a permis à des individus provenant de champs d’études ou de professions variés d’échanger sur le sujet du mouvement écologiste. Un court extrait audiovisuel d’une entrevue de Bazoo.tv réunissant deux invités aux visions opposées en ce qui concerne l’écologisme a d’abord lancé le bal à la discussion, avant que le public ne commence à prendre la parole. Les organisateurs, guidant les interventions à titre de médiateurs et à l’aide de sous-questions préparées, ont privilégié une formule participative et argumentaire, avec un objectif de réflexion plus critique que partisane.

Des écolos prophètes ou démons?

La question principale interrogeait le rapprochement possible entre l’écologisme et la religion sur les plans du dogmatisme, d’une vision catastrophiste et d’un certain traditionalisme ou conservatisme, par exemple. Certains parallèles ont effectivement été soulevés lors de l’évènement en ce qui a trait au côté, du moins en apparence, extrémiste, manichéen, peu nuancé ou fermé d’esprit de certains écologistes. Y ont été mentionnés certains leaders charismatiques tels que David Suzuki ou Al Gore, que suivent parfois aveuglément ou même religieusement des militants pro-environnement. C’est sans oublier le phénomène que plusieurs appellent « greenwashing » ou « lavage de cerveau » calqué sur une mentalité soucieuse de l’environnement. Cependant, l’argument scientifique de l’écologisme a entre autres été évoqué pour souligner le fondement rationnel de ce mouvement, puisqu’il se base sur des faits étudiés de près par la communauté scientifique mondiale pour vérifier la responsabilité de l’humain dans les changements climatiques, par exemple. Et puis non seulement est-il possible de rejeter la prétendue opposition entre les notions de progrès et de préoccupation environnementale, plusieurs participants ont aussi remarqué que l’écologisme n’a pas non plus une définition claire.

Les différents tons de vert

Parmi les nombreuses visions proposées par les participants et participantes, certaines ont semblé ressortir avec force. Parmi les conclusions les plus communément admises dans la salle, il y avait notamment que l’écologisme comporte aujourd’hui une connotation plutôt négative, étant le plus souvent associé à des actions et mouvements plus ou moins poussés, tels que ceux menés par l’organisme Greenpeace, jugé comme radical en général (bien que certains soient d’un avis tout à fait contraire). Il apparaissait donc problématique pour plusieurs l’étiquette d’« écologiste », jugée souvent de manière péjorative, et qui ne permet pas nécessairement la distinction entre le citoyen vert et le spécialiste en écologie. Des alternatives telles qu’« environnementaliste » ou « écologue » ont été proposées, mais en rappelant tout de même les dangers que peuvent représenter les préjugés et la catégorisation.

Au fil de la soirée, l’idée que l’écologisme serait un mouvement aux multiples facettes est revenue plus d’une fois. En le comparant à une palette aux nombreux tons de vert, plusieurs individus ont suggéré que l’écologisme serait en quelque sorte un regroupement très large d’acteurs aux horizons, aux priorités et aux formes d’implications variés, mais adhérant tous à une certaine forme de directive commune.


Crédit Photo ©   Télé-Québec

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