Écosse : mythes et réalités

Écosse- mouton - 1

Comme n’importe quelle nation qu’on croit connaitre, plusieurs idées préconçues nous passent en tête quand on songe à l’Écosse. On pense aux collines verdoyantes parfaites pour le golf, aux glorieux kilts, aux innombrables moutons, à la cornemuse, à la température pluvieuse et au scotch coulant à flot. Mais où s’arrête la caricature et où commencent les faits?

Par Bernard Beausoleil Chartrand

Après quelques semaines dans le pays, j’y vois un peu plus clair. Jusqu’à tout récemment, je croyais comme plusieurs que le golf nous venait des Écossais, mais j’avais à moitié tort. Ce sport se pratiquait dans la Rome antique. Malgré cela, ce sont bel et bien les Écossais qui lui ont donné une forme plus moderne pour ensuite le populariser au 19e siècle. Et les kilts, c’est vrai qu’ils ne portent rien en dessous?  C’était bel et bien le cas dans le passé quoiqu’on puisse douter que ce soit aussi généralisé aujourd’hui, mais je vous confirme que la majorité de ces adeptes restent fidèles à la tradition.

Pour ce qui est des moutons, il y en a bel et bien beaucoup et même plus que des Écossais. Historiquement, cela s’explique par d’avides propriétaires terriens qui ont expulsé de leurs terres des milliers de petits paysans pour en faire des pâturages à moutons. C’est entre autres pourquoi on retrouve tant de descendants d’Écossais en Amérique du Nord et en Australie.

Véritable icône du pays, la cornemuse n’est pourtant pas écossaise. Ses origines seraient de la Perse antique selon le livre Horrible histories : bloody Scotland.  À ce propos, la série de livres horrible histories est, malgré son titre, la manière la plus drôle et probablement la plus efficace pour se familiariser à d’innombrables périodes historiques.

L’expression de la douche écossaise est totalement méritée. Il pleut assez souvent, le ciel est rarement bleu, mais les pluies ne sont pas fortes pour autant. Fort William, détentrice du titre de la ville la plus arrosée du pays, connait habituellement 300 jours de pluie par année pour 2 000 mm au total. À titre de comparaison, les chiffres sont moitié moins élevée chez nous.

Plusieurs seront déçus d’apprendre que le scotch n’est pas plus abordable lorsqu’on est sur place. Qu’on soit dans un commerce spécialisé ou dans une épicerie quelconque, les prix, en tenant compte du taux de change (1£=1.80$), sont plus élevés que dans nos SAQ. Voilà qui devrait faire réfléchir tous les idéologues de droite qui croient que la fin de notre monopole d’État nous en donnerait plus pour notre argent!  Mince consolation, il y a évidemment plus de variétés et certains bars nous donnent de meilleurs prix au verre que les nôtres.

Je n’allais tout de même pas passer l’actuel référendum sous silence et mon dernier mythe le concerne. Il s’agit de contrer l’idée que le vote est quelque chose de rationnel. L’idée s’applique au scrutin actuel, mais cela correspondrait aussi à nos deux malheureuses tentatives. Dans une étude maison de la BBC, on a demandé à un petit groupe de révéler leurs intentions de vote quant à l’indépendance écossaise. Puis, on a observé leurs réactions faciales en les confrontant à deux images particulièrement repoussantes, soit une tarentule montant sur un visage et un pied avec une grosse pustule suintante. Ces réactions faciales ont été notées sur une échelle de 0 à 10.   Le 0 correspondait à une absence de peur ou de dégoût alors que 10 était l’extrême contraire. Le résultat final était que ceux qui comptaient voter OUI avaient une moyenne de 4 alors que le camp du NON tournait aux alentours de 7. Ce que concluait le chercheur était que notre tolérance au risque ou à la peur motivait grandement notre vote et que, par la suite, on retenait certains arguments qui allaient rationaliser notre choix à nos yeux. Alors, la prochaine fois que quelqu’un tentera de trop rationaliser un débat politique, expliquez-lui qu’une élection se gagne d’abord par les tripes.

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