Édwar7 : une fierté musicale sherbrookoise    

Par Jasmine Godbout

Le groupe émergent sherbrookois Édwar7 revient dans sa région après avoir passé quelques années à Montréal « pour des questions de musique ». En effet, les membres n’arrivent pas les mains vides, mais bien avec un album complet de 13 chansons : 5 villes, 2 maisons et 4 appartements plus tard. Son lancement s’est fait ici, au Boquébière, le mercredi 4 octobre dernier.

Lancement chez soi

À la suite d’une toute première soirée de spectacle à Montréal le 3 octobre, le groupe se produit à Sherbrooke puisque « c’est le cœur d’Édwar7, c’est la famille. On est venus ici pour triper », exprime la chanteuse de 22 ans, Tania Lapointe-Dupont. Sur scène, pour deux soirs seulement et pour bien présenter l’essence musicale de l’album, les membres du groupe ajoutent à leur équipe deux musiciens, soit une violoncelliste et un guitariste.

Entre les chansons se glissent anecdotes et remerciements. Après avoir performé environ la moitié de l’album, le public chaleureux les rappelle à l’avant où ils termineront avec la puissante L’as-tu trouvée. Disponible, le groupe partage son sentiment d’appartenance (et quelques bières) avec son public habitué ou avide de découvertes.

Premier vrai album assumé

Amis depuis le secondaire, les membres du groupe, Tania Lapointe-Dupont (chant), Marcus Quirion (guitare, textes, musique), Julien Thibault (basse, textes, musique) et Simon Bilodeau (batterie) présentent, bien fiers, leur nouveau matériel, un produit bien unique en son genre.

Au fil des années et après la production de mini-albums, ils ont beaucoup appris sur le milieu : « On se produit, on est indépendants, on fait tout nous-mêmes, on se gère. Professionnellement, on sait comment défendre l’album une fois mis en marché », répondent les garçons compositeurs. Ces derniers considèrent aussi avoir évolué autant par rapport à leur musique que par rapport à l’écriture des chansons.

Depuis plus d’un an, ils y travaillent avec l’aide de Dany Placard, leur producteur. Grâce à ce dernier, ils réussissent à mettre de l’avant leur personnalité, leur identité, leur intégrité dans le milieu changeant de la musique pop-rock québécoise francophone, tout en y ajoutant un côté folk-acoustique. En fait, ils ne considèrent pas que leur matériel se cadre dans le moule du « populaire ». Se faire une place dans cette industrie unique au monde, qui ne roule pas nécessairement comme il le faudrait, peut comporter quelques défis au tournant.

D’ailleurs, ils glissent un mot sur le sujet. Pour plusieurs raisons, Marcus explique qu’Édwar7 s’est lancé à fond avec l’idée de choisir l’indépendance, de rester propriétaire de sa musique, et ce, en suivant les recommandations de Vincent Vallières. Pour des raisons pratiques et promotionnelles, ils vont faire appel à des pigistes, mais tout en s’assurant de garder la grosse part de leur production et de profiter des royautés. On doit comprendre que le milieu de la chanson québécoise est complexe et qu’il faut savoir l’apprivoiser pour se permettre d’y pratiquer son métier d’artiste, poussé par le rêve.

Plus assumé que le premier EP (2014), où figurent des chansons comme Quand ton cœur casse (28 000 écoutes sur Spotify), l’album d’Édwar7 lui permet d’interpeller tout particulièrement les gens de sa génération avec des titres comme L’as-tu trouvée (ta place) et Un autre monde. Évidente grâce au titre et soulignée par Marcus et Julien, « l’inspiration est venue avec les changements, au retour de Montréal, après les nombreux déménagements et le passage à l’âge adulte, un peu sous forme de bilan ». Plus éclectique, Julien aime se dire tout autant inspiré par Jacques Brel que Billy Talent ou Paramore, même si on ne perçoit pas nécessairement ces genres musicaux dans l’album produit à l’image du groupe.

Souhaitant partager avec le public sa vision, ses angoisses, ses sentiments concernant divers sujets, comme l’amitié, il propose une évolution par rapport à lui-même et au monde. Par exemple, selon Marcus, « la chanson Antihéros pose un regard sur la société » dans le but de rejoindre un individu, peu importe où il se situe, et ce, peu importe le moment de sa vie. Le fait qu’au « dernier show qu’[ils ont présenté], il y a un couple de Français qui sont venus danser », ajoute-t-il, montre que les membres parlent d’eux-mêmes, mais qu’en s’adressant à leur génération, ils rejoignent aussi des spectateurs de partout et de tout âge.

Musique en continu

Édwar7 écrit dans divers buts, mais surtout dans celui de joindre les gens au quotidien. Dans le même sens, le groupe a un avis partagé en ce qui concerne les plateformes d’écoute en continu, où la chanson est à la fois la publicité et le produit, donc la promotion et la consommation. Bien qu’elles puissent servir à découvrir de la musique et à encourager les personnes qui les utilisent à acheter l’album et à aller voir les spectacles, les membres préfèrent ne pas trop y accorder d’importance et avertissent de se méfier des conséquences sur l’industrie québécoise; savoir s’en servir comme outil est essentiel.

Tout de même disponible sur une plateforme de diffusion en ligne, soit Bandcamp, l’album 5 villes, 2 maisons et 4 appartements plus tard s’écoute sans interruption. De plus, il est disponible en version numérique. Le groupe sera de retour à Sherbrooke en février prochain, sur la scène de La Petite Boîte Noire. Un rendez-vous à ne pas manquer!


Crédit Photo © Jasmine Godbout

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