« Égalité » écrit noir sur blanc : la Ville de Sherbrooke adhère aux principes de la rédaction épicène

Par Émilie Lalonde

Le Collectif Sherbrooke Féministe s’est formé en mars 2017. Trois femmes de la région ont ressenti une urgence d’agir à l’approche des élections municipales en novembre prochain. Elles se sont fait comme devoir de rendre visibles les enjeux féministes locaux. Une première victoire a été célébrée le 19 juin dernier lorsque la Ville de Sherbrooke a adhéré aux principes de la rédaction épicène.  Retour sur les étapes qui ont mené à cette décision.

Les actions prioritaires

Marie-Danielle Larocque, cofondatrice du Collectif Sherbrooke Féministe, explique qu’il était important d’entendre ce que les gens avaient à dire. Le regroupement désirait connaitre leurs préoccupations. C’est pour cette raison que la première action posée a été de publier un questionnaire en ligne. Rapidement, les trois femmes ont constaté que plus d’engagements de la part des personnes élues étaient revendiqués. Deux actions ressortaient aussi du lot, soit de trouver un moyen pour que les communications de la Ville soient non sexistes, puis qu’un Comité femmes et ville voit le jour. Ce genre de comité permet de mettre en lumière l’impact des décisions prises lors des conseils municipaux. Tel que mentionné sur le site Internet du Collectif Sherbrooke Féministe, l’organisme Promotion des Estriennes pour initier une nouvelle équité sociale (PEPINES) tente d’en implanter.

Le début des démarches

C’est ainsi que les trois fondatrices, à l’écoute des besoins de la communauté sherbrookoise, ont entrepris des démarches afin de sensibiliser la Ville à la rédaction épicène. Cette dernière consiste, entre autres, à favoriser l’usage de termes neutres permettant d’inclure tous les genres. En d’autres mots, elle a comme objectif d’aller au-delà la règle « le masculin l’emporte sur le féminin ». Notez que si vous analysez cet article du début à la fin, vous constaterez qu’il respecte ce principe! Plusieurs villes et établissements ont d’ailleurs choisi de faire de même. Marie-Danielle Larocque mentionne que la Ville de Lévis s’est munie en 2008 d’un guide de rédaction épicène tout comme l’Université de Sherbrooke, en 2009. Il s’agit là de quelques exemples. Une panoplie de ressources sont disponibles pour saisir les rudiments de cette pratique et pour l’adopter facilement dans son quotidien.

Le 15 mai dernier à 19 h, une première étape menant vers la sensibilisation est franchie. En effet, une lettre ouverte endossée par 160 individus et 22 organismes, dont la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke, est déposée au conseil municipal de la Ville. Ces signatures ont été récoltées en deux semaines seulement. Marie-Danielle est comblée par la participation de la population, d’autant plus qu’une dizaine de personnes étaient présentes lors du dépôt. La cofondatrice mentionne qu’il devient difficile de mobiliser des gens et les enjeux féministes n’en font pas exception.

Le pas dans la bonne direction

La Ville démontre une grande ouverture face à l’importance de l’égalité entre les femmes et les hommes. Toutefois, une certaine méconnaissance se fait sentir lorsqu’il est question de la rédaction non sexiste. Le 19 juin, elle adhère tout de même au principe de rédaction épicène et mandate son Service des communications pour trouver la meilleure manière de procéder. Concrètement, cela signifie qu’une politique n’est pas adoptée, ou du moins pas encore. Marie-Danielle explique que ce genre de décision nécessite souvent des couts. Il faut modifier l’entièreté des sites web et prévoir des formations pour les membres du personnel, afin que la politique soit efficace. Il s’agit quand même d’une petite victoire.

Le 22 juin dernier, les trois citoyennes à l’origine du Collectif Sherbrooke Féministe ont rencontré la directrice des communications de la Ville pour discuter plus amplement de leur demande. Elles ont également partagé leurs savoirs et leurs ressources. Il ne reste plus qu’une chose à faire pour ce dossier… attendre que les recommandations faites par le Service des communications soient présentées au conseil municipal à l’automne.

Les façons de s’impliquer

De toute façon, en attendant, Marie-Danielle et ses acolytes continuent d’insister sur l’importance de rendre les femmes visibles. Elles le font à travers différentes activités dont les mardis ZAF – Zone Autonome Féministe – qui se déroulent durant tout le mois de juillet. Les personnes s’identifiant comme femmes sont invitées à se rendre au Carré Strathcona, de 18 h 30 à 20 h 30, pour participer à des ateliers abordant diverses thématiques. Plusieurs autres événements sont à prévoir dont une marche exploratoire pour sensibiliser à l’inclusion de la variable de genre dans le développement urbain de la ville en septembre et une table ronde sur les enjeux locaux féministes en octobre. Pour plus d’information, il est possible de consulter le site Internet suivant : sherbrookefeminist.wixsite.com/sherbyfeministe


Crédit Photo © Cristian Newman

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