(En) beurrer [en] épais

Par Rodrigue Turgeon

Au-delà du Guide

C’est ben beau d’avoir décortiqué les méandres du Guide pour voir où nous en sommes avec le gaspillage à l’UdeS, mais il ne faudrait quand même pas laisser ça de même et enterrer la voix des plus pragmatiques : « Quessé qu’on fait astheure? » L’identification des acteurs ayant la capacité de concrétiser ce changement s’impose comme première étape.

Le pouvoir des assos

Le Regroupement étudiant des 2e et 3e cycles de l’Université de Sherbrooke (REMDUS) « n’est pas réellement touché par cet enjeu [puisque] les intégrations sont davantage une activité du premier cycle », souligne Jean-Sébastien Gagné-Bisson, membre exécutant du REMDUS. Quant à elle, « la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) ne contrôle pas les activités qui se déroulent lors des intégrations », nous rappelle Catherine Dubé, responsable à la condition étudiante et aux droits étudiants pour la FEUS.

Les associations étudiantes facultaires contactées par Le Collectif ont toutes refusé de prendre position sur le gaspillage alimentaire au nom de leurs membres. En effet, ce sujet est rarement abordé lors des assemblées générales (AG).

« Ça va faire, M. le président! »

Or, l’absence de prise de position contraignante en la matière lors des AG permet aux comités organisateurs des intégrations de présenter à peu près n’importe quoi à M. Frère et à leurs responsables facultaires dans leurs programmes d’activités (cf autre texte).

D’un autre côté, ce statu quo laisse toute la place aux avancées encourageantes. À la Faculté de droit, par exemple, « les activités de "beurrage" auront lieu [cette année], mais favoriseront plutôt l'utilisation de terreau et de sable afin d'éviter le gaspillage de produits alimentaires, comme dans le passé », nous indique Me Éliane-Marie Gaulin, secrétaire de faculté.

Une chose mène à une autre

Les activités d’intégration étant ce qu’elles sont, les préoccupations des responsables facultaires sont multiples. « En début de mandat comme secrétaire, je me suis davantage attaquée aux problèmes de comportements à connotation sexuelle, aux abus de pouvoir et au manque de modération dans la consommation d’alcool », témoigne Brigitte Séguin, secrétaire à la Faculté des sciences et de l’activité physique. Le « beurrage » ne s’en voyait pas toléré pour autant, mais « il fallait quand même y aller une étape à la fois », explique-t-elle, déterminée à « éradiquer cette pratique dépassée ».

Le beurre et l’argent du beurre

En complément aux prises de position contraignantes pouvant être prises en AG par les membres des différentes associations générales, le sondage garanti par le premier principe du Guide (cf autre texte) se révèle être un bon outil d’observation au fil des années. Grâce à lui, Mme Séguin a pu noter la présence d’une « désapprobation collective de plus en plus manifeste [envers le gaspillage alimentaire] depuis environ trois ans. »

À un autre niveau, des plaintes peuvent être adressées au Conseil de la vie étudiante, organisme sous la tutelle du conseil d’administration de l’UdeS, puisqu’il est manifeste que cette « problématique [touche] la communauté étudiante », conformément à l’article 114(3) des statuts de la Charte de l’UdeS.

Ultimement, les plus radicaux pourraient décider de s’interposer lors des séances de beurrage qui s’adonneront sûrement aux quatre coins du Campus principal de l’UdeS afin d’éviter le gaspillage et qui sait, dans le meilleur des mondes, redistribuer la nourriture aux plus démunis.


(Ce texte est une série de Gaspillage de nourriture et beurrage aux intégrations. Lisez le premier ici, et le deuxième ici)

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