Par Josiane Demers 

Dans les pays nordiques, les gens sont constamment en recherche de nouvelles activités extérieures qui leur permettront de tirer un maximum d’avantages de la saison froide. Depuis quelques années, le ski hors-piste, appelé aussi ski de montagne, ski de randonnée ou encore randonnée alpine, gagne en popularité. Il permet à ses adeptes d’explorer des contrées enneigées encore vierges et de dévaler des sentiers dans une poudreuse fraîche et abondante.  

L’hiverl’Estrie se transforme en un terrain de jeu idéal pour s’initier au ski hors-piste. Les espaces montagneux du territoire sont parfaits pour les amateurs de plein air en quête d’aventure et de nouveauté. Afin de démocratiser cette activité encore peu connue, Le Collectif s’est entretenu avec Xavier Gilbert, un skieur aguerri, qui s’adonne régulièrement à cette pratique depuis déjà quatre ans.  

Qu’est-ce que ça mange en hiver? 

« La randonnée alpine est un sport de plein air qui permet de monter le domaine skiable avec l’usage de l’équipement de ski personnel et non par la remontée mécanique. En utilisant des peaux d’ascension sous le ski ou même la planche à neige, cela permet de monter le sentier sans même glisser vers larrière», explique M.Gilbert.  

Lorsqu’il est question de « peaux d’ascension », cela génère certainement quelques interrogations chez les non-initiés. Selon le site de la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME), cette technique est née chez les premiers skieurs, soit les Inuits, qui utilisaient alors de la peau de phoque. L’orientation des poils courts assurait une bonne retenue en montée et une glisse efficace en descendant. Basées sur ce principe, les peaux sont maintenant surtout constituées de nylon ou de mohair, une « fibre naturelle animale, fabriquée à partir de la toison de la chèvre angora ». 

Les fixations jouent également un rôle important dans la pratique de ce sport. Elles sont flexibles lors de l’ascension, un peu comme sur un ski de fond, et viennent ensuite se rattacher aux skis lors de la transition au sommet en prévision de la descente.  

Accessible à tous, ou presque!

Le ski hors-piste est, en principe, accessible à tous. Néanmoins, il est important d’être en bonne forme physique. Les efforts nécessaires à déployer lors de l’ascension peuvent se comparer un peu au ski de fond ou à la raquette en montagne. 

La descente, étant physiquement moins exigeante, demande cependant une expérience suffisante en ski alpin afin d’être en mesure de manier habilement le hors-piste. Selon Xavier Gilbert, « personne ne peut prétendre être un bon skieur hors-piste sans avoir une base solide en ski alpin régulier. La personne se doit d’avoir de bonnes habilités pour être en mesure de contrôler sa descente de façon sécuritaire dans les sous-bois et surtout, pour y avoir du plaisir. »  

La randonnée alpine est un sport complet qui allie la dimension cardiovasculaire et musculaire lors de la montée et la dimension technique lors de la descente.  

L’équipement 

Pour les skis, il est recommandé de privilégier la légèreté et une largeur suffisante, ce qui engendrera une descente agréable, surtout lorsqu’il y a une accumulation considérable de poudreuse fraîcheIl est essentiel de choisir des modèles de bottes et de fixations offrant une suffisante flexibilité. 

Selon Xavier Gilbert, le choix de la peau demeure l’élément clé de l’équipement. « La peau d’ascension est la pièce maitresse pour le skieur et se doit d’être ajustée adéquatement au ski », explique-t-il. Tous les magasins de plein air offrent ces équipements, mais n’ont pas tous les mêmes fournisseurs. Le futur skieur de randonnée alpine doit assurément bien s’informer pour déterminer ce qui lui convient le mieux.  

Prévoir un budget 

Comme pour plusieurs activités de glisse, il faut prévoir un petit investissement afin de se procurer de l’équipement nécessaire à la pratique. Bien entendu, il en existe plusieurs gammes et les prix peuvent varier considérablement selon les caractéristiques désirées.  

« Si l’on combine skis, fixations, peaux et bottes, plusieurs ensembles usagés sont vendus dans des prix tournant autour de 1000$, ce qui permet d’avoir un équipement respectable pour s’initier. L’achat d’équipement neuf, encore une fois selon la qualité recherchée, peut atteindre jusquà 3000$ à 4000$, sans compter les vêtements techniques appropriés pour le plein air d’hiver » – Xavier Gilbert 

Ce dernier recommande aux curieux d’emprunter, ou encore, de louer de l’équipement afin de s’assurer que leur intérêt pour la randonnée alpine est bien réel. « Si l’essai s’avère concluant et que vous en soutirer un plaisir semblable à celui que tous les randonneurs partagent, vous serez à la recherche d’équipement le soir même », garantit-il avec enthousiasme 

Un peu partout 

Pour s’adapter à l’engouement grandissant face à cette activité, les stations de ski alpin sont nombreuses à offrir l’option de location. Certains centres ont ouvert de nouveaux secteurhors-pistes pour les randonneurs. Si ce n’est pas le cas, les gens peuvent dévaler la montagne par la piste de ski commune. Ces endroits sont accessibles à l’achat d’un billet journalier à faible coût (entre 8$ et 30$) ou par un abonnement saisonnier.

Crédit : Xavier Gilbert

Cependant, pour Xavier Gilbert, « le plaisir de la randonnée alpine réside dans l’aventure elle-même ainsi que la recherche de nouveaux secteurs complètement vierges de skieursDonc, ce sport peut se pratiquer dans n’importe quel secteur assez déboisé et montagneux pour avoir une bonne descente, avec un droit de passage bien entendu. »  

Les secteurs hors-pistes sont organisés et cartographiés par la FQME et peuvent être explorés de façon autonome ou guidée. Il est nécessaire de se procurer un laissez-passer saisonnier auprès de la fédération au préalable.  

Une passion 

Quant aux sentiments que la pratique de cette activité hivernale lui procure, la passion du skieur Gilbert pour ce sport transparaît par ses mots« La randonnée alpine m’amène à découvrir le Québec en plein air, mais surtout de skier dans des secteurs peu connus où la neige n’a jamais été travaillée mécaniquement. Le bonheur se traduit par une journée d’ascension ensoleillée entre amis, le lendemain d’une énorme tempête de neige. »


Crédit photo @ Xavier Gilbert

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