Engager le dialogue pour briser le tabou Entrevue avec Mélissa Rose, cofondatrice de l’organisme Parlons ensemble

Par Alice Ellefsen

Au Québec, en 2017, près d’une personne sur deux, âgée entre 15 et 25 ans, n’est pas satisfaite de son apparence corporelle. De ces personnes, près de 300 000 sont atteintes d’un trouble alimentaire. Et les modes et tendances véhiculées par les réseaux sociaux ces dernières années n’ont rien fait pour aider! Cependant, de plus en plus de jeunes adultes se mobilisent pour parler de cette maladie. J’ai d’ailleurs eu la chance de m’entretenir avec Mélissa Rose, cofondatrice de l’organisme Parlons ensemble, pour discuter de son projet inspirant.

Tout cela est d’abord parti d’une idée. Celle d’une jeune femme maintenant guérie des troubles alimentaires, qui voulait ouvrir le dialogue et briser le tabou entourant cette maladie.

Ne voulant pas faire les choses à moitié, en parallèle avec ses études universitaires en communication-marketing, Mélissa a attendu de graduer de l’Université de Sherbrooke en 2016 avant de se lancer dans le projet.

En septembre 2016, c’était le moment. Mélissa avait enfin le temps, l’énergie et l’envie de se lancer. Il ne lui manquait que quelqu’un. C’est à ce moment qu’elle a rencontré Marie-Pier, qui était elle aussi guérie des troubles alimentaires depuis peu, et qui souhaitait s’impliquer pour sensibiliser les gens à la maladie.

C’est ainsi que le 18 novembre 2016, l’organisme Parlons ensemble a officiellement vu le jour. « Au départ, on s’était dit qu’on faisait ça pour aider, même si ça aidait juste une personne, m’explique Mélissa. Le projet a été lancé sans prétention. Le but, c’était juste d’en parler. »

Le nom de l’organisme leur est d’ailleurs venu à l’esprit en suivant cette ligne directrice. Elles voulaient en parler, entreprendre le dialogue auprès des adolescents et des jeunes adultes, pour briser la solitude des gens souffrant de troubles alimentaires. Le nom Parlons ensemble correspondait donc à la mission de l’organisme et n’évoquait pas directement les troubles alimentaires, pour que les personnes voulant s’informer ne se sentent pas gênées de consulter le site Internet ou la page Facebook.

Très rapidement, l’organisme a fait boule de neige et s’est fait connaître, grâce aux médias sociaux et aux conférences données dans les écoles. Mélissa et Marie-Pier se sont mises à recevoir très rapidement de nombreux messages, autant sur les pages de l’organisme que sur leur propre compte personnel. « Ce qui m’a le plus surpris, c’est que [les gens qui nous écrivaient], ce n’était pas toujours la personne atteinte de troubles alimentaires. On a eu beaucoup de chums et d’amis qui nous ont écrit suite à notre passage dans leur école, parce qu’ils ont reconnu ce que l’on décrivait chez leur blonde ou leur amie », me confie Mélissa.

L’organisme, qui fêtera bientôt ses six mois d’existence, est en véritable ébullition. Depuis novembre, ses cofondatrices ont réalisé des conférences dans des établissements scolaires allant du primaire au collégial. « Chaque rencontre est personnalisée, m’explique Mélissa, parce qu’on ne peut pas parler de ce sujet-là de la même façon aux étudiants du Cégep qu’aux élèves du primaire. » À long terme, les deux initiatrices du projet comptent d’ailleurs poursuivre leur périple à travers le Québec pour parler des troubles alimentaires et engager le dialogue avec les jeunes à ce sujet.

Lorsqu’elle repense à son parcours à l’Université de Sherbrooke, Mélissa m’avoue que ses trois ans à Sherbrooke ont été le coup de pouce dont elle avait besoin. « Sherbrooke m’a beaucoup aidé, les gens là-bas, c’était un point tournant. »

N’hésitez pas à consulter le site Web de l’organisme, au parlonsensemble.info, ainsi que sa page Facebook Parlons ensemble.


Crédits Photo ©Facebook Parlons Ensemble

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