ENTREVUE AVEC AGRESSION ESTRIE CALACS - L’arme de l’agression sexuelle est la confiance

 Par Guillaume Marcotte

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Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Agression Estrie est un organisme sans but lucratif qui vient en aide aux femmes et aux adolescentes de plus de onze ans qui ont été victimes d’agression à caractère sexuel. Voici le résumé de l’entrevue faite avec Maggie Fredette, intervenante à CALACS Estrie.

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Le support

Tout d’abord, il est important de noter qu’il est tout à fait possible de joindre l’organisme de façon tout à fait anonyme par téléphone ou via courriel.

L’aide qu’apporte l’organisme aux victimes d’agression sexuelle est divisée en deux volets: intervention directe et défense des droits au niveau juridique. Ainsi, si besoin est, CALACS Estrie propose de suivre la victime dans son cheminement à la Cour.

La victime qui se rend chez CALACS Estrie se voit encadrée par l’équipe d’intervenantes. Elle peut choisir le type de suivi qu’elle préfère: des rencontres individuelles, des rencontres en groupe et des rendez-vous au Palais de justice sont offerts par l’organisme.

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La prévention

Pour lutter activement contre les agressions sexuelles, CALACS Estrie se fait visible: que ce soit dans les médias, dans les écoles tant primaires que secondaires ou sur la place publique, l’organisme encourage les gens à parler du problème. Selon Mme Fredette, la meilleure façon de lutter contre le problème est d’informer. Qu’est-ce que la drogue du viol? Qui sont les agresseurs? Comment se passe l’agression? Qu’est-ce que le consentement? CALACS Estrie répond à toutes ces questions, que ce soit de vive voix par téléphone au 819-563-9999 ou dans les rubriques de son site web. Bref, informez-vous, c’est facile!

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Le dire

Il ne s’agit pas toujours d’appeler la police. Bien évidemment, s’il s’agit d’un enfant, la question n’existe pas: il faut contacter les services de police. Si l’on est témoin de quoi que ce soit, il faut supporter la victime. Il est si aisé pour une victime de sombrer dans la solitude et dans la culpabilité. Il faut écouter, il faut mettre des mots sur les choses. Il ne faut surtout pas remettre en doute les propos de la personne. Les intervenantes de CALACS Estrie ne le répéteront jamais assez: soyez présents, soyez à l’affût, soyez à l’écoute et soyez ouverts. Ne jugez pas; la victime en a déjà beaucoup sur les épaules. Et pour la victime, n’hésite pas à le dire: ce n’est que le premier pas, mais c’est celui du géant.

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Le tabou

Les agressions sexuelles sont-elles moins taboues? Selon Mme Fredette, ce n’est malheureusement pas le cas. Les médias en parlent plus, les histoires de celles qui sont braves et qui s’affichent sont bien visibles. Il reste que seulement 10% des cas d’agression à caractère sexuel sont dénoncés annuellement. Certes, l’avènement d’une éducation sexuelle au primaire et au secondaire, projet pilote dans 15 écoles présentement, aide à informer les jeunes filles quant à leurs propres limites. Néanmoins, le problème en est encore un d’actualité.

Enfin, si un fait est à retenir pour nous, étudiants universitaires, c’est que la consommation d’alcool rend invalide le consentement sexuel d’une personne. Alors non, tu n’étais pas consentante si tu étais «saoule morte». C’est pourquoi il faut écouter, il faut supporter, il faut en parler. Parce qu’il n’est que trop vrai que l’arme de l’agression sexuelle est la confiance, tant celle envers l’agresseur que celle qu’une personne qui refuse de croire peut détruire.


L'édition du 3 novembre du Journal Le Collectif contient un dossier choc de quatre pages entièrement dédié à l'enjeu des agressions à caractère sexuel commises sur le campus de l'université de Sherbrooke. Huit articles qui abordent la problématique sous autant d'angles.

 


 

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