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Par Benjamin Le Bonniec

Récipiendaire du prix GAMIQ 2014 dans la catégorie « Meilleur album Rock de l’année » avec leur album intitulé Le Grain d’Or, le groupe montréalais s’invite à Sherbrooke pour un concert prometteur le 23 janvier prochain. Le Collectif les a rencontrés!

« Jesuslesfilles », drôle de nom pour un groupe de musique. Est-ce que vous vous inscrivez dans un projet musical teinté de fanatisme religieux ou bien y a-t-il une explication plus personnelle à ce choix de nom ?

Une bien triste histoire, Benoit et Farandole ont été obligés d’aller à l’église jusqu’à l’âge de 12 ans. Mais ça s’est soldé en chicane avec le curé du village.

 Je ne vous connais pas beaucoup, mais je vous vois régulièrement ces derniers temps dans les « tops » de l’année 2014. Qu’est-ce que ça fait de se voir dans ce genre de classement de fin d’année au côté de grands noms de la musique franco ? Je pense à des gars comme « Miossec » ou « Murat » et aux têtes d’affiche actuelles du milieu franco-québécois (Corriveau, Philippe B. etc.).

« T’sais ben » qu’on les côtoie pas. Tant qu’à faire on aimerait mieux déjeuner avec Sir Paul McCartney ou faire une « game » de cuisse chaude avec Bryan Adams. Tant que ça reste dans le Commonwealth. « T’sais» Sherbrooke c’est loyaliste.

D’ailleurs, le choix (si c’en est un) de faire de la musique en français vient-il par provocation à cette omniprésence de « bands » d’origine francophone qui choisissent l’anglais, que ce soit au Québec ou en France? Ou une certaine façon de faire front dans une forme d’élitisme ? 

C’est, comme tu dis, un choix élitiste, définitivement ! C’est pour le tapis rouge de la langue.

Qui sont vos grandes références musicales en français ? 

Les « Wampas ». « Pis » les « tounes » en français de Bryan Adams (« Je suis là me voilà»)

Vous avez tourné pas mal en Amérique du Nord, de NYC à Toronto, en passant par Halifax, mais aussi l’Europe. Comment avez-vous vécu ces expériences diverses en- dehors des frontières ? Qu’avez-vous appris de celles-ci? 

 NYC, c’est amusant d’essayer d’y aller, mais sans visa, ça devient « sketch », et on pense qu’on est « blacklistés » maintenant. Ça nous a donné « une parole de tounes », aussi. Jaquette. Toronto c’est drôle de dormir dans un « hostel » du quartier chinois « pis » de jouer dans un « line-up » de 8 « bands » à 2h du matin « pis » de partir à 6h pour se taper la 401 (la plus grise des autoroutes), mais pas trop souvent. Halifax, dans notre cas, ça n’a servi à rien à part voir la « fly » baissée du gars qui essayait de faire du « Weezer » avant nous autres. « Pis Iceland Airwaves », « ben » ça c’était toute qu’une aventure. Après avoir passé 3-4 mois à préparer le voyage, Benoit a « catché » dans la file pour l’avion que son passeport était expiré, et en atterrissant à Toronto pour le transfert, s’est « rushé » au bureau de passeport pour en avoir un nouveau – « pis » a réussi à prendre l’avion finalement, pour se faire vomir sur la jambe par Martin en plein vol -. Là-bas, on a eu une « crowd » de « kids » de 16 ans qui ont fait un « mosh pit » mélangé avec de la danse en ligne « pis » notre dernier de 3 « shows », à cause du bouche à oreille présume-t-on, a accueilli 150 personnes « pis » c’était fort touchant pour un « band » inconnu indépendant. « Pis » on a vu des geysers.

Ne trouvez-vous pas difficile d’obtenir un écho auprès de publics qui ne comprennent pas nécessairement votre langue? Votre prophétie serait-elle, en fait, d’aller prêcher la bonne parole « en français »? 

En « show », c’est assez « tough » de saisir les paroles « anyway ». Le médium c’est le message, la « toune » parle d’elle-même. La « toune » est bonne !

Parlons de votre musique. À la première écoute, votre rock se révèle assez « noisy », mais teinté pop. Est-ce encore une manière de rester dans une certaine forme d’avant-gardisme alors que nous sommes à l’époque où prédomine l’indie-rock ? 

On s’estime pas avant-gardiste ni pop, mais on a assez de difficulté à définir ce qu’on fait nous-mêmes, « pis » on imagine que c’est ce qui fait qu’on continue de faire des « tounes ».

À ne pas manquer le spectacle de Jesuslesfilles ce vendredi (le 23 janvier 2015) au Bar le Saloon au coût de 10$

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