Par Hélène Maillé

Lorsqu’est venu le temps de tirer son nom, elle a gagné le gros lot, puisque celui-ci se marie parfaitement avec sa philosophie de vie : la liberté! Rencontre avec Michèle Laliberté, secrétaire administrative et animatrice au Réseau d’appui des familles monoparentales et recomposées de l’Estrie (RAME).

En quoi avez-vous étudié et qu’est-ce qui vous a amenée dans ce domaine?

J’ai étudié en psychologie au baccalauréat et à la maîtrise, à l’Université de Sherbrooke. À ce moment-là, le doctorat n’était pas obligatoire pour devenir psychologue et il y avait trois orientations possibles : la relation d’aide, la psychologie interculturelle et la psychologie organisationnelle. Je me suis toujours intéressée à la psychologie et à l’intégration culturelle, mais davantage de manière collective. La relation d’aide individuelle m’appelait beaucoup moins que le secteur communautaire. D’ailleurs, plusieurs de mes amis ont vécu des difficultés en lien avec leur intégration, car ils ont immigré. Quand j’ai vu que des études s’offraient dans ce domaine, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai tout simplement fait de mon intérêt personnel une profession.

Dans vos mots, comment décririez-vous le RAME?

Le RAME est un organisme qui vient en aide aux familles monoparentales et recomposées, et ce, dans toutes les sphères de la vie. Que ce soit personnel, professionnel, environnemental ou autre, nous prenons en compte l’ensemble du milieu dans lequel vivent les familles, pour leur venir en aide. Nous ne sommes pas des experts, mais des accompagnateurs. Nous croyons que les gens ont les ressources et le potentiel en eux et nous les aidons à les faire ressortir. Dans le fond, on leur apprend à pêcher. On ne leur donne pas le poisson!

Pourquoi travailler au RAME plutôt qu’ailleurs?

Le RAME est arrivé dans ma vie, en 2012, de manière inattendue. J’étais chargée de projet depuis près de 14 ans, mais mon poste restait incertain. J’avais donc besoin de retrouver une stabilité. Action-Unisson, en collaboration avec l’Office municipal de l’habitation de Sherbrooke et le RAME, m’a approchée pour un projet de complexe de type HLM pour les familles monoparentales et immigrantes. Le RAME représentait donc une bonne façon d’épouser mes intérêts personnels et professionnels, en plus de m’offrir la stabilité que je cherchais.

Qu’est-ce que le RAME vous a apporté au niveau personnel?

Évidemment, cet emploi m’a permis de développer mon expertise auprès des familles et de partager mes connaissances sur l’intégration des familles immigrantes avec les autres intervenants. Mais le RAME m’a aussi apporté une meilleure connaissance de moi, tant au niveau de mes interventions que de mon quotidien. L’organisme fonctionne par une approche relationnelle participative. La directrice, Lucie Roch, est présente et fait valoir nos points forts. On est nous-mêmes une grande famille!

Quels conseils donneriez-vous aux familles monoparentales?

Osez aller vers les ressources et ne restez pas seuls. Une de nos premières tâches est de briser l’isolement et de déstigmatiser les tabous entourant les familles monoparentales. Elles ne doivent pas avoir honte d’aller chercher de l’aide.

Que diriez-vous aux gens pour les inciter à devenir bénévoles?

Le RAME offre une expérience de travail privilégiée et diversifiée. Les bénévoles peuvent contribuer à plusieurs niveaux, que ce soit à l’accueil, à l’animation, pour du gardiennage, etc. En plus de rejoindre des familles de tous horizons, il s’agit d’une belle porte d’entrée vers les richesses des milieux communautaires. Surtout, c’est une occasion de collaborer avec une équipe exceptionnelle… la meilleure de Sherbrooke (rires)!

Qu’est-ce qui vous motive à remplir votre mission au RAME?

L’esprit d’équipe, la solidarité et la diversité des tâches. Je n’aime pas quand mon travail devient une routine.

Que souhaiteriez-vous au RAME pour les années à venir?

Tout simplement que le financement soit à la hauteur de tous les projets qu’on veut bâtir. Ceci permettrait qu’on soit tous à temps plein, mais aussi que d’autres se joignent à nous. Comme on est limité dans notre financement, on l’est aussi dans nos possibilités. Ironie du sort, on est le seul organisme, en Estrie, venant en aide aux familles monoparentales et recomposées et on a encore de la difficulté à couvrir Sherbrooke.

Où vous voyez-vous dans cinq ans?

J’espère avoir encore un pied au RAME, mais également mieux rejoindre les familles immigrantes. Je voudrais développer mon expertise et donner des formations aux intervenants sur, par exemple, la situation des réfugiés. Enfin, je veux continuer à combiner mes intérêts d’études et mon travail actuel.

Avez-vous des objectifs personnels ou professionnels? Si oui, lesquels?

J’aimerais que le côté « consultante en interculturel » soit davantage présent dans ma vie pour qu’à ma semi-retraite, je ne fasse que de la consultation privée et idéalement, dans mon propre bureau.

Que faites-vous en dehors du travail?

Je m’implique beaucoup dans mon milieu de vie : je suis sur le conseil d’administration des coopératives d’habitation, où je fais aussi de la médiation, et je suis membre du conseil d’administration de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue. Quand il me reste du temps, je fais de l’artisanat et je m’occupe de Malya, mon enfant poilu à quatre pattes!


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