Entrevue avec Ogden D'Alaclair Ensemble

Par Edouard Guay

Après les Dead Obies et Loud Lary Ajust, c’est le post-rigodon bas-canadien d’Alaclair Ensemble qui sera à l’honneur pour le show de la rentrée 2016! À quoi faut-il s’attendre de ce spectacle pour les étudiants sherbrookois?  « Ce sera à la fois un entrainement physique et un rituel bas-canadien qui va chercher les nouvelles et les anciennes références de notre culture commune. Préparez-vous pour une grand-messe familiale! Ça va brasser dans la bonne humeur et la positivité! », lance d’entrée de jeu Ogden Ridjanovic, alias Robert Nelson, qui promet également plusieurs pièces du nouvel album Les Frères Cueilleurs.

Bien qu’il soit hasardeux de qualifier précisément un album d’Alaclair Ensemble, Ogden décrit cette nouvelle offrande comme étant « plus simplement rap. Au niveau des genres, ça va un peu moins dans tous les sens que les albums précédents. C’est encore du post-rigodon, mais avec une facture plus rap. » Ce quatrième album d’Alaclair est le premier à être lié à une maison de disque, en l’occurrence le label 7ième ciel, qui produit également Eman x Vlooper, Koriass, Brown, Anodajay et Manu Militari. Ogden nous rassure cependant : « On est encore aussi indépendants qu’auparavant, mais on a une plus grosse équipe autour de nous qui nous permet d’aller plus loin dans notre création. Toutefois, ça ne change aucunement notre approche. »

Justement, parlant d’approche, comment le septuor travaille-t-il en studio? « Quand on enregistre, on se voit pendant plusieurs jours, et la dynamique du groupe finit toujours par s’installer. Au début, on se réchauffe, on explore, et la dynamique se renouvelle comme ça. Chaque chanson a sa propre histoire, il n’y a pas de recette avec nous, explique Ogden, on travaille beaucoup les sept en même temps, mais c’est sûr que des fois on fait du travail solo sur des verses. C’est une bonne harmonie entre solo et collectif. »

Comme toujours, Ogden et sa bande nous offriront l'écoute Les Frères Cueilleurs gratuitement puisque c’est l’approche qu’ils ont toujours privilégiée : « Pour nous, le téléchargement gratuit est un outil pour nous faire connaitre. Dans l’évolution d’un groupe, c’est parfois plus profitable de donner sa musique que de la vendre. Il faut célébrer le fait de donner la musique parce qu’on est dans une ère où l’offre est tellement vaste que tu ne peux pas espérer vendre ta musique quand tu débutes et que tu n’as pas de fanbase. Les gens ne savent pas encore s’ils aiment ça, ils ont besoin d’écouter sans payer. » Ogden conclut en soulignant que l’industrie musicale québécoise est encore trop axée sur la vente d’albums au niveau du financement, ce qu’il estime être dommage pour la relève.

Ainsi, Alaclair Ensemble utilisera encore les albums comme tremplin pour nous offrir un méchant bon show auquel Ogden nous convie tous : «  Préparez-vous! Ça va brasser! On a bien hâte de vous voir! Ça faisait un bon moment qu’on n’est pas venu et les dernières fois c’était malade et ça le sera encore cette fois-ci! »


Crédit photo © Bandcamp

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