Environnement: après les plans, l’action?

Par Gabrielle Lapierre

Au Québec, l’environnement est une préoccupation qui oriente le vote de plusieurs électeurs.

La saison des élections approche et les chefs de nos partis favoris déploient tout leur arsenal pour attirer les électeurs indécis. Entre les débats sur le niqab et la relance de l’économie, les quatre grands chefs de partis abordent tous les sujets susceptibles d’attirer de nouveaux électeurs. Entre autres, tous les partis ont élaboré un plan de lutte contre les changements climatiques. Mais, entre nous, je ne me rappelle pas la dernière fois qu’un plan environnemental cohérent ait été appliqué…

Beaux plans, mais encore?

Ils sont tous bien enveloppés, ces plans qui nous sont présentés en saison électorale. Mais est-ce qu’ils sont vraiment appliqués? Un plan de réduction des GES peut-il vraiment être efficace? Selon une étude de l’Université Concordia, le Canada est désormais le troisième plus grand pollueur au monde, après les États-Unis et l'Angleterre.

Les émissions de gaz à effet de serre sont en augmentation au Canada depuis 2010, année où il y avait enfin eu une diminution significative. Nous nous éloignons sans cesse de la cible de réduction fixée lors de l’accord de Copenhague en 2005. Est-ce que le but fixé lors de l’accord de Copenhague est atteignable par le Canada ou est-ce un coup de publicité pour faire croire à la population que le gouvernement a l’intention de réduire les émissions de gaz à effet de serre, sans vraiment s’y attarder? Considérant que le Canada s’est retiré du Protocole de Kyoto en 2011, est-ce qu’on doit s’attendre à un autre fiasco de ce genre?

Une chose est certaine: un gouvernement qui présente un plan de lutte contre les changements climatiques, mais qui, à la fois, coupe les subventions à Environnement Canada, muselle les scientifiques, change des lois de protection de l’environnement pour les rendre plus accommodantes, acclame le secteur pétrolier des sables bitumineux et appuie la construction d’un oléoduc pancanadien n’est pas un gouvernement qui veut vraiment lutter contre les changements climatiques.

Que nous reste-t-il?

Pour la plupart des étudiants de l’Université de Sherbrooke, le vote du 19 octobre constituera leur deuxième ou troisième participation à un scrutin. Avec toutes les informations que nous lancent les partis politiques, le choix peut paraître étourdissant. En plus, nos aînés étant en plus grand nombre que nous, le vote de la jeunesse semble passer inaperçu dans la masse. N'est-ce pas un peu décourageant? Même si vous être indécis et qu'en arrivant derrière le paravent de vote, vous vous demandez qu'est-ce que vous êtes en train de faire, voter est une façon de décider votre propre avenir. Même si les idées véhiculées par les partis ne vous attirent pas, trouvez les questions qui vous tiennent à cœur.

Si vous avez de l'intérêt pour les questions environnementales, vous pouvez toujours aller voir le comité environnement du campus qui pourrait répondre à plusieurs de vos interrogations.

Profitez du fait que vous êtes à l'université pour parler et débattre de vos convictions. À vingt ans, les rêves de monde meilleur et les idées de changement sont bien ancrés dans notre imaginaire. À vingt ans, nous avons tous un monde idéal. Renforcez vos convictions et faites-les évoluer. C'est ainsi que vous deviendrez des citoyens informés et impliqués dans la société. C'est ainsi que nous pourrons enfin prendre des décisions éclairées aux élections. C'est ainsi que nos candidats, au lieu de nous sortir des plans bidon, vont comprendre que c'est avec des idées concrètes qu'ils sauront nous séduire. C'est ainsi que, peut-être, nous allons changer le monde.

Et vous, quelles sont vos convictions?


© Benjamin Sloth Lindgneen

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