Éphémère, pour toutes les choses qui ne durent pas

Crédit photo © Deviant Art

Par Guillaume Marcotte

J’ai toujours aimé le mot éphémère. J’sais pas, ça a quelque chose d’exotique, quelque chose qui donne l’impression que, parce que j’utilise ce mot une fois de temps en temps, je bois du thé avec le petit doigt relevé. Mais je n’aime pas le thé, ou, à tout le moins, mon amour pour le thé a été éphémère… tout comme la satisfaction personnelle que je ressens à l’instant parce que j’ai réussi à plugger le mot « éphémère » une fois de plus.

Ainsi donc après une introduction pour le moins éphémère et sans contexte, je vous invite à enfiler vos lunettes de nostalgie avant que je vous rappelle les modes éphémères et celles moins éphémères qui ont égayé les temps anciens, les années 90 et les années 2000.

T’es même pas game de foxer, #YOLO

You only lived once or twice dit-on à #YOLO, et pourtant le hashtag a duré et perduré durant un bon moment. Aujourd’hui, l’expression est utilisée davantage pour blaguer que pour exprimer ce sentiment qu’il est impératif de vivre sa vie sans crainte. C’est comme foxer ou skipper ou « sécher les cours », parce qu’on ne fait plus ça maintenant, on ne va juste PAS à nos cours si la flamme de l’étudiant se fait manquante, point barre. Je dois par contre concéder que de mettre au défi un ami ou une amie à l’aide d’un « t’es même pas game? » était fichtrement – oui fichtrement, pour ne pas emprunter des termes de l’Église en guise d’adjectif – plaisant : parce qu’il fallait être game, sinon on n’était pas cool, et pis on ne pouvait pas faire des affaires qui sont dans le dash! Ahhh, comme le jeune temps était ponctué de mots franglais inintelligibles à ceux qui ne les avaient pas appris! Un peu comme le verlan. Ou comme le jargon : turugu airaigai meregue lesresgues fleureugueurs (tu aimes les fleurs)?

Les pantalons en dessous des fesses

Fallait-tu pas être débile un peu pour mettre ses pantalons en dessous de ses fesses? De un, c’est zéro confortable. De deux, c’est pas trop beau. De trois, ça transforme la marche en un obstacle de tous les jours. Certes, certes, on voulait être cools, parce que tous les Québécois un tant soit peu influençables ont déjà descendu au moins une fois leurs pantalons sous leurs fesses. Aujourd’hui, je suis presque certain que c’est un regret. Pas un gros regret, mais un regret quand même. C’est comparable aux filles qui attachaient le surplus de tissu de leurs chandails pour les rendre plus tight. Encore une fois : ridicule. Heureusement, alors, que ces pratiques n’aient été qu’éphémères. Imaginez un peu marcher sur le campus et voir des garçons aux pantalons sous le popotin et des filles aux chandails moulants, à cause qu’elles se l’attachent dans le bas du dos.

Un article dans Le Collectif

Oui, oui, un article dans le journal universitaire est en soi éphémère. Les chanceux qui me liront ne me liront que pour ces quelque 500 mots, après quoi ils iront snapchatter leurs amis la bouffe qu’ils sont sur le point de dévorer. Snapchat aussi est éphémère… la vie est éphémère… l’effet éphémère est éphémère… Ahhh, j’en ai une crampe de cerveau!


 

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