Est-ce enfin l’année des Raptors?

Par Christophe Lachance-Tardif

La période des fêtes est très captivante au point de vue sportif. En effet, la NFL termine son calendrier régulier et bien sûr, une dizaine de troupes prétendantes se préparent en prévision des séries et de là, vers la route du Super Bowl. Sur la glace, c’est également le moment de l’année où les équipes de la LNH tentent de se démarquer de leurs rivaux alors que nous entrons dans le deuxième quart de la saison. Il n’y aura pas juste sur la glace qu’il y aura de l’action ce mois-ci. Bien entendu, sur les parquets de bois, la NBA et ses formations s’engageront elles aussi, dans le second droit de la campagne. Les Raptors de Toronto, quant à eux, entameront l’année 2017 avec un sentiment d’accomplissement, puisqu’ils ont très bien performé depuis le début du calendrier. Est-ce que la saison 2016 sera finalement l’année où DeMar DeRozan, Kyle Lowry et DeMarre Carroll seront en mesure de faire vibrer the six avec une conquête de l’élusif trophée Larry O’Brien?

Nouvelle campagne, nouveau départ

Au début du mois de décembre, ils présentent une fiche de 14 victoires contre seulement 6 défaites. Un excellent début de saison pour les Raptors. La formation torontoise ne pouvait espérer mieux comme début de saison. Plusieurs experts ne savaient pas où donner de la tête avec la troupe de Dwayne Casey. Notamment en raison de la défaite en finale de conférence aux mains de Lebron James et des Cavaliers la saison dernière, qui avait laissé un goût amer dans la bouche des fans et des dirigeants de l’équipe. C’est extrêmement difficile dans tout sport professionnel confondu de bâtir et de maintenir une équipe compétitive saison après saison. Il était ardu de prévoir si le règne des Raptors tirait à sa fin, car après trois années consécutives à se faire éliminer en séries, rien n’est coulé dans le béton, surtout avec le départ imminent de l’agent libre vedette, DeMar DeRozan, un jeune ailler.

Plusieurs questions sans réponses entouraient l’équipe à l’intersaison

Après avoir renouvelé le pacte de l’ailier vedette, les Raptors n’ont pas fait beaucoup de bruit durant la saison morte. Il faut admettre que la mise sous contrat à long terme de DeRozan fut une agréable surprise autant pour les fans que pour la direction de l’équipe. Son départ immédiat était une réalité partagée par une multitude d’experts; DeRozan allait quitter la Ville Reine en direction de l’un des gros marchés américains tels que New York, Los Angeles ou Chicago. Sur papier, les Lakers de Los Angeles représentaient une destination de choix pour l’athlète de six pieds et sept pouces. Avec l’aire de Kobe Bryant maintenant une chose du passée, DeRozan, un natif de Compton en Californie, aurait sans aucun doute, été le joueur idéal pour remplacer le légendaire Bryant sous les projecteurs de l’une des franchises les plus notoires de la NBA. L’agent libre des Raptors a d’ailleurs complété son parcours collégial avec les Trojans de l’University of South California (USC). Le retour inattendu du numéro dix, pour un contrat de cinq saisons d’une valeur de 139 millions, envoie un message clair au reste de l’Association Nationale que les Raptors possèdent les pièces nécessaires pour être compétitifs et rivaliser avec les autres équipes de la NBA pour encore quelques années. Même avec le retour de DeRozan, la perte de trois vétérans notamment Bismack Biyombo (une arme incroyable autant en attaque qu’en défense durant le parcours en séries éliminatoires), James Jones et Luis Scola allait créer un grand vide au sein de l’alignement et dans le vestiaire, car les Raptors ont refusé de combler ces postes par le marché des joueurs autonomes ou par le biais d’un échange. La formation torontoise a choisi une option moins dispendieuse : colmater ses besoins à l’interne. Une décision qui semble excellente après une vingtaine de matchs cette année.

Des statistiques qui parlent d’elles-mêmes

Au moment d’écrire ces lignes, DeMar DeRozan et Kyle Lowry connaissent un début de campagne exceptionnel! L’ex Trojan est classé au cinquième rang dans l’Association avec une moyenne de 28,3 points par match alors que Lowry présente une moyenne de 20,6 points par rencontre. Ce dernier est d’ailleurs classé au huitième rang au chapitre des assistances par partie, soit de 7,3. Jonas Valanciunas, un colosse de sept pieds et 255 livres, connait également une saison productive avec une moyenne 9,6 rebonds par match ainsi qu’un pourcentage de 56 % sur la réussite de ses tirs. Ces statistiques démontrent bien l’efficacité de la formation torontoise alors que l’équipe entre en plein fouet dans le deuxième quart de la campagne. Il n’y a aucun doute, DeRozan et Lowry forment un des meilleurs backcourt de la NBA avec des chiffres qui les qualifieraient pour le prestigieux titre de MVP.

Le reste de la campagne s’annonce bien

Le reste du calendrier risque d’être captivant pour tous les amateurs de basketball canadiens puisque les Raptors se battent présentement pour le premier rang de la conférence de l’Est avec les puissants Cavaliers de Cleveland. Après avoir connu un début de saison du tonnerre, les Cavs ont ralenti et ces derniers se sont maintenant fait rejoindre par les Raptors au top de la grande division de l’Est. Si les Raptors restent en santé (ils ont été épargnés de ce côté-là jusqu’à maintenant), il n’y a aucune raison de croire que la formation du six ne sera pas en mesure d’effectuer un retour en finale de conférence contre ces mêmes Cavaliers. Malheureusement, il sera très difficile d’éliminer Lebron James et compagnie et s’ils y parviennent, les Warriors de Golden State les attendront de pied ferme dans l’Ouest. Armés de Kevin Durant, Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green, les Warriors possèdent quatre des vingt meilleurs joueurs de la NBA. Une équipe de rêve issue d’un jeu vidéo. Est-ce enfin l’année où le trophée Larry O’Brien séjournera au Canada? Si c’est le cas, les Raptors pourront crier haut et fort : « We the North »!


Crédit photo © raptorscage.ca

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