Edito-Campus-Vanessa_Racine-Le_sexe_vaut-il_le_risque-5_fevrier_2015-credit_Vanessa_Racine_1Par Vanessa Racine

« J’ai déjà essayé de prendre la pilule, mais même une alarme ne me rappelait pas de la prendre chaque jour. »

« Je n’aime pas la sensation des condoms, et mon copain non plus, donc nous avons opté pour une méthode plus naturelle, celle du calendrier. »

« Je sais que c’est risqué, mais aujourd’hui plusieurs méthodes existent en cas d’accidents, soit la pilule du lendemain ou même l’avortement. »

Voici quelques phrases dites par certaines étudiantes de l’Université de Sherbrooke, prises au hasard sur le campus principal.

En 2012, un rapport conduit par SIECCAN (Sex Information and Education Council of Canada) a déduit que près de 50% des étudiants universitaires n’utilisaient aucune méthode de contraception, incluant les condoms et la pilule contraceptive.

Même si le rapport n’inclut pas les raisons de ce manque de protection, les possibilités incluent le prix de certaines méthodes de contraception, la sensation du condom ou un manque d’éducation concernant l’utilisation adéquate des méthodes de contraception. Ces raisons peuvent amener un étudiant sexuellement actif à n’utiliser aucune protection malgré les risques connus.

Des ITS, il n’y en a pas au Québec

L’augmentation du nombre de cas d’infections transmises sexuellement devrait devenir la première préoccupation des étudiants qui n’utilisent pas de protection. Comme on le sait, de nombreuses infections n’ont aucun symptôme ou font surface plusieurs semaines après un premier rapport non protégé.

Par exemple, la chlamydia, qui circule beaucoup parmi les jeunes, est une maladie qui n’a aucun symptôme dans la majorité des cas. Un rapport de la Fédération canadienne pour la santé sexuelle a montré que près de 66% des personnes qui ont eu une chlamydia sont des jeunes entre 17 et 25 ans. « La chlamydia et la gonorrhée peuvent se guérir grâce à la prise d’antibiotiques. Alors les jeunes pensent que s’ils l’attrapent, ils peuvent se présenter dans une clinique, prendre leur pilule, et repartir sans aucune conséquence. » De plus, parmi la population étudiante, seulement la moitié des étudiants sexuellement actifs ont déjà réalisé un dépistage.

Il faut se le dire, le nombre de cas déclarés d’ITS augmente sans cesse, partout au Québec. En effet, selon Santé et Services sociaux Québec, 40 000 personnes reçoivent un diagnostic d’ITSS chaque année. Pour s’ajouter à ce nombre, 9 personnes sur 10 qui ont la gonorrhée l’ignorent, ainsi que 3 personnes sur 4 qui ont la chlamydia. Et ce ne sont que quelques chiffres. Vous commencez à comprendre l’ampleur du problème?

Le pire des scénarios

Mais alors que les ITS sont les plus grands risques des relations sexuelles non protégées, un manque d’éducation envers les méthodes de contraception amène de nombreuses complications.

Le Plan B est utilisé pour prévenir les grossesses après une relation non protégée ou l’inefficacité d’une autre méthode de contraception, en particulier lors de la rupture d’un condom ou l’oubli de la prise d’une pilule. Dans ce contexte, 43% des étudiantes déclarent avoir déjà eu recours à une contraception d’urgence comme celle-ci. Tandis que 3% des étudiantes ont déclaré avoir déjà eu recours à un avortement.

Le Plan B diffère de la pilule traditionnelle, car il n’est pas conseillé pour une utilisation régulière, dû à la présence d’une hormone qui prévient l’ovulation. « Vous créez un changement dans votre corps qui fait en sorte que l’implantation d’un ovule est impossible. À l’instant où vous créez ce changement trop fréquemment, votre système se débalance. »

Une étudiante de Sherbrooke a d’ailleurs utilisé le Plan B fréquemment en croyant que ça allait lui garantir tout risque de grossesse. Quand elle a commencé à remarquer que son cycle menstruel avait arrêté depuis plus de trois mois, elle est allée voir un médecin pour avoir des réponses à ce changement. C’est là qu’elle a reçu une réponse dévastatrice : « Je n’avais jamais réalisé à quel point la pilule du lendemain était forte, et ça m’a laissé infertile pour le reste de ma vie. » Elle explique : « Je n’avais malheureusement jamais eu de renseignements à propos du Plan B.»

Explorer les options

Selon SIECCAN, en 2012, 55,5% des Canadiennes âgées entre 20 et 29 ans utilisent le condom comme méthode de contraception. Mais, la pilule reste aujourd’hui la méthode de contraception la plus utilisée au Canada : 58,3% des étudiantes sexuellement actives déclarent l’utiliser. Il faut quand même savoir qu’il y a un déclin de la pilule chez les 20-24 ans constaté dans l’enquête, en expliquant que les femmes sont plus enclines à adhérer aux méthodes plus naturelles.

Sachez que plusieurs autres options sont disponibles, autres que les deux précédentes, et que différentes ressources pour les étudiants sont présentes directement sur le campus de l’UdeS, afin de vous aider à avoir une santé sexuelle optimale.

 

 

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