Et dire qu’avant on jouait sans casques

Par Sébastien Binet

Le sport est depuis longtemps un très bon moyen de garder la forme. Certains fréquentent les salles d’entraînement,  d’autres jouent au hockey. Une chose est sûre, les gens considèrent le sport comme le moyen le plus intéressant d’éliminer les quelques calories en trop. Cette activité représente toutefois une très grande source de blessures pour les sportifs professionnels ou amateurs. Dans le sport professionnel, les blessures font partie des risques du métier, mais à qui revient réellement la faute lorsqu’un joueur revient trop rapidement au jeu?

 

Les ligues pointées du doigt

Nous avons pu voir lors des dernières années que des recours collectifs, regroupant des milliers de poursuivants, ont été adressés à des organisations aussi importantes que la LNH ou la NFL. Ces recours collectifs, qui représentent des poursuites de plusieurs centaines de millions de dollars, visent à compenser financièrement pour les blessures à la tête que ces joueurs ont subies à répétition au cours de leur carrière. Les retraités reprochaient aux ligues respectives d’avoir trop longtemps minimisé les effets néfastes de commotions cérébrales à travers les années et d’avoir été tenus volontairement dans l’ignorance par leur ligue. Les autorités sportives, quant à elles, reprochaient aux joueurs de ne pas s’être informés eux-mêmes par rapport à des questions touchant leur propre santé.

La sécurité qui se pointe le bout du nez

Les dirigeants se sont donc retrouvés sur la corde raide et ont dû ajuster drastiquement les politiques de blessures à la tête dans les ligues sportives respectives. Par exemple, le baseball, qui n’est pas un sport où les commotions sont fréquentes, possède son propre système d’évaluations préventives. Heureusement, les médecins semblent maintenant détenir beaucoup plus d’autorité au niveau des blessures avec le feu rouge qu’ils peuvent donner aux entraîneurs concernant un joueur blessé. C’est donc dire que les propriétaires ont réellement pris du recul et semblent maintenant favoriser la réhabilitation complète d’un joueur plutôt que de l’encourager à jouer malgré une blessure.

Les autorités frappent où ça fait mal

La suspension de 41 matchs de Raffi Torres, un joueur de la LNH, peut aussi être prise en exemple lorsqu’il est question de démontrer que les ligues de sports de contacts ont sévi dans les dernières années. Ils veulent prendre des moyens de décourager les joueurs de poser des actions répréhensibles qui pourraient mener à la fin de carrière abrupte d’un joueur en santé. La ligue Junior AAA de hockey est aussi un exemple en matière de recul face à la violence. Cette ligue, qui regroupait parfois de puissants durs à cuire, attirait des foules immenses grâce à des parties où l’aspect physique était omniprésent. Les joueurs ont encore la possibilité de se battre, mais un combat entraîne maintenant l’expulsion automatique des deux pugilistes.

Ces règlements ne représentent que la pointe de l’iceberg puisqu’une bonne partie des ligues de bagarres ou de contacts au Québec ont modifié drastiquement la manière de traiter les mises en échec et les bagarres. Le sport restera toujours un sujet chaud dans la société d’aujourd’hui et certains penseront toujours que bon nombre de règlements mis en place contribueront à tuer le sport. Certains parleront des risques du métier, d’autres diront que rien n’est mieux que du «beau sport propre». Ce débat restera probablement toujours vif, mais les opinions divergentes contribueront fort probablement à ne jamais déclarer de gagnants sur la question.

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© Marianne Blouin Caron

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