Être indécis, mais aimer apprendre

Par Émilie Lalonde 

Etienne est un étudiant de l’Université de Sherbrooke avec un parcours atypique. Il a choisi de ne pas se conformer à la norme disant qu’il faut se spécialiser dans un seul domaine. En effet, il est inscrit à la fois à la Faculté de génie et à la Faculté des lettres et sciences humaines. Et si la Saint-Valentin, c’était ça aussi, célébrer toutes ses passions? Voici le portrait d’un jeune homme fort intéressant. 

L’éternel curieux

Etienne est un éternel curieux, mais aussi un indécis. Il m’avoue que ses plans de vie changent tous les mois ou presque. Au secondaire, il aimait beaucoup ses cours d’art, mais comme plusieurs autres jeunes adultes en devenir, il a décidé de s’inscrire au cégep en sciences naturelles. Même si le diplôme d’études collégiales qu’il a complété ne lui permettait pas assez d’exploiter son côté artistique, il décide de s’inscrire en génie civil. En fait, c’est un peu un dilemme qui le hante tous les jours (et même toutes les nuits) : la créativité ou bien les chiffres et les calculs.

Les chiffres et les calculs

Il est débarqué à Sherbrooke en 2014 en quête de nouveaux apprentissages. Elle est bien là, la cause de son indécision légendaire : sa grande passion pour l’apprentissage. Il a donc complété ses trois premières sessions en travaillant très dur. Toutefois, à la fin de celles-ci, il n’avait pas du tout envie de faire les stages. Une décision qui paraîtra étonnante pour la plupart des gens inscrits au programme coopératif! Etienne avait plutôt ce désir incessant d’explorer l’inconnu, d’aller à la rencontre de la nouveauté. Il voulait discuter avec des personnes d’autres horizons. Bref, il avait envie d’un autre paysage.

Le plaisir

C’est donc ainsi qu’il a décidé de remplacer ses quinze semaines de travail payé par une session en sociologie à l’Université Bishop. Lors de notre rencontre, Etienne m’a dit en souriant que nombreuses étaient les questions sur cette matière. « Qu’est-ce qu’on apprend en sociologie? », lui lance-t-on souvent. « À comprendre l’humain et ses interactions sociales, tout simplement. » Il s’agit pourtant d’un sujet vital, alors pourquoi ne pas l’étudier? C’est pourtant ça, la vraie question.

Toutefois, la réelle cause de cette inscription remonte à quelques années. En effet, c’est le professeur de cégep de philosophie d’Etienne qui lui aura donné la piqûre pour cette matière. Cet enseignant aura également teinté plusieurs autres de ses réflexions (vous le découvrirez bien assez vite dans la suite du texte).

Le jeune homme complète finalement sa session avec d’excellents résultats. Il faut dire qu’il ne se soucie pas le moins du monde de sa performance. Il sait qu’il est sur les bancs de cet établissement pour le plaisir et pour enrichir sa personne. Ceci semble cliché, mais c’est la vérité.

Le compromis

À l’été 2016, il est de retour à la Faculté de génie, mais il cherche toujours un moyen d’élargir ses horizons. Il feuillette la liste des cours des bâtiments voisins au sien, mais le processus semble si complexe. S’il s’inscrit à un cours qui n’est pas dans son cursus, il perdra ses cours à option. Il tente de trouver une façon d’avoir le meilleur des deux mondes. Puis, voilà! Après plusieurs coups de fil et rencontres avec différents responsables de programme, il devient officiellement membre de la Faculté de génie et de la Faculté des lettres et sciences humaines à l’automne 2017. Oui oui, il reçoit dorénavant les communications de l’AGEG et de l’AGEFLSH aussi diamétralement opposées puissent être ces deux associations!

Sa session actuelle est composée de sept cours, dont deux en art. Il doit absolument être discipliné pour réussir, mais c’est un bon compromis pour faire ce qu’il aime. Alors que j’ai de la difficulté à voir le bout de mon baccalauréat, Etienne terminera son certificat en arts visuels à l’hiver 2018 et son baccalauréat en génie civil à l’automne 2018. Sa mère n’arrête pas de lui dire de faire un choix, que ça lui coûterait inévitablement moins cher de frais de scolarité comme ça… Mais son choix est fait : il n’en fait pas!

Les deux mondes

Etienne progresse dans deux mondes tellement différents et son ancien professeur de philosophie soulève de nouveau la réflexion chez lui. Ce dernier était anglophone et francophone. Il n’était jamais totalement à sa place, puisque, dans les deux langues, il avait un accent. L’étudiant sait qu’il n’appartient pas totalement à l’une de ses deux facultés. Seules, elles ne lui correspondent pas entièrement, mais mises ensemble, si.

De toute façon, il a l’intention de faire rejoindre ses deux programmes en plein centre. Depuis quelque temps déjà, ses plans n’ont pas bougé – c’est un excellent signe! Il désire suivre des cours d’architecture. Eh oui, un autre baccalauréat! Alors, pourquoi ne s’inscrit-il pas tout de suite? Simplement, parce qu’il aime apprendre.


Crédit photo © Tim Arterbury

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