Être ou ne pas être responsable

Par Guillaume Marcotte

On dit qu’en tant que jeunes adultes étudiant à l’université, nous nous devons d’être responsables. Mais qu’est-ce que ça veut vraiment dire? Est-ce signer son nom sur un bail d’une année? Est-ce posséder une dizaine d’assiettes aux motifs vieillots, une laveuse sans distributeur d’assouplisseur incorporé et un four un peu bancal qui a connu la crise du verglas de 1998? Ou est-ce mener sa vie selon ses propres règles, indépendamment et avec la frivolité de l’automne? On vieillit vite, qu’on le veuille ou pas!

C’est fou, non? Il y a de cela peu de temps, la maison de nos parents était notre seule et unique résidence. Aujourd’hui, elle n’est qu’un lieu de passage, une échappatoire l’espace de la semaine de mise à jour. Et pourtant, n’est-ce pas ce qui était le plus excitant jadis? De voler de nos propres ailes parce que the sky is the limit. De partir le cœur dansant la gigue du stress pour d’autres horizons. De tourner cette page lourde d’apprentissages et de souvenirs qu’est celle de l’adolescence. N’est-ce pas en quittant le nid familial que l’on devient responsable?

Selon le Larousse, la responsabilité est «de se porter garant de ses actions ou de celles des autres». Par conséquent, on devient un adulte responsable à la minute où notre sort relève de nos propres actions. C’est lorsque l’on doit travailler pour le Kraft Diner fumant que l’on mange à l’aide d’une cuillère en plastique à cause d’un manque de vaisselle propre que l’on est responsable: maman ou papa ne sera pas là au détour pour venir ramasser le linge sale, pour frotter le rebord de la toilette ou pour ranger les mille et une bottes inondant l’entrée. C’est la liberté totale, mais c’est aussi le cheminement du solitaire. C’est ne pas trop savoir ce qu’on fait, mais le faire quand même. C’est essayer de jongler avec ses responsabilités, mais tenter de ne pas passer pour un clown.

Il s’agit aussi de porter ses convictions comme si elles étaient de nouveaux vêtements; avec assurance, mais avec souci de ne point les salir. Il s’agit de s’impliquer dans une société que l’on désire rendre meilleure. Il s’agit de faire entendre sa voix, de se responsabiliser en tant que citoyen et non pas de se dire qu’un hurlement de plus parmi la cacophonie n’augmentera que le bruit.

Peut-être est-ce commun de nos jours de posséder un baccalauréat, mais il faut se rappeler que ce n’est pas la majorité qui se rend jusqu’à cette étape. Ainsi, je crois que le but de l’article est de rappeler à la communauté universitaire que le privilège de l’éducation supérieure est aussi une responsabilité. Que tu sois de la Faculté de génie, de la Faculté des lettres et sciences humaines ou du Campus de la santé, nous sommes le futur et c’est là que réside notre vraie responsabilité: d’apprendre des erreurs de nos grands-parents et parents pour améliorer notre Québec, un projet à la fois. C’est ça être responsable: prendre en main ce demain qui est bien nôtre. Ce n’est pas un trois et demie et quelques électroménagers.


© Rodrigue Turgeon

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