Les étudiants de l’Université de Sherbrooke aux portes d’Anticosti : colloque sur le développement régional de l’île

Par Dorian Paterne Mouketou

Dans le cadre du cours Anticosti : enjeux et débats, 12 étudiants de l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke franchiront, du 29 mai au 8 juin, 1000 km pour organiser un colloque sur l’île, après des analyses et des entretiens avec des acteurs clés. Ce colloque se veut un moyen de trouver un consensus entre tous les acteurs clés du dossier, en plus de permettre de rendre l’information plus accessible et plus vulgarisée au public.

Une île, beaucoup de convoitise

L’île d’Anticosti n’a jamais cessé de susciter un vif intérêt chez grand nombre de gens. Que ce soit les gouvernements du Québec et du Canada, les chercheurs, les investisseurs et pétroliers en passant par les groupes environnementaux, tous ont un compte à tenir sur l’île située au nord du Québec. Certains veulent explorer et extirper les richesses de l’île, d’autres tentent de préserver celle-ci contre l’exploitation pétrolière, alors que beaucoup sont des étudiants et des chercheurs qui mènent des travaux sur l’île. Parmi eux figurent les étudiants de l’Université de Sherbrooke qui parcourent 1000 km dans le désir d’animer un colloque. Mais sur quel sujet au juste?

De la consultation des acteurs clés à l’animation du colloque

Le plan de match étant de remonter jusqu’au nord du Québec, les étudiants désirent consulter les acteurs clés afin de monter un colloque sur l’île. Dans quel but? « Ce qui est important avec ce cours, c’est qu’on vise à comprendre […] comment le décideur public peut prendre une décision en essayant de satisfaire le maximum de personnes et de concilier leurs idéologies parfois très différentes », a d’abord voulu préciser Guillaume Lévesque, étudiant à l’École de politique appliquée et candidat à la maitrise en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques. Il est donc important de consulter tous les acteurs impliqués dans le dossier de l’île, lesquels sont en conflit sur les enjeux économiques, politiques et environnementaux. « Dans ce cadre-là, on va autant aller voir les groupes environnementaux que des politiciens [autant] à Québec que par exemple à Montréal, pour le conseil du patronat. Donc chaque fois, on va essayer de faire ce type de balance entre des groupes qui seraient enclins à être plus favorables à une transition énergétique bas carbone – donc quitter l’utilisation des énergies fossiles – que vers des organismes ou des personnes qui sont plus favorables à ce genre de projet qui peut rapporter, d’un point de vue économique, énormément d’emplois et de profits. »

Réunir les acteurs clés et rendre l’information plus accessible

C’est l’idée soulevée par Guillaume Lévesque : rencontrer tous les acteurs clés du dossier et voir comment le décideur public peut prendre une décision pouvant satisfaire les antagonistes sur l’île d’Anticosti. Ils sont autant des groupes autochtones vivant sur l’île, des groupes de patronat, le gouvernement lui-même que des groupes environnementaux. Le colloque, qui ne veut pas une étiquette de colloque d’experts scientifiques, va tenter d’expliquer la situation, « quel est notre point de vue en tant qu’étudiants sur le terrain », stipule Guillaume. Seront sur place quelques représentants de comités de vigilance sur le terrain par rapport au dossier, le maire de l’île d’Anticosti, John Pineault, certains professeurs, dont Mme Annie Chaloux et Mme Isabelle Lacroix, toutes les deux de l’École de politique appliquée. Le colloque sera encadré par les étudiants de l’Université de Sherbrooke, qui ont le souci de la vulgarisation du dossier Anticosti, qui est très complexe d’après eux.

Anticosti : enjeux et débats

Le cours Anticosti : enjeux et débats a été monté par les étudiants de l’École de politique appliquée (EPA) de l’Université de Sherbrooke, ayant comme mentor M. Hugo Séguin, chargé de cours. À l’origine, ce cours s’axait sur l’enjeu par-dessus tout pétrolier, dans un contexte où Pétrolia, une société québécoise d’exploration pétrolière, avait signé depuis 2014 un contrat avec le Parti québécois visant à explorer du pétrole sur cette île du nord du Québec. Après que les acteurs opposés à l’exploitation pétrolière de l’île aient soumis le dossier au patrimoine de l’UNESCO, le gouvernement libéral de Philippe Couillard a appuyé l’idée que l’île d’Anticosti devienne un patrimoine mondial de l’UNESCO. Le cours du dossier étant changé, les étudiants de l’EPA ont donc aussi changé l’axe du cours, afin de se concentrer sur le développement régional, étant donné qu’il n’y aura pas d’exploitation pétrolière pendant quelques années. Cette approche servira donc de base pour étudier les autres possibilités pouvant s’appliquer à l’île.

Le développement régional de l’île

Le Collectif s’est entretenu avec Guillaume Lévesque afin de comprendre les aspects visés par les étudiants dans un contexte de développement régional de l’île. Le premier enjeu, d’après Guillaume, est la subvention dont les habitants de l’île d’Anticosti ne bénéficient pas, notamment en matière de transport. Cette situation rend difficile le déplacement sur l’île. L’enjeu énergétique est tout aussi important puisque l’île n’a pas d’autonomie en matière énergétique par rapport aux autres villes du Québec et du Canada. Cette dépendance ne bénéficie pas aux habitants et au développement de l’île. Il faut noter que l’île d’Anticosti ne compte pas plus de 300 âmes, tellement sa population a chuté en quelques années. Les projets sont donc mis de l’avant pour redorer la beauté de l’île et attirer le plus de personnes possible.


Crédit Photo © Sepaq

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