Exposition d’art contemporain

Par Lydia Santos

 

Connue par certains et inexplorée pour d’autres, la Galerie d’art du Centre culturel de Sherbrooke est un lieu à découvrir. Présentement, deux expositions sont ouvertes au public : Le mois de la photo et Violon d’Ingres. Toutes deux sont présentées jusqu’au 17 octobre 2015.

Le mois de la photo

Ce salon principal propose des photographies d’artistes québécois, ou d’ailleurs, qui se sont établis au Québec. Thèmes et techniques libres, voilà la beauté de cette exposition.

Lorsqu’on entre, un tableau rosé attire notre œil vers la gauche. Il s’agit de l’œuvre Roseale (1999) de l’artiste montréalais Holly King. Il a combiné le monde de la photographie à celui de la peinture. Cette image, provenant de la série Forest of Enchantment, est composée d’une maquette de falaise rocheuse au bord de l’eau, faite de plastique, dont le ciel a été peint. De loin, il est difficile de deviner cette technique puisque le travail est réaliste.

L’œuvre voisine m’a également marquée : une partie de la série Jane’s Journey (2007) de Bonnie Baxter de Val-David (Québec). Trois photographies d’une femme blonde, présentant son dos, forment un seul cadre. La femme regarde divers paysages désertiques qui rappellent le Grand Canyon. Les couleurs sont tout simplement superbes, à mon avis. Le ton foncé est jumelé aux couleurs vives qui sont saturées. Cela donne un effet tempétueux.

Coups de cœur

L’artiste, dont les œuvres m’ont le plus impressionnée, est Bill Vazan (Montréal). Les sept cadres présentent différents endroits en photo, mais pas de manière conventionnelle. Le tout est constitué par des négatifs. L’assemblage des petits encadrés permet, sous forme d’une prise de vue panoramique, de créer le paysage qu’il a devant lui.

Finalement, le point incontournable est le clin d’œil à la noble carrière de monsieur André Le Coz (France). La galerie présente ses photographies d’acteurs d’ici, prises avant 1995. Nous pouvons admirer de grands noms de la scène québécoise comme celui de Guy Nadon, ou encore Gaétan Labrèche.

Violon d’Ingres

La seconde exposition fait référence au peintre Jean Auguste Dominique Ingres (France, 1780-1867). Le concept est simple. Cet homme consacrait beaucoup de temps à jouer du violon. Cela était sa deuxième passion. On dit maintenant des gens qui exercent des activités parallèles avec passion et talent qu’ils ont un violon d’Ingres. Pour incarner cette expression, des membres du personnel de l’Université de Sherbrooke exposent leurs œuvres à la Galerie d’art. Peintures, photographies, sculptures, poèmes et bijoux ornent les murs de l’exposition.

Pour en nommer quelques-uns…

René Houle (chargé de cours à la Faculté d’administration et coordonnateur à l’admission au programme de médecine), expose trois photographies d’escaliers en noir et blanc. Je peux vous dire que les angles utilisés font ressortir le sujet, qui peut sembler banal, en art.

Jarek Letowski (microbiologiste et coordonnateur des travaux pratiques et supervision des apprentissages à la Faculté des sciences) fait découvrir ses talents de peintre avec la toile poignante Le portrait de la femme qui n’avait pas besoin de son visage.

Ginette Longpré (directrice administrative, communication et ressources humaines à la Faculté d’éducation) dévoile des textes contemporains inspirés par des événements d’actualité.

Francine Provencher (architecte et directrice de la Planification et du développement durable au Service des immeubles) dénude des sculptures représentatives des hommes et des femmes.

Somme toute, plusieurs autres artistes, que ce soit des Québécois ou ceux qui se cachent parmi le personnel de l’UdeS, méritent d’être découvert à l’occasion de ces parcours d’art contemporain.


© South West, Jane's Journey series

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