Fabien Cloutier

Crédit photo © Fabien Cloutier site officiel

Par Lydia Santos

Vous le connaissez peut-être pour son personnage du chum à Chabot dans les pièces de Scotstown ou de Cranbourne, pour son personnage dans Les beaux malaises ou bien dans Boomerang… Ses projets au théâtre, à la télévision et au cinéma font de lui un artiste émergent. Cet acteur, auteur (récipiendaire du Prix littéraire du Gouverneur général (Pour réussir un poulet) en 2015) et humoriste nous parle de son parcours et de son nouveau one man show Assume.

« Quand j’étais ado, j’écoutais RBO, les Bleu Poudre. J’ai aimé beaucoup l’humour pendant plusieurs années. Là, je suis rentré au Conservatoire en théâtre et on dirait que c’est sorti de ma vie. […] Le fait d’avoir fait des solos comme Scotstown et Cranbourne […] m’a donné le goût de délaisser ce personnage parce qu’il m’obligeait à voir certains événements ou certaines réalités par son œil à lui. J’avais envie d’élargir les possibilités donc je me suis dit “Je pense que je peux y aller en mon nom”. […] J’ai fait un premier labo en 2013. J’ai eu le temps d’écrire, j’ai eu le temps de revenir et d’essayer des choses. Il fallait que je passe par là. »

Après avoir discuté de son personnage du chum à Chabot, il décrit Fabien Cloutier l’humoriste. « […] Je ne suis pas aussi posé sur scène que dans la vie de tous les jours, pis j’aime ça que le monde ait à se poser la question “OK, est-ce que Fabien pense comme ça?” Des fois je dis complètement ce que je pense pis des fois je suis complètement dans le contraire. Je n’ai pas envie de dire au monde “quand”, je n’ai pas envie de me confier […] et de raconter des anecdotes sur ma vie personnelle. Ce n’est pas mon univers. »

Démystifier le mythe

« Un moment donné, je m’adresse à un spectateur et je l’appelle Jacquelin. Pour moi, c’est pas tout le public. J’avais envie d’imaginer un spectateur qui est là ce soir et qui arrive avec ses idées et qu’il espère telle chose. Je me sers de Jacquelin pour dire “t’as beau arriver ici en espérant ça, pis en voulant te changer les idées, mais ça reste que c’est moi qui vais mener”. Je ne changerai pas mon programme et qui je suis pour être sûr de plaire à chacun. »

Prendre position

Selon toi, qu’est-ce que le Québécois n’assume pas?

« Je trouve qu’on n’assume pas le débat, on se sauve des débats. L’opinion publique envoie un paquet d’opinions d’un coup pis il y a les pour, il y a les contres, la gauche, la droite et tout ce monde-là donne ses arguments et on dirait que le réel débat de société n’a pas lieu. Tout le monde parle fort pendant un certain temps pis après on passe à un autre appel […] jusqu’à la prochaine fois où on tape sur un clou sans vraiment prendre le temps de se poser la question concrètement et d’en discuter pour vrai. Je trouve qu’on n’assume pas qu’un débat puisse être saint. […] Je suis prêt à entendre les arguments des autres. On n’est pas obligé d’être d’accord avec tout le monde. »

Qu’est-ce qui t’a pris du temps à assumer?

« En sortant de l’école […], je venais de dire oui à un show de théâtre, une affaire que j’aimais beaucoup et là tout était signé et j’ai décroché un rôle à la télé dans une série. […] Ce jour-là, j’ai eu à choisir. J’ai un projet que j’aime beaucoup, pour lequel j’ai dit oui, sur lequel j’ai donné ma parole versus un projet qui est très payant. J’ai choisi de continuer avec le projet que j’avais. Ce qui fait que cette journée-là, j’ai pris une décision qui a nourri le reste de ce que j’ai fait parce qu’il y a un paquet de choses que je n’aurais pas découvert. Je pense que j’ai fait le bon choix ce jour-là. »

Bref, avec toutes ces affirmations (et celles que je n’ai pas pu ajouter), Fabien Cloutier est un artiste droit, posé, qui oui s’assume, mais qui se démarque par son authenticité.


 

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