Faire comme tout le monde, c’est ce que tout le monde fait

Societe-Vanessa Racine-Faire comme tout le monde-31 mars 2015-credit gouv.qc.caLe monde, les gens, la masse, la société… personne ne se sent vraiment concerné lorsqu’on commence une phrase de cette façon. Nous nous croyons tous uniques et assez réfléchis pour ne pas faire partie de ces groupes auxquels, apparemment, bien des gens appartiennent.

Par Vanessa Racine

La plus belle chose qu’on m’ait dite dans la vie venait d’une personne âgée, ma grand-mère. Quand elle était à l’hôpital dernièrement, en train de songer à sa vie, elle m’a dit :

« Je ne suis pas inquiète pour toi. »

Ça m’a donné espoir. J’ai toujours su que j’allais bien m’en tirer dans la vie, mais parfois, quand le chemin qui nous appelle est un peu différent, les gens autour de nous sèment le doute et nous font presque croire que c’est plus sécuritaire de faire comme tout le monde. D’ailleurs, tout le monde, c’est qui au juste? Qu’est-ce que faire comme tout le monde? Il me semble que j’ai toujours eu l’impression que chacun de nous faisait quelque chose de différent.

La masse en général

Personne ne se sent vraiment concerné quand on parle de la société ou de la masse en général, pourtant c’est d’un commun accord que certaines conclusions peuvent être tirées sur certains groupes.

Par exemple, on dit que les gens qui déménagent en banlieue, qui achètent une belle maison, une belle voiture, qui ont des enfants et qui se tapent le trafic des ponts pour aller travailler dans la grande ville sont pris à la gorge avec les paiements. Ils sont obligés de faire de longues heures et ont plus de soucis financiers que ceux qui ont choisi un confort moindre. Toutefois, bien peu de gens qui demeurent en banlieue lèveraient la main et diraient :

« C’est tout à fait moi, ça! »

À moins que je ne me trompe, personne ne s’attend à rien de nous, à part nous. C’est preuve que nous sommes tous dans le même bateau et qu’il n’y a pas vraiment de recette miracle pour accomplir de grandes choses. Peut-être qu’il faut moins forcer les trucs et se dire que les gens agissent quand ils sont prêts, à leur propre rythme. Certains sont plus lents, d’autres plus vites, mais la meilleure manière de faire les choses demeure la nôtre.

Des dépendances normales ?

Les dépendances socialement acceptables sont parmi les plus dures à se départir. Beaucoup de gens regardent trop la télévision, l’Internet et leur téléphone. Personne ne se sent visé par contre. C’est considéré comme normal et on a tous l’impression que l’on peut arrêter quand on veut. Se discipliner pour la télévision en gardant son téléviseur dans le salon pour le cinéma du vendredi, c’est comme un alcoolique qui garde de l’alcool à la maison pour les invités. On se permet toujours une petite demi-heure comme on se permet une petite gorgée. Ce n’est jamais vraiment les invités qui finissent les bouteilles.

Tous ceux qui se départissent d’une dépendance ne semblent jamais le regretter, mais encore faut-il admettre que c’en est une. Quand l’alcool était illégal, c’était plus facile pour un alcoolique de savoir qu’il avait besoin d’aide. Maintenant que c’est permis, on peut boire tous les jours sans être alcoolique et on peut écouter la télé tous les jours sans être dépendant. Nous sommes la première génération à passer notre vie devant les écrans. Qui sait, peut-être que plus tard, il y aura des lois qui définiront ce qu’est une consommation malsaine.

Parler des gens avec des généralités, des stéréotypes et des perceptions, c’est comme ne parler de personne, c’est comme ne rien dire.

Faire comme tout le monde, c’est faire à sa propre manière, car c’est en réalité ce que tout le monde fait.

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