Femme ta gueule : Mariana Mazza se raconte et confronte

Par Judith Doré Morin

Entamé à l’automne 2016, le premier one-woman-show de la Montréalaise Mariana Mazza attire encore les foules. Vendredi dernier, la salle était comble au Centre culturel alors que l’humoriste était à nouveau de passage à Sherbrooke. Comme quoi celle qui entame une dernière année de tournée québécoise avec Femme ta gueule n’est pas prête à se taire.

Si le contenu du spectacle reste sensiblement le même au fil des mois, les interactions de l’humoriste avec le public en font une prestation unique à chaque fois. Elle pose des questions, engage la conversation, insulte et complimente. Si son humour peut en déranger certains, elle constate que son spectacle attire chaque fois jeunes et moins jeunes. C’est d’ailleurs ce qu’elle a constaté lors de son arrivée sur scène, en observant l’assemblée. Si Sherbrooke est reconnu pour être une ville étudiante, il semble que sa population soit vieillissante.  De toute façon, comment un budget étudiant pourrait-il permettre d’acheter des billets pour son spectacle?

Un spectacle qui s’adapte au public

Ce vendredi, avec une équipe d’animation de camp de jour assise dans les premiers rangs et pratiquement l’ensemble des membres du club social de l’usine de caoutchouc de Waterville au balcon, Mariana Mazza disposait de beaucoup de contenu pour improviser. À ces groupes s’ajoutent les interventions de la coiffeuse, assise près d’une famille dont l’humoriste essaie de comprendre les liens de parenté, ainsi que de l’homme anonyme assis plus loin dans la salle.

Vers la fin de son spectacle, qui a duré près de deux heures, Mariana Mazza s’est adressée également aux plus jeunes, présents malgré le fait que le spectacle soit 16 ans et plus. Sans pouvoir prétendre faire leur éducation sexuelle en une soirée, elle les a tout de même invités à engager la discussion avec leurs parents, à poser des questions, à apprendre à connaître leur corps et à s’accepter.

Une humoriste vraie et énergique

Confiante, authentique et percutante, c’est ce qui définit la présence de Mariana Mazza sur scène. Avec énergie, elle aborde sans coupure et sans censure différentes thématiques que trop tiennent sous silence : célibat, menstruations, fellation, masturbation au féminin. L’humoriste présente, sans complexe, sa quête d’acceptation d’elle-même et de sa féminité, considérant son taux de testostérone plus élevé que celui de son idole Éric Lapointe. Elle observe d’ailleurs que ceux et celles qui la croient lesbienne se trompent, elle est plutôt gai. Célibataire, elle rassure le public sur le fait qu’elle ne perd pas espoir et qu’elle « envagine » tout de même bien des hommes.

Son humour cru et provoquant, ainsi que sa présence énergique, lui ont valu une importante reconnaissance dans le monde de l’humour. Déjà, en 2015, son numéro Sable dans le vagin devient viral et lui vaut de remporter le Numéro d’humour de l’année au Gala les Olivier l’année suivante. Avec Femme ta gueule, Mariana Mazza s’est vu décerner, en 2017, le Félix du Spectacle d’humour de l’année au Gala de l’ADISQ ainsi que l’Olivier de l’année.

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