Les femmes et le sport : au-delà de l'image corporelle

Par Marianne Myre-Bourgault

Certaines idées, socialement construites, ne facilitent pas l’intégration des femmes dans le milieu du sport. Au Canada, une fille sur deux abandonnerait l’activité physique à la puberté. Pour faire suite à une conférence, donnée dans la cadre du cours de psychologie sportive au programme de kinésiologie, Le Collectif a fait la rencontre de Maïté Bouchard, championne canadienne au 600 m, afin qu’elle nous parle de la réalité d’être une athlète féminine.

La quête d’un idéal corporel

L’étudiante en médecine dénonce les attentes corporelles démesurées face aux athlètes féminines de haut niveau : « C’est comme si avoir certains muscles c’est correct, comme des abdos ou des muscles fessiers, mais des épaules et des bras musclés, ça ne l’est pas. » En raison de ces idées préconçues, elle ajoute que certaines femmes pourraient se voir freinées de participer à des sports qui développent davantage les muscles du haut du corps. Malgré l’arrivée de la mode du « fitness » ces dernières années, elle rappelle que « ce que les filles oublient souvent, c’est que tu ne peux pas être “fit” 100 % de l’année. Il y a des périodes que oui, c’est là que tu l’es vraiment plus, mais ce n’est pas quelque chose que tu peux tenir toute l’année ». Maïté s’appuie entre autres sur les propos de Trent Stellingwerff, un physiologiste canadien, qui a suivi la composition corporelle d’une athlète, démontrant que celle-ci fluctue au courant de l’année. Elle nous rappelle d’ailleurs que « les photos qu’on voit dans les médias sont généralement prises durant les compétitions, lorsque les filles sont à leur meilleur, mais ce n’est pas tout le temps comme ça ».

L’adoption d’une alimentation saine

Pour les athlètes de haut niveau, chaque élément compte dans la balance, il est important de maintenir une alimentation saine. Maïté souligne que la ligne est mince entre les comportements équilibrés et les comportements nocifs pour la santé. Elle insiste que le soutien de l’entourage constitue une variable clé dans la vie des athlètes féminines. De plus, elle mentionne l’expérience de Bobby Clay, la championne européenne de 20 ans qui a lutté contre des troubles alimentaires, suivis de l’aménorrhée et de l’ostéoporose. Cette jeune femme rapporte avoir constamment été autour de ceux qui, malheureusement, étaient à la portée d’une relation malsaine avec la nourriture. Selon Maïté, son histoire permet de comprendre l’influence du groupe d’entrainement et de l’entraineur.

L’acceptation des changements physiologiques

L’étudiante-athlète a commencé l’athlétisme au moment où beaucoup de filles ont pris leur retraite. En effet, lors de la transition entre le secondaire et le cégep, beaucoup de changements corporels surviennent. L’apparition de courbes féminines, ainsi que la prise de poids peuvent occasionner une baisse de performance, puisque le corps doit s’adapter. Ces éléments peuvent alors décourager des filles à poursuivre l’entrainement. De plus, la contraception orale, une réalité que les garçons n’ont pas à vivre au quotidien, peut occasionner une prise de poids dans certains cas. « Lorsqu’on est athlète et que tout est calculé, la contraception vient faire entrer une variable inconnue dans l’équation. » Maïté souligne que malgré les difficultés rencontrées lors de cette période, tous les efforts fournis vont inévitablement porter leurs fruits.

Les conseils d’une athlète d’élite

Évidemment, il est encouragé que toute personne pratique du sport au quotidien. Maïté encourage donc les filles autant que les garçons à s’engager dans une activité physique et de ne pas tenir compte des préjugés qui peuvent y être associés. Son truc? « C’est vraiment de se créer une bulle de confiance et de ne pas se laisser atteindre par les commentaires. » D’ailleurs, avec les réseaux sociaux, cela peut devenir très facile de se comparer. Il devient donc important de considérer les photos que l’on voit à tous les jours avec détachement. Enfin, Maïté suggère de ne pas se placer dans une position qui favorise la comparaison et de s’entourer de gens qui adoptent des comportements sains.


Crédit Photo ©  Flo Track

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