Et si la fidélité se négociait?

Par Sébastien Binet

Maintenant que la date des transactions est passée, la saga Jonathan Drouin va certainement continuer de faire couler beaucoup d’encre dans le monde du hockey. Qu’adviendra-t-il de ce joueur à qui on vouait un brillant avenir et qui, à 20 ans, a décidé de tourner le dos à l’équipe qui l’avait repêché durant l’encan de 2013? Évidemment, le jeune joueur n’est pas le premier à vivre ce genre de situation et l’infidélité dans le sport ne date pas d’hier.

À travers les ans, il a été donné de voir à plusieurs occasions des joueurs refuser de se rapporter à l’équipe qui les avait repêchés. Problèmes d’égo de la part des joueurs ou situations justifiées, il est toujours difficile de l’affirmer, mais lorsqu’un joueur a connu des années incroyables au niveau universitaire ou junior, il est probablement bien difficile d’avoir les deux pieds sur terre.

Les jeunes de demain qui changent les stratégies d’aujourd’hui

Il existe plusieurs exemples, mais tout près d’aujourd’hui on peut se rappeler d’Eli Manning qui avait affirmé avant le repêchage qu’il ne voudrait jamais jouer pour les Chargers de San Diego qui détenaient le premier choix au repêchage de l’année 2004. Cette situation a donc démontré que les joueurs, malgré leur jeune âge, avaient le pouvoir d’influencer la stratégie d’une équipe même avant d’avoir atteint les grandes ligues. On peut aussi se souvenir du cas Lindros. Les parents et l’agent de celui-ci avaient tellement fait de pression sur la jeune sensation que celui-ci avait finalement pris la décision de ne jamais se rapporter aux Nordiques de Québec qui avaient fait de lui leur premier choix de 1991. Ces décisions sont souvent influencées par le fait que les joueurs considèrent que ces organisations ne les aideraient pas à bien se développer.

La fidélité devient bien secondaire quand on sort le portefeuille

Les cas de Lindros et de Manning sont relativement isolés dans le sport professionnel nord-américain. Toutefois, de nos jours, l’infidélité ne revêt plus le même visage qu’avant. Bien rares sont les Nicklas Lidström ou bien les Chipper Jones de ce monde qui restent fidèles à l’organisation qui leur a donné leur première chance, et ce, tout au long de leur très longue carrière. Des sports comme le baseball, où la masse salariale est inexistante, laissent place à des injustices qui favorisent normalement les équipes les mieux nanties qui peuvent se permettre d’offrir les gros contrats pour signer les joueurs tant convoités lors des périodes d’agents libres. L’argent peut parfois délier bien des consciences, mais elle démontre surtout qu’elle n’encourage que bien rarement la fidélité des joueurs qui, avec les années, préféreront bien souvent quelques centaines de milliers de dollars à une relation à long terme avec leur premier amour.


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