Les filles, ça joue avec les filles pis les gars, ben ça joue avec les gars

Par Sébastien Binet

Le sport professionnel, c’est stéréotypé. Les sportifs marient les plus belles femmes parce qu’ils ont le choix. Ils découvrent une panoplie de villes partout tout le temps, ils vivent la vie des gens riches et célèbres, bref la vie qui en fait rêver plus d’un. En fait, c’est le moule dans lequel on les imagine. Mais il arrive quoi quand on est de forme carrée et que le moule est seulement en étoile?

Le sport, c’est formateur. On apprend à travers le sport, on bouge, on rit, on s’amuse et parfois même on se découvre. On découvre la personne que nous sommes vraiment. Celle qu’on veut que les gens voient, celle qu’ils apprennent à connaitre. Le sport, c’est aussi un milieu qui existe depuis toujours et malheureusement, depuis toujours, le sport est homophobe et sexiste. On ne peut y échapper. Et cela fait peur.

Ça prend un premier en tout

L’hétéronormativité, c’est palpable partout dans le sport, mais dans des ligues universitaires et professionnelles de sport, ce serait un peu se mettre la tête dans le sable que de penser que tous les sportifs qu’on admire et qu’on voit jouer sont tous hétérosexuels. C’est le cas du jeune joueur de basketball universitaire Derrick Gordon qui a été le premier joueur ouvertement homosexuel à participer au très connu tournoi du March Madness aux États-Unis. Le chemin n’a toutefois pas été facile pour lui, mais il aura finalement eu le courage de s’afficher tel qu’il était dans un monde qui ne semblait pas vouloir de lui.

Une route qui s’annonçait périlleuse

On ne se découvre pas homosexuel en se réveillant le matin. On nait ainsi, on ne le devient pas pour faire plaisir à ses parents. Mais l’homosexualité dans le sport, ça fait peur. Tellement que Gordon est devenu une autre personne. Une personne qui avait en partie été façonnée par le sport qui redevenait soudainement quelqu’un d’autre parce que la majorité des gens dans son existence en tant que joueur universitaire de basketball n’acceptaient pas son orientation. Du moins, c’est ce qu’il croyait. C’est ce que tous croient. Il existe encore des tabous et ils font peur. Et pourtant. Gordon a longtemps vécu dans l’ombre par peur de ne pas être accepté. Il reniait la personne qu’il était réellement parce qu’il croyait que le monde du sport ne l’accepterait jamais. Il en a eu assez. Et il a foncé. Et ça a payé.

Il est maintenant un joueur qui s’affirme pleinement. Il peut désormais être fidèle à sa personne. Malgré le fait qu’il ne joue pas un rôle majeur dans les succès de son équipe, son leadership et son expérience lui permettent d’être un leader significatif pour ses coéquipiers parce qu’après tout, ce n’est pas son orientation qui définit sa personne. Elle fait partie de lui certes, mais le sport d’équipe l’aura aidé à devenir celui qu’il est aujourd’hui, Derrick Gordon à part entière. Après tout, le sport, c’est homophobe, mais le sport il est ouvert, c’est aussi un des meilleurs formateurs. Pour être un bon coéquipier, il faut être bien avec soi-même. Un esprit d’équipe, ça se bâtit ensemble, parce qu’une équipe, ça commence par la somme de chaque individu pris au singulier. Ramener le groupe à une personne pour former collectivement un meilleur ensemble. C’est simple, non?


Pour lire l'article de notre chef de pupitre sport Sébastien Binet, cliquez ici!

Partager cette publication