Fini le gaspillage

Par Émilie Lalonde

Lors d’une conférence se déroulant à la dernière édition du Salon de l’engagement étudiant, l’organisme à but non lucratif, Frigo Free go, annonçait une bonne nouvelle. L’Université aura, elle aussi, un réfrigérateur libre-service!

Un réfrigérateur libre-service est un espace commun où les commerçants et les restaurateurs déposent leur surplus alimentaires. C’est un endroit où la communauté peut aller se servir en aliments (légumes, fruits, céréales et ses dérivés) évitant ainsi le gaspillage. En effet, si l’on a besoin de tomates et qu’il y en a dans le frigo partagé avec nos concitoyens et concitoyennes, on évite à une autre personne de les jeter! Comme le mentionne Sondès Allalagente de revitalisation socioéconomique pour la corporation de développement économique communautaire de Sherbrooke (CDEC) : « Les déchets des uns deviennent les ressources des autres. »

Sur la rue Wellington Sud

Un premier frigo libre-service a été installé dans la ville cet été sur la rue Wellington Sud. Ce projet venait d’un mandat bien précis de la CDEC. Il fallait dynamiser le territoire plus pauvre à Sherbrooke. « Une rue sépare ces deux mondes-là », déclare madame Allal en faisant référence à la rue King qui coupe Wellington en deux sections. Du côté nord : les restaurants haut de gamme et les bureaux. Du côté sud : la pauvreté et l’itinérance. En fouillant un peu, la corporation a trouvé l’idée du frigo, une initiative se basant sur l’économie de partage qui a démarré à Berlin. En plus, d’avoir une éthique environnementale, le projet permettait à des foyers de se nourrir.

Plusieurs autres raisons se sont ajoutées en faveur de la mise sur pied du projet. D’abord, au Canada, une personne jette l’équivalent de 771 $ de nourriture par année. De plus, au cours de 2016, les fruits, les légumes et le pain sont les aliments ayant connu la plus grande augmentation de prix. Les gens avec des moyens réduits coupent forcément dans ce qui est trop dispendieux. Résultat? Il est difficile d’avoir un régime équilibré dans ses conditions.

Durant la saison estivale, le projet pilote a été un grand succès alors que plus d’une cinquantaine de partenaires se sont impliqués. L’aventure se poursuit et c’est maintenant l’Armée du Salut qui s’en charge. Le réfrigérateur est accessible dans ses locaux lors des heures d’ouverture. L’organisme incite toute la population à faire un don ou encore une récolte!

Sur le campus

Pour le café Caus, distributeur de l’Université, il existe déjà une politique sur le gaspillage de nourriture. Les légumes, le fromage en cubes, les sauces ou soupes sont réutilisés. Dans le cas des croustilles, des boissons gazeuses, du jus, du fromage tortillons, du fromage en grains et du chocolat, les fournisseurs reprennent les excédents. Les sandwichs et autres aliments préparés sont tous retournés à la cafétéria centrale, puis redistribués au dépanneur, au Palais des sports et aux différentes cafétérias pour le weekend. Finalement, lors des périodes de fermeture, il fait appel à Moisson Estrie.

Toutefois, devant la forte implication du peuple sherbrookois et des commerçants au frigo collectif, l’UdeS a choisi d’intégrer l’idée à sa communauté. Madame Allal agira en tant que mentor dans la recherche de partenaires et dans l’élaboration d’un plan d’action, mais ce serait bel et bien un projet étudiant. La FEUS travaille d’ailleurs en ce moment à la recherche d’un lieu potentiel sur le campus. Plusieurs autres points restent également à confirmer.

S’impliquer

Le parcours universitaire est parsemé d’occasions de s’impliquer comme celle-ci. Ces activités effectuées en dehors des heures de classe permettent à notre curriculum vitae de se distinguer et nous apprenons aussi ce que nous apprécions pour notre venue prochaine sur le marché du travail. La FEUS veut donc créer un comité dont la mission sera de rendre plus visible l’implication. Elle recrute présentement des gens pour rendre possible ce projet.  


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