Flag football : sport universitaire en devenir?

Sur la photo : Laurie St-Jean des Chevaliers de l’École Secondaire de Bromptonville

Par Ariane St-Jean

Petit cousin du football américain, le flag football est un sport d’équipe pratiqué depuis le milieu des années 1800. Au fil du temps, ce sport sans contact a su se réinventer en développant différentes variantes : cinq contre cinq, sept contre sept, intérieur, extérieur, sur plage, deux drapeaux, trois drapeaux… Bref, il n’y a aucune limite au flag football!

Surtout pratiqué au Canada et aux États-Unis, ce sport ressemble beaucoup au football américain, le but principal étant de faire des touchés. Le flag football se différencie principalement par sa manière d’arrêter le jeu, soit par l’arrachement du drapeau, plus communément appelé le « flag », au lieu du plaqué. Les hommes, les femmes ainsi que les enfants peuvent tous, sans exception, pratiquer ce sport de niveau compétitif ou récréatif. Le déroulement d’une partie se résume par l’affrontement en alternance d’une unité offensive et d’une unité défensive de deux équipes distinctes : l’équipe ayant marqué le plus de points, touchés et convertis inclus, gagne le match.

Quelques principes de base

Le flag football se pratique différemment un peu partout où il est joué. En effet, les règlements ou les techniques peuvent varier d’une région à l’autre. Au Québec, l’unité offensive détient quatre essais pour franchir dix verges avant d’obtenir à nouveau un premier essai et ainsi avancer vers la zone de touché. Parmi ces quatre essais, l’unité offensive doit absolument effectuer deux passes traversant la ligne de mêlée. L’unité défensive, pour sa part, doit empêcher son adversaire d’avancer. Pour ce faire, elle fait appel à différentes couvertures défensives, par exemple la technique de l’« homme à homme », qui lui permettra soit d’arracher le « flag » du porteur de ballon, d’abattre ou bien d’intercepter la passe faite par le quart-arrière de l’autre équipe. Il y a aussi possibilité qu’un joueur défensif, appelé le « rusher », réussisse un « sac du quart », soit l’arrachement du « flag » du quart-arrière avant que la passe soit effectuée.

Un changement de possession se fera principalement lorsqu’une unité offensive ne parvient pas à obtenir un premier essai ou bien est interceptée, ce qui veut dire qu’un joueur défensif attrape une passe destinée à un joueur de l’unité adverse. Les possessions sont donc échangées entre les équipes pour une durée habituellement d’une heure.

À l’échelle continentale

Aux États-Unis, le flag football est très populaire. En effet, il y existe une ligue se rapprochant de la National Football League (NFL), bien qu’elle soit beaucoup plus petite et moins connue, soit l’American Flag Football League (AFFL). En fait, il s’agit de la seule et unique ligue professionnelle de flag football au monde. Au Canada, bien qu’il y ait des championnats provinciaux, le flag football est bien moins connu que chez nos voisins les Américains.

En ce qui concerne le Québec, on peut dire que le flag football se répand de plus en plus. En effet, la majorité des régions québécoises détiennent au moins une ligue scolaire. Beaucoup d’écoles primaires ou secondaires se créent une équipe de flag football et l’inscrivent à la RSEQ de leur région. Montréal reste tout de même la ville où ce sport sans contact est le plus joué et est le plus développé.

Effectivement, les ligues scolaires et collégiales s’y font très nombreuses contrairement aux autres régions. Les Cantons-de-l’Est, par exemple, ne comptent pas encore de ligue collégiale. Malgré cela, on peut affirmer que ce sport sans contact est en pleine expansion au Québec, avec plus de 6 000 joueurs et joueuses d’équipes scolaires et plus de 30 équipes collégiales.

En dépit de la rapidité de développement et de propagation du flag football, il n’existe toujours pas de ligue universitaire pour ce sport. En effet, les athlètes pratiquant le flag football, après leurs études collégiales, n’ont aucune autre opportunité de prolonger leur temps de jeu. Bien qu’il existe des équipes civiles pour adultes, le flag football est l’un des rares sports n’offrant pas de ligue universitaire à ses joueurs.

Bientôt à l’Université?

Si l’on pense aux sports d’équipe tels que le volley-ball, le soccer, le football, le basketball, le rugby et même le curling, on peut s’apercevoir qu’ils sont tous inscrits à l’U Sports. Il est donc à se demander : pourquoi le flag football ne fait-il pas partie de la liste des sports universitaires canadiens reconnus? Mis à part les coûts élevés que la création d’une ligue universitaire de flag football engendrerait, il existe plusieurs explications au fait que ce sport ne soit pas encore reconnu par l’U Sports.

C’est entre autres le manque de conformité dans les pratiques du flag football à travers les provinces qui empêche la reconnaissance de celui-ci. Par exemple, une des différences notables est le nombre de joueurs sur le terrain. Au Québec, on pratique le flag football sous la forme du sept joueurs contre sept. Partout ailleurs, il est pratiqué sous la forme du cinq joueurs contre cinq. Cette dernière est différente au point de vue des règlements. Par exemple, l’unité offensive possède trois essais pour franchir vingt et une verges, sans obligation de passe.

Aussi, le flagrant manque de structure autour de la création d’une ligue universitaire de flag football joue dans la balance. En effet, beaucoup trop d’universités ne sont pas prêtes à investir temps et argent dans l’élaboration d’un programme propre à ce sport. Comme le flag football est très peu développé dans plusieurs provinces canadiennes, les écarts d’intérêt et de motivation à inscrire ce sport à l’U Sports sont très importants.

Pour que le flag football puisse faire son entrée dans les universités canadiennes comme sport officiel, il faudrait, entre autres, plus d’uniformité au sein de celui-ci. En conformant les pratiques de flag football, ce sport respecterait finalement un critère important de l’U Sports, soit celui d’être un sport pancanadien. Également, l’expansion du flag football doit continuer : la création de nouvelles équipes tant scolaires que collégiales doit avoir plus d’impact, et ce, à travers tout le Canada.

En accordant plus de place au flag football à l’échelle du pays, l’intérêt d’intégrer ce sport dans les universités deviendrait plus important. Dans tous les cas, la reconnaissance du flag football comme sport universitaire officiel par l’U Sports permettrait à des milliers de joueurs et joueuses de prolonger leur temps sur le terrain à pratiquer un sport qui les motive et qui les passionne.


Crédit Photo @ Elisabeth Fontaine

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