Gestion de l'eau potable à l’UdeS : les mesures instaurées en 2000 portent fruit

Par Martine Dallaire

Le développement durable et l'environnement sont des enjeux qui préoccupent depuis longtemps les dirigeants de l’Université de Sherbrooke. D’ailleurs, l’implantation de mesures concrètes en vue d’améliorer la qualité de l’environnement sur le campus fut l’occasion, tant pour la population étudiante que pour les membres du personnel, de se donner des moyens et des occasions de participer activement à cet objectif. Conscients de l’importance d’une saine gestion des ressources environnementales sur tous les campus, les gestionnaires des différents services ont mis la main à la pâte en vue de préserver l’environnement, mais aussi de faire d’importantes économies. De nombreuses mesures visant à protéger et à mettre en valeur cette denrée précieuse qu’est l’eau potable ont été mises en œuvre dès l’an 2000.

L’objectif largement atteint

L'objectif principal que s’étaient fixé les responsables du dossier de la gestion de l’eau potable était de réduire de 50 % la consommation d’eau potable sur le campus principal. La valeur étalon servant à mesurer les progrès générés par les différentes mesures mises en place serait la consommation totale annuelle de l’année 2000, laquelle constituerait l’année de référence. Dès lors, il fut établi que des comparatifs seraient effectués sur une base annuelle, afin de quantifier les résultats obtenus par la mise en place du plan de gestion de l’eau potable.

C’est en 2016-2017 que l’analyse des résultats obtenus a permis de conclure que l'ensemble des mesures mises en place a permis à l’Université de réduire sa consommation d'eau potable de 72,1 % par rapport à l’année 2000.

Le comportement des usagers mis à profit

Plusieurs gestes ont été posés pour arriver à cette diminution appréciable de la consommation d’eau potable.  Ainsi, l’installation d'appareils à débit réduit et munis de détecteurs de mouvement sur le Campus principal a engendré une réduction de l’utilisation de l’eau tant par la clientèle étudiante que par les membres du personnel. Les responsables de la gestion de l’eau potable s’assurent du respect des normes environnementales en ce qui concerne le rejet des eaux usées. Finalement, l’interdiction d'arrosage extérieur, sauf à de rares exceptions, a contribué à diminuer le nombre de litres d’eau utilisée aux fins de paysagement.

La mécanique de bâtiment exploitée autrement

Les gros équipements ont également été mis à contribution, puisque l'équipement utilisant l’eau d’aqueduc en continu fut graduellement éliminé, engendrant ainsi une baisse quantifiable du volume d’eau utilisé sur le site. Le transfert du système de refroidissement des chambres froides vers la boucle d’eau refroidie en circuit fermé a non seulement engendré une réduction de la quantité d’eau utilisée, mais a aussi eu des répercussions bénéfiques sur les finances universitaires en raison des économies réalisées. Ce fut pareillement la fin de l’emploi de l’eau potable pour les pompes à vide des laboratoires de recherche en sciences. Enfin, la consommation de vapeur liée au fonctionnement de la chaudière a provoqué une baisse significative de la consommation d’eau d’appoint.

La rétention et la valorisation des eaux pluviales

Les stationnements et routes, de même que les bâtiments, entraînent l’imperméabilisation des sols empêchant ainsi l’eau de franchir la nappe phréatique. Aussi, l’urbanisation provoque le ruissellement de l’eau de pluie et dans son sillon, l’apport de contaminants tels que les hydrocarbures des véhicules. Ceci a pour effet de provoquer la contamination des sols ainsi que des cours d’eau.

La mise en place de nombreux projets d’envergure, au cours des dernières années, a contribué à la réduction du ruissellement des eaux de surface tout en favorisant la rétention des eaux pluviales. Ces mesures ont eu un impact significatif sur l’environnement. Lesdites installations permettent une saine gestion tant au niveau du volume d’eau envoyé dans le réseau pluvial qu’au point de vue qualitatif, et ce, même en cas d’averses abondantes. L’Université a, conjointement avec la Ville de Sherbrooke, effectué des tests de conformité des réseaux pluviaux et sanitaires et aucune indication de tuyauterie croisée n’y a été décelée. Les débits d’eau respectaient les normes environnementales, et ce, même lors de fortes ondées.

Cœur campus au cœur de la valorisation de l’eau

Les particularités du territoire universitaire permettent de créer différents aménagements urbains tels que Cœur campus, un site convivial et favorisant la valorisation ainsi que l’assainissement des eaux en provenance des toitures et des espaces de stationnements. L’alimentation hydrique du ruisseau et des différents bassins de Cœur campus provient essentiellement du réseau pluvial universitaire. Un collecteur intercepte les eaux pluviales lesquelles sont traitées afin d’y retirer plus des trois quarts des matières en suspension présentes. Le processus d’épuration permet également de retirer les graisses et huiles provenant des voies de circulation et des stationnements. L'eau épurée est ensuite acheminée dans l’étang de décantation au bas du parc. Elle est par la suite redirigée vers l’autre étang de décantation qui se trouve à proximité du pavillon Georges-Cabana pour poursuivre sa route le long du ruisseau. Le parcours, long de 300 mètres, comporte de nombreuses plantes aquatiques que l’on retrouve également dans les étangs et aux abords des cascades. Cette flore aquatique aide à finaliser le traitement de l’eau de pluie.

Des infrastructures pour contrer les effets néfastes d’autres infrastructures

L'Agora du Campus principal a subi une cure de rajeunissement en 2014. Elle compte depuis un bassin de rétention et de revalorisation des eaux pluviales. Quant au campus de Longueuil, il n’est pas en reste au chapitre de la gestion hydrique. Ce dernier possède son propre réservoir de rétention. Son rôle vise à alimenter le bassin d’eau du campus longueuillois à partir des eaux de pluie. Finalement, le Parc Innovation, situé à proximité du Campus principal, bénéficie  lui aussi d’un bassin de rétention des eaux pluviales. De telles infrastructures limitent les effets néfastes engendrés par l’écoulement de l’eau de pluie sur le milieu naturel. Ces effets proviennent majoritairement des eaux de ruissellement d’autres infrastructures comme les bâtiments et les voies de circulation.

Bref, la mise en œuvre des différentes stratégies proposées dans le plan de la gestion de l’eau potable de l’Université de Sherbrooke, telles qu’imaginées au début du millénaire, constitue un exemple de succès probant pour les grandes organisations souhaitant réduire leur consommation d’eau potable ainsi que les coûts afférents à celle-ci.


Crédit Photo @ Gabrielle Gauthier

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