Gloire ou prestige : dilemme ardu

Par William Robert

Année après année, le débat universel du salaire revient hanter tous les sportifs de haut niveau ainsi que les employés de la fonction publique au Québec. Est-ce que les médecins au Québec devraient gagner plus d’argent ou bien le salaire est-il bien réparti entre tous ces gens? Le salaire dit trop élevé des sportifs est largement contesté par le grand public pour des raisons évidentes pour certains, mais beaucoup moins pour les autres.

Fonction publique et sportifs de haut niveau

Les travailleurs de la fonction publique sont évidemment payés par les contributions citoyennes. C’est pourquoi ils ne peuvent avoir un salaire beaucoup plus élevé que celui qu’ils détiennent présentement. Du côté des sportifs professionnels, ceux-ci sont des employés de compagnies privées, donc leurs salaires dépendent de leur employeur et de la quantité de spectateurs qui se présentent au stade chaque soir. Comme l’industrie du sport professionnel rapporte des milliards de dollars, il est évident que les sportifs de haut niveau qui performent bien soient payés avec le salaire qui vient en conséquence. Par exemple, un médecin de famille au Québec gagnera en moyenne 264 673 $ contre 384 129 $ pour un médecin spécialiste. Dans les sports professionnels, le salaire moyen de la NBA (le plus élevé) s’élevait en 2012 à 5,15M $ tandis que celui de la NFL (le plus bas) à 1,9M $.

Le sport comme échappatoire

Certains jeunes athlètes naissent avec un talent incompris par les membres de leur entourage. Quelques-uns de ces jeunes hommes n’ont pas un grand potentiel scolaire, comme c’était le cas pour Nick Diaz, combattant dans l’UFC. Dès son plus jeune âge, Nick, un élève plus ou moins turbulent, n’est pas le plus brillant de sa classe. Abandonnant l’école après avoir réussi sa neuvième année, l’équivalent d’un secondaire 3 au Québec, Nick se lança dans la boxe, le karaté et la lutte. Utilisant son grand talent, il devint champion du monde du UFC, ce qui lui permit d’empocher de grosses sommes d’argent. Plusieurs joueurs de baseball de Cuba ou de la République Dominicaine, tel que Carlos Martinez ou bien Edwin Encarnacion, utilisent le sport comme façon de se sortir de la misère, étant donné le manque d’éducation dans leur pays. Ces joueurs sont des phénomènes électrisants que les partisans veulent tous voir en action, ce qui pousse les plus hautes instances sportives à leur offrir des contrats de plusieurs millions de dollars.

Les athlètes-étudiants

Le salaire est la principale raison pour laquelle des étudiants prolifiques se tournent plutôt vers le sport pour accomplir leur rêve d’un jour remporter des millions de dollars. Le meilleur exemple qui soit nous provient de Montréal, où Laurent Duvernay-Tardif, joueur de football pour les Chiefs de Kansas-City, a effectué ses études en médecine. Le football étant son choix, il a décidé de continuer sa carrière dans le sport.

Les risques encourus

Chaque sportif professionnel, en pratiquant son sport, est au courant des risques qu’il court et les accepte. En performant chaque soir devant ses partisans, chaque joueur est à risque de blessures graves pouvant aller jusqu’à la mort. Les pilotes de Formule 1, par exemple, n’ont pas froid aux yeux, affrontant la mort dans chaque virage en épingle et dans chaque ligne droite prise côte à côte avec un adversaire. C’est en partie ce danger qui pousse les spectateurs à se présenter à chaque compétition ou à chaque partie.

Une vague de changement

Avec tous les risques de blessures et surtout, le mot qui est sur toutes les lèvres depuis quelque temps, «commotion cérébrale», les sportifs ont maintenant tendance à se tourner de plus en plus vers les études avant le sport. Nous voyons des espoirs de la LNH terminer leurs études avant d’entreprendre leur carrière professionnelle. C’est le cas de Louis Leblanc, et même de quelques vétérans tels que Ryan Miller et David Backes. Le vent est en train de tourner, puisque les athlètes comprennent de plus en plus les risques qu’ils courent et tentent de prendre le chemin qui leur garantit une porte de sortie avec leurs études.

Le pourquoi de tout cela 

Pour conclure, il est donc maintenant plus facile de voir pour quelles raisons les sportifs de haut niveau font plus d’argent que les employés de la fonction publique. Tout d’abord, ils sont employés au privé, et puisque les partisans remplissent les stades chaque soir, font un salaire en conséquence de l’engouement pour leur sport. Finalement, les salaires des sportifs ne peuvent qu’augmenter en raison de la popularité du sport en Amérique du Nord et du prix que les partisans paient pour ce divertissement. Le sport pourrait même être comparé à l’industrie du cinéma, pour laquelle les mêmes débats sont d’actualité.

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