Par Matthew Vachon

Ensemble pour la conquête, le slogan de la saison 2015-2016 du Phoenix de Sherbrooke, a-t-il porté malheur à cette équipe pourtant promise à de belles choses? L’autopsie de cet échec s’impose.

Lors du repêchage de la LHJMQ en 2015, les dirigeants de l’équipe avaient procédé à d’importantes acquisitions dans le but de solidifier un noyau de joueurs talentueux. Guillaume Gauthier et Julien Pelletier venaient donc s’ajouter à un groupe composé de Daniel Audette, de Jérémy Roy, de Carl Neill, d’Alexis Vanier, de Kay Schweri et d’Evan Fitzpatrick.

Malheureusement, le gâteau n’aura jamais levé et cette saison remplie de promesses s’est transformée en véritable drame. À la mi-décembre, Patrick Charbonneau, le directeur général, et Judes Vallée, l’entraîneur en chef, se sont fait montrer la porte, étant remplacés par Jocelyn Thibault et Stéphane Julien respectivement. Cela n’a absolument rien changé et l’équipe a poursuivi sa glissade dans les bas-fonds du classement général.

Qu’est-ce qui peut bien expliquer cette situation? Il faut commencer par énumérer les nombreuses blessures qui ont affligé les joueurs importants de l’équipe. Jérémy Roy a raté 23 parties, Daniel Audette 16 et Kay Schweri 34. De longues absences qui auront, à un moment ou un autre, fait mal à une équipe souvent en manque de profondeur.

Le nom derrière plutôt que le logo devant?

Le concept de base au hockey est l’esprit d’équipe. Et c’est quelque chose qui a fait défaut à cette formation. Bien souvent, certains patineurs de l’équipe préféraient engraisser leur fiche personnelle à défaut de se sacrifier pour la cause de l’équipe. Ce mauvais pli aura, en fin de compte, été l’un des éléments de base pour expliquer cette débandade.

De plus, le fait que certains joueurs n’avaient pas toujours la pédale au plancher a sûrement créé son lot de frustrations au sein d’un vestiaire qui en recelait déjà passablement. Judes Vallée et ensuite Stéphane Julien ont bien tenté de mettre un terme à cette vilaine séquence, mais au final, le mal était déjà fait.

De cette manière, l’organisation sherbrookoise se doit de repartir sur de nouvelles bases solides avec des joueurs qui ont le concept d’équipe à cœur et en réalisant un ménage important dans son vestiaire afin de miser sur des joueurs fiers et désireux de se soumettre à la cause de l’équipe.

À la date limite des transactions, le nouveau directeur général avait envoyé Vincent Deslauriers et Mikael Sabourin à Baie-Comeau. Ces deux joueurs n’étaient pas la base du problème, mais ils n’étaient plus heureux à Sherbrooke et un changement d’air avait été demandé de leur part.

De plus, il y a les vétérans de 20 ans Nathanael Halbert et Guillaume Gauthier qui ont vu leur stage junior prendre fin puisqu’ils sont désormais trop vieux. De son côté, Daniel Audette, lui qui appartient aux Canadiens de Montréal, devrait passer au niveau professionnel selon toute vraisemblance. Du lot, le Phoenix risque de s’ennuyer grandement du défenseur Halbert, lui qui s’était avéré très utile dès son arrivée à Sherbrooke.

Par la suite, Jérémy Roy, selon ce qu’a appris le journaliste Stéphane Leroux, quittera également Sherbrooke pour poursuivre sa carrière avec l’Armada de Blainville-Boisbriand. Cette transaction, qui fait suite à l’échange de Nathanel Halbert durant la saison, sera officialisée au repêchage de la LHJMQ qui se tiendra le 4 juin.

Il sera également intéressant de voir si Julien Pelletier, Julien Bahl et Carl Neill seront les choix de l’équipe pour remplir les trois rôles de joueurs de 20 ans l’année prochaine. Le retour du capitaine Neill est probable et souhaitable. Ce fut l’un des joueurs les plus dédiés à la cause de l’équipe.

Avec quoi bâtir le futur?

Avec plusieurs éléments qui partiront l’an prochain, le Phoenix se doit de trouver de nouveaux piliers pour l’avenir de son équipe. Sans l’ombre d’un doute, l’organisation se doit d’identifier le gardien Evan Fitzpatrick comme la pierre angulaire de son futur. Bien que chancelant à quelques reprises cette année, il a démontré son grand potentiel à plus d’une occasion. Thomas Grégoire, Chase Harwell, Nicolas Poulin, Kevin Gilbert et Carl Neill sont également de bons candidats pour assurer un avenir décent à Sherbrooke.

De plus, le Phoenix n’aura pas droit à l’erreur avec ses choix au repêchage. À l’encan amateur midget, l’équipe parlera fort possiblement au quatrième rang, ce qui lui permettra de mettre la main sur un excellent espoir. Le repêchage européen est aussi la clé de la relance de cette équipe. Dans la réalité d’aujourd’hui, ces joueurs provenant du vieux continent font souvent la différence entre une bonne équipe et une autre de milieu de classement.

La balle est dans le camp des grands décideurs!


 

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