La Grande Traversée : entrevue avec Guillaume Rivest

Par Zoé Nadeau-Vachon

Ce printemps, une toute nouvelle série s’amarre à la programmation de Radio-Canada. Dès le 11 avril, vous pourrez visionner le premier épisode de La Grande Traversée, un documentaire d’aventure réalisé pour les 150 ans du Canada. Vous découvrirez l’expérience incroyable de dix Canadiens francophones qui ont traversé l’océan Atlantique sur un trois-mâts, exactement comme l’ont fait les premiers arrivants en Nouvelle-France. J’ai eu le privilège de m’entretenir avec Guillaume Rivest, participant à l’émission, pour discuter de cette expérience inusitée. 

Rejoindre l’équipage

Plus de 1200 personnes ont soumis leur candidature pour prendre part à l’aventure. Guillaume Rivest, jeune homme de 28 ans diplômé en politique de l’Université de Sherbrooke, a pourtant réussi à se frayer une place dans l’équipage. Intriguée, je lui demande ce qui l’a poussé à s’inscrire. « En fait, au début, je n’avais pas vu passer l’appel de candidatures parce que j’étais en Europe à ce moment-là, m’explique-t-il. C’est un de mes meilleurs amis qui fait une maîtrise en histoire à Sherbrooke qui m’a dit qu’il voulait appliquer et qu’il pensait aussi que c’était une aventure faite pour moi. »

Ainsi, Guillaume a appliqué sans réellement croire en ses chances d’être choisi, davantage pour faire plaisir à son ami. Mais, ensuite, les entrevues se sont rapidement enchaînées. « À ce moment-là, je commençais à être très fébrile, je me disais qu’il y avait de réelles possibilités que ça se fasse et que j’y aille », me confie-t-il. Finalement, sa passion pour la politique, l’histoire et le plein air ont convaincu les producteurs.

C’était parti pour un périple en mer de 55 jours.

Lever l’ancre

Ainsi, le 4 juin dernier, Guillaume est monté à bord du bateau l’Espérance en compagnie des neuf autres participants, des membres de l’équipage et de l’équipe de tournage. Le bateau est parti de La Rochelle, en France, pour accoster à Québec 55 jours plus tard.

Au cours de ce voyage, les colons ont relevé une multitude de défis mettant à l’épreuve leur endurance. Chaque jour, ils devaient réaliser huit heures de travail divisées en un quart de jour et un quart de nuit. Ils aidaient les membres de l’équipage en accomplissant des tâches variées, comme poncer les ponts ou préparer les voiles, sous la supervision de l’officier et du maître d’équipage.

Les conditions de vie étaient fidèles à celles de l’époque, m’explique Guillaume : « Tout ce que tu peux imaginer de moderne, enlève-le de l’équation! » Les participants ont donc vécu des semaines sans brosse à dents, sans douche, sans toilette, et avec la nourriture et les habits de l’époque. « On vivait dans une chambre de quatre mètres par quatre mètres. On dormait directement par terre. […] On était vraiment habillés de façon minimale, donc il y a eu des fois où on a eu très froid! »

Entre les vagues

Pour Guillaume, le plus grand défi à relever au cours de l’aventure était celui de la vie de groupe : « On est dix personnes qui ne se connaissent pas à la base, qui sont confinées dans un espace très restreint au quotidien, qui doivent faire face à des épreuves que la plupart n’ont jamais affrontées. » Quand je lui demande ce qui lui a le plus manqué durant le voyage, il pense immédiatement à ses proches. Être loin d’eux et ne pas pouvoir partager avec eux l’expérience exceptionnelle qu’il vivait était parfois éprouvant. Il ajoute en riant qu’il s’est aussi ennuyé de la bonne bouffe!

Toutefois, ces quelques petits désagréments ne sont rien comparés à tous les moments extraordinaires qu’ont vécu les membres de l’équipage : « C’était magique! Maintenant, je peux dire que j’ai traversé l’Atlantique sur un trois-mâts pendant un été de temps! Juste ça, ça valait l’aventure. On a vu des dauphins, on a vu les ciels étoilés avec le moins de pollution lumineuse qu’on pourrait espérer voir… »

De plus, cette longue traversée a donné aux participants l’occasion de se découvrir. « C’est une aventure qui te recentre sur les choses simples, réfléchit Guillaume. Tu réalises qu’il y a beaucoup d’aspects dans la vie qu’on sous-estime. »

Une expérience humaine

Selon Guillaume, La Grande Traversée propose une expérience profondément humaine. On suit l’histoire des dix participants, à travers leurs hauts et leur bas, sans aucune intervention de l’équipe de production. La traversée en elle-même est le défi à relever. C’est d’ailleurs cette authenticité et la reproduction fidèle des conditions de vie de l’époque qui font de cette émission un documentaire d’aventure. « C’était vraiment une aventure épique! », conclut Guillaume.

Ne manquez pas le premier épisode de la série ce mardi 11 avril à 20 h sur ICI Radio-Canada télé. Un prologue présentant les participants est déjà disponible sur ICI Tou.tv.


Crédit photo © La Grande Traversée

Laisser une réponse