Grands frères et grandes sœurs du Vert et Or : Jumeler pour donner au suivant

Sur la photo :  Les étudiants-athlètes du Vert et Or participant lors d’une visite de leur de 5e année.

Par Jasmine Godbout

Initié par Julien Pinsonneault, le projet Grands frères et grandes sœurs du Vert et Or de l’UdeS permet à 20 élèves de cinquième année de l’école primaire Saint-Philippe de Windsor de rencontrer des modèles universitaires et, à ces derniers, de faire une différence. C’est ce que les athlètes, Andréanne Beaudry et Julien lui-même, expliquent en entrevue avec Le Collectif.

D’où vient l’idée?

C’est dans la tête de Julien, étudiant de 25 ans en physiothérapie à l’UdeS et spécialiste de la course en raquettes, que l’idée de créer ce projet de jumelage a germé. Il a commencé par envoyer des capsules de ses voyages et de ses courses lors de ses visites dans d’autres pays à la classe. Au moment où il était le seul à partager ses aventures, ses compétitions ont permis de créer un lien avec les jeunes l’an passé, et à présent, de poursuivre le projet,

Julien a d’ailleurs profité du fait d’avoir plusieurs sportifs du Vert et Or à sa disposition, toutes disciplines confondues, pour les jumeler avec un élève chacun selon leurs affinités à la suite de leurs réponses à un questionnaire. Andréanne mentionne qu’« il y a eu quelques matchs parfaits : un universitaire qui étudie en physio et qui saute à la perche a été jumelé avec un garçon aux mêmes intérêts. »

Le but principal du projet est d’effectuer une correspondance entre les deux, soit sur leur plateforme Sway (cases de textes et images), dans le cadre de rencontres, de visites en classes, de conférences téléphoniques ou d’invitation aux entraînements. Le concept est assez simple : « Il suffit de penser à visiter notre page Sway vu qu’on ne reçoit pas de notifications et de se présenter aux rencontres pour lesquelles on est disponibles entre janvier et mars. »

Pourquoi s’impliquer?

Jérémie montre ses médailles à son petit Adam, en admiration.

Jérémie montre ses médailles à son petit Adam, en admiration.

« Le mandat du Vert et Or est, certes, de défendre les couleurs de l’Université de Sherbrooke dans différents clubs sportifs ou équipes, mais il est aussi de s’impliquer dans la communauté afin de redonner au suivant », témoigne Jérémie, athlète dans l’équipe d’athlétisme du Vert et Or et étudiant actuel en droit, dans un article de La Fondation de l’UdeS.

Dans le même sens, Julien Pinsonneault souhaite « promouvoir les valeurs du Vert et Or en s’impliquant dans d’autres sphères sociales que le bénévolat fait avec Nez rouge. Le but est d’éveiller une flamme et de motiver les élèves, de leur donner un modèle de santé et de persévérance. » L’approche individuelle orientée vers l’action est à la base du projet. Puis, il mentionne qu’il suffit aux athlètes qui veulent s’impliquer, malgré leur horaire chargé, que la clé, c’est d’être organisé.

L’ensemble du projet Grands frères et grandes sœurs du Vert et Or de l’UdeS est valorisant pour les étudiants, mais surtout pour leurs élèves. C’est une expérience de bénévolat enrichissante pour les athlètes qui y en prennent part. Andréanne, de son côté, a choisi de s’impliquer cette session-ci vu son horaire pas trop chargé et la simplicité du projet ainsi que son plaisir de donner au suivant. Elle constate que « ça les aide à écrire, ça apporte le français (communication orale, lecture, écriture) d’une autre façon et c’est une manière pour l’enseignante d’évaluer ses élèves dans un contexte qui sort du cadre scolaire. »

Andréanne a partagé quelques beaux moments avec son élève : « Pour la Saint-Valentin, j’ai vu ma petite Anaïs qui m’a offert un cadeau. C’était un cœur, une photo et un message avec pleins de Je t’aime partout. Elle me pose aussi souvent des questions sur mon sport et me partage ses intérêts pour savoir si j’aime ça autant qu’elle. »

De plus, lors de la visite à l’école et en classe, elle constate que les jeunes sont si émerveillés et attachants que c’est possible de créer une complicité avec eux. C’est Julien qui encadre et prépare les activités pédagogiques comme des jeux physiques (concours de push-ups) ou cognitifs (Ti-Joe connaissant) : « C’est pas toujours facile et presque gênant. On apprend avec eux et, souvent, ils savent des choses qu’on ne sait pas, même si on est supposés avoir plus de connaissances qu’eux rendus au niveau universitaire. »

La journée de conclusion aura lieu le 5 avril à l’Université, « c’est nous qui leur faisons visiter notre école. Les activités auront probablement plus un lien avec nos sports respectifs. Bientôt, je vais voir sa game de basket et je dois aussi lui trouver un cadeau : elle aime le bleu et les chats, je vais trouver quelque chose qui lui fera plaisir! » lance Andréanne.

Et à l’avenir?

Pour l’instant, c’est un projet pilote avec un nombre restreint d’athlètes, mais le groupe participant souhaite prendre de l’expansion, donc intégrer d’autres sportifs et élèves pour « les inspirer en plusieurs façons. Souvent, on a l’impression que ce n’est rien, mais pour les jeunes, on change leur vie », révèle l’athlète féminine.

En parallèle, Julien propose de « grossir un peu selon la demande. La commission scolaire des Sommets, à qui les jeunes ont présenté le projet, est impressionnée par l’initiative et ses effets. Selon l’intérêt d’autres athlètes, classes et groupes, ça serait possible. »

Le projet ce cette session-ci sera officiellement mis à terme lors de la fermeture de la plateforme Sway et de la visite à l’Université. L’athlète de troisième année suggère qu’il y aura probablement une relève, par ailleurs, ça peut devenir compliqué de rester en communication avec les élèves lorsque ce n’est pas supervisé. Si elle était restée aux études l’année prochaine, elle aurait surement tenté l’expérience à nouveau : « C’est un geste tellement simple, mais ça donne tellement espoir à ces jeunes-là. » Mission accomplie.


Crédit Photo @ Commission scolaire des Sommets

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