Gravir les échelons sportifs, même dans un coin reculé

Par Matthew Vachon

Originaire de la très petite municipalité de Lac Saguay dans le nord des Laurentides, Catherine Deslauriers a dû travailler fort pour atteindre ses objectifs dans le sport qu’elle aimait, soit le volleyball.

Pour ceux qui ne connaissent pas beaucoup ce coin de pays, il faut savoir que le village de Lac Saguay est situé à 30 minutes de la ville de Mont-Laurier qui peut être une meilleure référence pour se situer. Et pour ceux qui aimeraient avoir un meilleur point de repère, Lac Saguay est situé au nord-ouest de Sherbrooke, à quatre heures de route. On y retrouve un resto-bar, un terrain de tennis et deux dépanneurs. C’est un milieu assez rural, il faut en convenir.

Cependant, bien que cette municipalité soit reculée, cela n’a pas empêché Catherine Deslauriers, une jeune femme de 21 ans originaire de là-bas, de se tailler un poste au sein de l’équipe féminine de volleyball du Vert & Or. Consciente du fait que ce n’est pas la même réalité que de faire du sport à un haut niveau lorsque l’on est natif d’un village comme Lac Saguay en comparaison d’avec Sherbrooke par exemple, l’étudiante en administration est fière de ce qu’elle accomplit. « Je suis fière d’avoir réussi à faire du sport de plus haut niveau même si je viens d’une petite place comme ça. Là-bas, les équipes sportives ne sont pas nécessairement très fortes. »

Ainsi, dans l’optique de toujours aller au niveau supérieur, Deslauriers a dû accepter de faire beaucoup de voyagement. « J’ai réussi à me développer en tant qu’athlète parce que je suis allée dans une équipe civile située à Sainte-Thérèse (1 h 50 de route environ). Donc, tous les vendredis, j’allais faire des pratiques à cet endroit. Si je n’avais pas fait ça, je ne crois pas que j’aurais pu poursuivre dans mon sport. »

Pour être prête à faire tous ces efforts, il fallait que l’attaquante de l’équipe du Vert & Or soit très motivée. Et cette motivation l’a happée dès l’école primaire où elle voyait sa sœur aînée pratiquer cette discipline sportive. « Tout d’abord, je dois dire qu’il n’y a pas beaucoup de choix de sport d’où je viens. Cependant, lors de mes études à Mont-Laurier, je pouvais pratiquer le basket ou le volleyball. Puisque ma sœur jouait déjà au volleyball, j’ai décidé de suivre ses traces en commençant à y jouer aussi. »

Un parcours glorieux

Dès ses premiers pas, une belle histoire s’est développée entre Deslauriers et son sport. « Quand ma sœur jouait au secondaire, je n’étais pas éligible à jouer des parties parce que j’étais encore au primaire. Donc je faisais les pratiques. Et déjà à ce moment, j’avais de meilleures bases que les filles qui jouaient dans l’équipe benjamine. Donc quand je suis arrivée au secondaire, j’ai pu entrer dans cette équipe. Dès ce moment, j’ai commencé à jouer avec des filles qui étaient en secondaire 3 et je les ai suivies jusqu’à la fin de leur secondaire. Par la suite, j’ai joué avec une nouvelle équipe pour mes deux dernières années au secondaire. »

À travers cette période, la Saguenéenne a même eu la chance de se tailler une place dans l’équipe espoir des Laurentides, ce qui lui a permis de défendre les couleurs de sa région aux Jeux du Québec alors qu’elle était en secondaire 4. Et comme si ce n’était pas déjà assez grandiose, elle a même eu l’honneur d’être la capitaine de son équipe lors de cette importante compétition. Une fois cela terminé, Deslauriers a continué de défendre les couleurs des Vipères de Sainte-Thérèse au niveau civil jusqu’à ce qu’elle termine son secondaire.

Par la suite, elle a poursuivi sa route dans l’équipe des Nordiques du Cégep Lionel-Groulx au niveau collégial AAA. Cette période remplie de succès s’étalera sur trois ans. Capitaine pendant ses deux dernières saisons, la jeune femme a collectionné les honneurs. En effet, à sa dernière campagne, elle fut nommée athlète-étudiante de l’année du Cégep Lionel-Groulx et athlète pancanadienne de l’année puisqu’elle avait terminé première au niveau des statistiques.

Une fois son aventure terminée au Cégep, Deslauriers a donc voulu continuer de jouer au volleyball. Acceptée à Sherbrooke et à McGill, elle explique le raisonnement derrière son choix de s’aligner avec l’université sherbrookoise. « J’ai choisi mon université en fonction du volleyball puisque je ne savais pas trop en quoi aller et que c’était plus intéressant ici. » Déjà à sa deuxième année, la sympathique joueuse prend toute l’expérience possible pour être en mesure d’atteindre son plein potentiel, chose qui risque d’arriver lors de sa troisième année au sein de l’équipe.

En somme, même si elle est désormais très loin de son village natal, Deslauriers n’oubliera pas de sitôt d’où elle vient ni la fierté que les gens de Lac Saguay ont pour elle. « Je crois vraiment que les gens de mon village sont fiers de voir où je suis rendue. Par exemple, chaque fois qu’il y a quelque chose d’intéressant qui se passe dans ma carrière, ça se retrouve dans le journal local. De plus, alors que j’étais au Cégep, nous devions aller faire un tournoi en Floride et j’avais besoin de commandites. J’ai donc demandé à la mairesse et elle m’a financée avec plaisir. C’est vraiment bien de voir les gens derrière moi. »

Il s’agit là d’un bel exemple que même si l’on vient d’un milieu très rural, il y a toujours moyen de percer si on met les efforts nécessaires.

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