Grindr : une belle histoire d’amour

Par Guillaume Marcotte

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas l’application Grindr, ne paniquez pas! Il s’agit d’un site de rencontre pour hommes homosexuels, un peu à la Tinder. Et comme Tinder, Grindr est là pour assouvir un besoin de connecter avec quelqu’un d’autre – des fois un peu trop littéralement.

Contrairement à Tinder, Grindr ne fonctionne pas sur un système de « match » : n’importe quel utilisateur peut en aborder un autre, tant et aussi longtemps que les deux se trouvent suffisamment près l’un de l’autre. Il est toutefois possible de mettre en place des « préférences », lesquelles filtrent ensuite les autres utilisateurs en fonction des informations inscrites à leur profil. Par exemple, des barèmes d’âge, de poids, de grandeur, d’ethnicité et de statut de relations amoureuses sont disponibles.

Lors de l’ajout d’une image de profil, Grindr valide d’abord la photo afin d’interdire les images obscènes en guise de photo de profil. Fut un temps où des dick pics étaient le choix d’images de profil de plusieurs utilisateurs de Grindr. L’ironie de cette anecdote est que Grindr n’empêche pas ses utilisateurs d’échanger dès le premier contact le même genre d’images, chose qui est tout à fait fréquente, voire monnaie courante.

La réalité Grindr

Le fait est que, malgré tout, Tinder et Grindr sont assez similaires. Ces applications ne sont là que pour rendre le « plan cul » accessible du bout des doigts. On ne connaît pas l’autre personne, mais on passe la nuit avec. Puis, plus de nouvelles, on a droit au silence radio. On est ensuite forcé d’agir comme si rien n’était, comme si on était satisfait d’un « plan cul » pas meilleur qu’un « bof » ennuyé, parce que telle est la société dans laquelle on vit en ce moment.

On n’est plus surpris de recevoir des photos d’entrejambes en érection ou des questions comme « T’es top ou bottom toi? ». On se dit que c’est normal de vivre dans une société aussi sexuée, surtout en étant homosexuel, car après tout, c’est juste des gars, ça fait que ces petites bêtes-là ont une libido élevée, pas le choix!

Ainsi, joyeuse Saint-Valentin à Grindr, à Tinder et à tous les sites de rencontre de la Terre, qui réussissent parfois leur mandat initial, mais qui involontairement promeuvent la culture de l’instantanéité et du hard to get, parce qu’on sait tous qu’il est bien plus plaisant de se faire traiter comme un débris que comme un être humain respectable.


Crédit photo © Grindr

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