Par Aude Poirier 

Des données ont été dévoilées récemment par Statistiques Canada concernant la hausse du nombre de crimes haineux commis au Canada au cours de l’année 2020. Alors qu’en 2019, 1951 infractions du genre avaient été perpétrées par 100000 habitants, le bilan annuel s’élève à 2669 crimes haineux pour l’année 2020. 

La notion de «crime haineux» se définit par une infraction d’origine criminelle causée par la haine de celui ou ceux qui le commettent envers un groupe identitaire donné. C’est d’ailleurs la race ou l’origine ethnique de certains groupes qui sont principalement à la source des motivations des malfaiteurs. Ces derniers semblent donc s’attaquer aux groupes suivants : les Noirs, les Asiatiques de l’est ou du sud-est, les Autochtones et les Asiatiques du sud. D’ailleurs, les données du SPVM dénotent une hausse majeure de ces crimes visant les individus d’origine asiatique et du sud-est, pour une augmentation de 2100 % d’actes à caractère haineux ayant été commis envers ces communautés en période pandémique. 

Hausse ou diminution, selon la nature du crime 

Selon les informations révélées par Radio-Canada, plusieurs types de crimes sont en hausse à travers le pays, notamment la distribution d’images non consensuelles (images intimes), les communications indécentes ou harcelantes, le harcèlement criminel et la profération de menaces. 

Toutefois, en raison des nombreux confinements et des restrictions sanitaires ayant poussé la population à rester davantage à la maison, certains types de crimes ont, au contraire, connu une diminution marquée. Selon le Journal de Montréal, les introductions par effraction ont diminué de 16 %, les vols qualifiés de 18 %, les vols à l’étalage de 36 % et les agressions sexuelles de 9 %. Quant au taux de violence familiale, il reste inchangé, selon Statistiques Canada. 

Mettre les statistiques dans leur contexte 

Toutefois, il est important de se remémorer que ces données sont le reflet de crimes rapportés aux services de police. Sachant que la majorité des infractions ne sont pas dénoncées, il faut garder en tête qu’ils ne représentent qu’une proportion du véritable taux de criminalité au Canada. Bien que n’étant pas un pays particulièrement violent, le Canada a vu le nombre de crimes haineux augmenter de façon considérable dans la dernière année. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : La Tribune rapporte qu’en 2016, 666 crimes motivés par la haine d’un groupe ethnique ou religieux ont été commis. Ce nombre atteint, en 2020, 1594 crimes. La langue et l’orientation sexuelle sont également des critères ayant mené des malfaiteurs à passer à l’acte, bien qu’on ait noté une diminution des crimes homophobes.  

Comprendre la hausse de cette haine 

La pandémie pourrait-elle être un vecteur d’amplification de cet acharnement sur les groupes minoritaires à travers le Canada? Elle a assurément déstabilisé et insécurisé plusieurs d’entre nous. Il se pourrait fort bien qu’en quête d’explications pour calmer leurs insécurités, certains individus aient choisi d’accuser ces groupes minoritaires. Cette situation est déplorable et injuste, et il va sans dire que la perpétuation de cette animosité entre Canadiens n’est en la faveur d’aucun d’entre eux. 

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