HeliTE – Qui dit drone, dit… hockey!

Par Sofie Lafrance 

Le projet étudiant de génie mécanique HeliTE a dernièrement fait beaucoup parler. Fabriqué à l’aide de bâtons de hockey réutilisés, ce drone muni de quatre hélices est en mesure de soulever un humain de 80 kg. Pour en savoir davantage sur cet appareil innovateur, Le Collectif a interviewé trois membres de l’équipe projet, soit Samuel Soucy-Bouchard, Guillaume Poirier et Vincent Jacob-Ferland.

La naissance « inusitée » d’un projet d'envergure

Les étudiantes et étudiants au baccalauréat en génie doivent élaborer un projet durant les deux dernières années de leur parcours, dont la finalité est l’exposition mégaGÉNIALE. Ces projets doivent avoir un but d’ingénierie précis et innovateur. HeliTE est donc un véhicule volant de 115 kg, produit dans son plus simple appareil et ayant un format réduit. L’idée est née d’un mariage entre la vision loufoque d’un étudiant et l’imagination d’un enseignant. Un des membres de l’équipe, Vincent, avait eu l’idée d’un appareil à réacteurs, placé dans le dos d’un individu pour lui permettre de voler, alors que le professeur avait mis l’idée d’un hélicoptère sur la table.

Pourquoi HeliTE est-il parfois qualifié de drone, parfois d’hélicoptère? Fort simple. L’appareil peut faire les deux! Il peut être téléguidé de l’extérieur comme un drone, ou encore, de l’intérieur même de l’appareil, tel un hélicoptère, à l’aide de la même télécommande, souligne Vincent. Ce concept, ajoute Samuel, pourrait être repris et utile pour des opérations de sauvetage, par exemple.

Rien n'est plus d'actualité que les mots « drone », « hockey » et « recycler »! 

Comment donc l’équipe du projet HeliTE en est-elle venue à l’idée d’utiliser des bâtons de hockey recyclés? Une question de budget, avant tout, soutient Vincent. Samuel affirme qu’il n’y a pas de fabricant de tubes de carbone, nécessaires au projet, au Canada. De plus, l’achat de ces tubes aurait coûté plus ou moins 5000 $. De fil en aiguille, Samuel a cherché auprès des compagnies de vélo, qui ont mené aux de bâtons de golf, pour en venir aux bâtons de hockey.

L’équipe a eu la chance d’avoir de fidèles commanditaires pour ce projet, dont la compagnie de bâtons de hockey Bauer. Guillaume affirme que le commanditaire était ouvert à fournir ces bâtons, parce qu’ils sont utilisés pour des tests et sont jetés ensuite. Il y avait donc une opportunité de donner une seconde vie à ce matériau. De plus, Samuel explique que le véhicule est totalement électrique, ce qui le rend d’autant plus écologique. L’équipe n’était pas consciente de l’opportunité de se servir de bâtons réutilisés. « Il s’agit d’une belle malchance, parce que c’est ce qui a mené à une solution beaucoup plus écologique. »

L’utilisation de bâtons recyclés ajoute toutefois un défi supplémentaire à l’équipe. Ces bâtons de hockey sont initialement créés et testés pour être utilisés dans un cadre sportif, alors que, dans le cas présent, ils sont destinés à une utilisation différente. Il est donc nécessaire de leur faire passer une batterie de tests. La charge de travail est supplémentaire, mais, ajoute Samuel, « nous réutilisons des matériaux qui, autrement, auraient été jetés et auraient pollué. »

Dans les petits pots, les meilleurs onguents

La composante écoresponsable permet une visibilité accrue au projet HeliTE. L’équipe ajoute qu’il y a un engouement au niveau des engins téléguidés, des drones et des appareils qui sont facilement manœuvrables. Mine de rien, l’équipe formée de six membres, soit l’une des plus petites de toutes, doit au final cumuler en fonds et en matériel une valeur de 42 000 $.  Tous les commanditaires intéressés sont d'ailleurs invités à contacter l'équipe HeliTE. Vincent explique : « Nous sommes tous très motivés, d’autres équipes sont formées de 8, 10 ou 12 membres, avec des projets de complexité égale au nôtre ». De plus, l’équipe n’a reçu d’aide ni d’étudiants en génie électrique ni en génie informatique, ce qui représentait un défi pragmatique pour des étudiants de génie mécanique.

Guillaume explique que l’exposition mégaGÉNIALE est la finalité des projets de la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke. Elle aura lieu les 7 et 8 décembre 2016 au Centre culturel. C’est à ce moment que chaque équipe projet présenteront les prototypes préparés pendant deux années. Annuellement, cette exposition attire plus de 4000 visiteurs, léguant une belle visibilité à ces futurs diplômés.


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