Hommage à Sherbrooke, d’un immigrant

Par Cesar Celestino Costa

Ça fait déjà longtemps que je me suis accroché à toi de tout mon cœur. C’est juste à l’intérieur de tes murailles que je me sens protégé. Tu es devenu mon seul refuge, mon château fort, et depuis que mon âme se déploie vers l’infini, je t’aime plus que tout.

Je ne partirai plus d’ici, car j’ai appris à t’aimer avec une telle force, avec une telle force sauvage et d’une manière si singulière que malgré tout ce qui me bouleverse maintenant, je te vois d’un œil neuf chaque jour. C’est comme si tu étais la plus belle rose, la plus noble de toutes les roses, et à mesure que je marche vers toi, je crains de m’égarer dans un champ immense, magnifique et hostile.

Et pourtant, ton élan de liberté anime mon corps, me donnant envie de m’envoler d’ici, de m’évader de cette prison de mille possibilités d’être. Je suis en train de vous dire que chaque jour, je me réveille avec la ferme volonté d’être meilleur que je suis dans un vain acharnement de me dépasser constamment, jusqu'à devenir un autre homme.

Je suis tellement reconnaissant parce que tu as éveillé en moi une passion foudroyante; une nouvelle perspective de m’entrevoir, d’examiner mon monde sombre, à tel point que souvent je ne peux plus rien distinguer au fond de mon âme, et c’est dans ce désordre que je nourris mon espoir.

En dépit de ce qui vient de m’arriver, je crois du fond de mon cœur que demain, que très bientôt, certaines choses changeront pour le mieux pour chacun de nous. Je crois que ma colère envers certaines personnes va se dissiper au fil de temps et finir par disparaître et ainsi je pourrai me rapprocher de cette rose éblouissante, horrible, inatteignable; cette rose qui me constitue au plus profond de moi. Même quand je suis le plus troublé, je sais qu’elle gît dans mon âme.

Je tiens à dire que ceux qui me blessent présentement, ils ont une grandeur de caractère que je ne pourrai jamais posséder, car c’est moi qui me soulève pour les accuser, c’est moi qui les déteste si profondément tout en les aimant en même temps dans une confusion infernale.

Si je pouvais juste voir plus clair pour enlever certaines entraves dans mon cœur, si je pouvais au moins savoir ce qui se passe maintenant dans mon esprit pour pouvoir te raconter d’une façon plus compréhensible, et comme ça, tu pourrais me prêter ta main dans ma démarche pour sortir de cet enfer, cet endroit diabolique qui m’empêche de vivre pleinement, qui m’empêche de vociférer ma haine dans mon envie de détruire complètement tout ce qui existe autour et ainsi pouvoir dire qui je suis.

Et ce qui m’enchante en toi, ma demeure sublime, ce sont tes champs, ta couronne, tes épines défilant devant ma vision, enlaçant tes vallées, montant vers tes nuages pour annoncer qu’on va être délivré de ce qui nous fait agoniser en ce moment.


Crédit photo © Cesar Celestino Costa

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