Par Sébastien Binet

La LFL fait son apparition dans le monde du sport en 2004. Faute de frappe il n’y a pas, il est bien question ici de la Ligue de football en lingerie et bien sûr, c’est probablement vraiment ce que vous vous imaginez : un sport dégradant qui use de la sexualité pour attirer les curieux à apprécier de plus en plus ce divertissement.

Remonter l’escalier pour mieux le débouler

En 1903, une femme gagne un prix Nobel pour la première fois de l’histoire. En 1940, les femmes obtiennent le droit de vote au Québec. En 2009, elles saisissent la chance de jouer dans une nouvelle ligue de football américain en sous-vêtements. J’imagine qu’à un certain moment, l’humain a tout simplement raté la marche de l’évolution pour finalement débouler… jusqu’à la LFL.

Bien que j’analyse ce sport de tous les angles possibles, je ne réussis toujours pas à comprendre comment ces femmes peuvent descendre à un niveau aussi bas dans leur estime personnelle pour aller endurer les brûlures de gazon synthétique, les séances photo, le maquillage obligatoire durant les parties et tout simplement jouer au football en sous-vêtements. Et par sous-vêtements, il n’est pas question ici de ceux offerts dans tout bon rayon en rabais du Tigre Géant. On parle plutôt ici de l’ensemble typique Victoria’s Secret, c’est-à-dire quelques bouts de tissus qui couvrent bien peu de peau. Plaisant pour les yeux vous direz? Complètement idiot je répondrai.

Vous aussi direz : c’est incroyable!

De nos jours, il est question de la sexualité pratiquement tous les jours. On se permet d’en parler à l’année parce que c’est important, parce qu’encore en 2016 il existe un problème de sexisme. Malgré tout, on vise bien souvent les hommes quand on parle d’exploitation de l’image de la femme, mais le directeur de la LFL n’a pas tort au fond, personne ne force ces femmes à jouer. Profiter de cette édition sur la sexualité, c’est aussi une occasion pour moi de partager une des choses qui m’attristent le plus dans le monde du sport : l’exploitation de la sexualité féminine.

Lorsqu’on regarde l’ensemble, il est facile de s’insurger devant cette situation incompréhensible. Trouver des spectateurs n’est probablement pas le principal défi. Après tout, les bars de striptease existent encore. Le problème est plutôt que ces joueuses continuent de pratiquer ce sport et de se laisser exploiter par la machine à argent que leur image représente. C’est triste, mais vrai. Au fond, lorsqu’on y pense, l’homme n’aide probablement pas la femme à s’épanouir, mais au moins, il ne l’aura jamais obligée à participer à cette histoire de football en bobettes.


Pour lire l’article de notre Chef de pupitre au Sport, Sébastien Binet, cliquez ici!

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