Par Eve Beaudreault  

À la suite du confinement généralisé sur l’ensemble du Québec, plusieurs troubles alimentaires refont surface ou se développentDans le cadre du mois de la nutrition, l’Association générale des étudiants et étudiantes en sciences infirmières de lUniversité de Sherbrooke – Campus de Sherbrooke (AGEESIUS) souhaite donc sensibiliser la communauté étudiante aux troubles alimentaires.  

Nombreux sont ceux qui rient des quelques kilos qu’ils ont pris, pourtant, cela est très difficile pour plusieurs personnes. L’anxiété et l’isolement ajoutent une pression énorme dans cette situation où la routine tourne autour des repas. Anorexie, boulimie, crise hyperphagique, le nombre de personnes demandant une consultation en nutrition ne cesse d’augmenter.  

Les effets du confinement  

L’augmentation du nombre d’heures devant les écrans, l’arrêt total d’activités sportives, la perte de routine et la proximité du frigo ont causé d’énormes dommages chez les jeunes adultes. Se retrouver seul chez soi, avec peu de choses à faire, augmente grandement l’anxiété et rend la gestion de l’alimentation très difficile. Plusieurs se sont tournés vers le réconfort alimentaire pour gérer ce stress 

Selon la pédiatre Julie St-Pierre, le taux d’obésité augmente dangereusement. Actuellement, 10 % des jeunes souffrent d’obésité au Québec, avec la pandémie nous passerons à 15 %, ce qui est une augmentation significative. Cela représente une bombe à retardement pour le système social. Nous allons avoir des conséquences graves à long terme sur une situation déjà très problématique en plus d’affaiblir la santé des gens. 

L’augmentation du temps passé sur les téléphones et les nombreuses publications sur les réseaux sociaux amènent une grande pression pour les jeunes. La perte de contrôle sur presque tous les aspects de leur vie les repousse vers la seule chose qu’ils peuvent contrôler, soit leur corps. Certaines personnes se sont mises à faire de l’exercice intensif pour éviter à tout prix de prendre du poids ou se privent de manière excessive.  

Une personne préférant garder l’anonymat affirme des propos troublant quant à son trouble compulsif alimentaire (TCA): « Des gens vont mourir de leur TCA parce quils nont plus de suivi médical » ou encore « je suis coincée à la maison avec des gens qui ne savent pas que je suis anorexique. Je me cache et je mens constamment».  

De plus, certains organismes venant en aide aux personnes avec des troubles alimentaires ont dû fermer leur porte pour se conformer aux normes gouvernementales. Les gens se sont tournés vers la ligne téléphonique d’Anorexie et Boulimie au Québec. L’organisme a vu le nombre d’appels doubler depuis le début du confinement. C’est un signal d’alarme clair dont il faut se préoccuper. 

Les ressources à notre portée 

Heureusement, plusieurs ressources sont disponibles si toi ou un proche avez besoin d’aide. 

- « Anorexie Boulimie Info Écoute», joignable au 0810 037 037.  

— StopTCA, uneplateforme en ligne spécialisée dans l’accompagnement de personnes souffrant de TCA et de leurs proches. 

— La Société francophone nutrition clinique et métabolisme (SFNCM) a mis en ligne des fiches pratiques, qui sont disponibles sur son site Internet.


Crédit photo @ Alessandro Vallainc

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