Improviser le stress

Par Lanie Dufour

Découvrez Mathieu Muir, l’un des fondateurs de la Ligue Universitaire d’Improvisation de Sherbrooke (LUIS), qui nous fait part du sens qu’il accorde au mot stress lorsqu’il est sur scène.

Ancien étudiant et désormais professeur à la Faculté de génie, Mathieu est membre de la LUIS depuis sa création en 2003.

Qu’est-ce que la LUIS, au-delà de la Ligue Universitaire d’Improvisation de Sherbrooke?

« Quand on quitte nos études, on garde certains amis, certaines familles, mais les ligues d’improvisation deviennent des lieux de rencontre, des milieux sociaux. Les gens qui ont une passion commune se retrouvent et se voient chaque semaine pour livrer un spectacle. On fait des blagues entre nous et on fait des blagues devant des gens. »

Pourquoi as-tu commencé à faire de l’improvisation?

« Je faisais du théâtre avant. Ce que je trouvais moins plaisant avec le théâtre, c’est que c’est un an de travail pour trois ou quatre soirs de représentations alors que l’improvisation, c’est zéro pratique pour un show toutes les semaines. Donc, pour les gens qui aiment faire le spectacle plus que pratiquer le spectacle, ce qui est mon cas, l’improvisation, c’est parfait! C’est un moment où tu peux présenter tout ce que tu as comme répartie, comme imagination. »

Y a-t-il une personnalité typique à avoir pour faire de l’improvisation?

« C’est souvent des gens très extravertis, des gens qui ont une bonne répartie, mais c’est pas forcément tous les gens qui étaient comme ça adolescents. Des fois, c’est même une façon pour découvrir cette facette-là de leur personnalité. Le côté extraverti, mais aussi le côté réfléchi. Des gens qui aiment apporter des structures à des histoires. Ce sont des gens qui aiment construire des univers. »

En 2014, 23 % des 15 ans et plus ont affirmé, entre autres, qu’ils vivaient de « assez » à « extrêmement » de stress dans une journée (Statistique Canada).

Est-ce que tout cela apporte justement un stress?

« Le mot stress est quand même très péjoratif, donc je préfère décrire, disons mon état d’avant match, comme étant de la fébrilité. La fébrilité, c’est un peu le côté positif du stress si on veut. Tu es énervé, tu as hâte qu’il nomme ton nom, tu as hâte de voir la réaction, mais effectivement tu ne sais pas ce qui va se passer sur scène, donc ça apporte un stress. »

Le fait que l’improvisation apporte un stress, malgré qu’il soit positif, est-ce que ça permet de pallier le stress négatif?

« Oui, je pense parce que c’est un exutoire, mais ça vient faire en sorte qu’on apprend à gérer le stress justement. Dans un milieu qui est disons pas si grave si tu te plantes, car à la limite tes blagues étaient moins drôles, c’est la pire conséquence qui peut y avoir. La conséquence reste un spectacle funny entre amis. Je pense que ça peut être une bonne façon d’apprendre à contrôler le stress et à prendre du recul par rapport à une situation qu’on dit stressante. »

La LUIS joue les mardis soirs à 20 h au Refuge des Brasseurs au coût de 2 $. Pour connaître ses diverses activités, suivez sa page Facebook.


Crédit photo © LUIS

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